La nouvelle légion belge à l'assaut de la France
Avec des têtes d'affiche à Marseille, Lille, Monaco et Bastia, une nouvelle colonie s'est formée. Et elle a plutôt fière allure à l'aube de cette saison
- Publié le 07-08-2014 à 17h28
- Mis à jour le 08-08-2014 à 15h13

Avec des têtes d'affiche à Marseille, Lille, Monaco et Bastia, une nouvelle colonie s'est formée. Et elle a plutôt fière allure à l'aube de cette saison.
Michy Batshuayi les a déjà séduits
Dans l'art de se faire adopter dans l'un des environnements les plus passionnés de France, Michy Batshuayi excelle.
Depuis son arrivée, une forme d'unanimité escorte les premiers pas de l'attaquant.
"Il est venu en catimini début juin, avec sa fiancée, pour visiter de fond en comble la Commanderie pendant plusieurs heures. Depuis mon arrivée en 2011, c'est la première fois qu'un joueur prend la peine de faire ça", a expliqué dans Aujourd'hui en France le président Vincent Labrune.
Le vestiaire s'est lui aussi laissé conquérir par Batshuayi. Le capitaine Steve Mandanda a avoué être bluffé par les qualités de son nouveau coéquipier.
"Il arrive à très bien s'intégrer, on compte sur lui", souligne le milieu offensif Florian Thauvin. "C'est un très bon joueur. Il a beaucoup de qualités", souligne Dimitri Payet. "Il y a de l'entente offensivement, c'est rare de s'entendre aussi vite avec une recrue et il faut en profiter".
Ce que le meneur de jeu a fait, en tissant en préparation une relation technique privilégiée avec l'attaquant. En 5 matches, Batshuayi a trouvé la faille à 4 reprises, provoquant un penalty, ce qui lui a valu d'être considéré comme la meilleure recrue de l'été dans un sondage de L'Équipe.
Alors qu'il partait pour être la doublure d'André-Pierre Gignac au sommet du 3-3-3-1 mis en place par Marcelo Bielsa, l'ancien Standarman pourrait très vite devenir titulaire. "Ma réussite ne me surprend pas", a-t-il expliqué en préparation. "Je me suis fixé des objectifs que je garde pour moi. Pour le moment, tout se passe bien." Et il n'y a pas de raison pour que cela change…
Gillet, au centre du jeu
Marseille à domicile pour commencer puis le Paris SG au Parc des Princes pour continuer : le menu qui attend Bastia lors des deux premières journées de Ligue 1 s'annonce copieux.
Pour ne pas qu'il soit indigeste, la préparation des Corses a été poussée, très poussée même. "C'était costaud", s'amuse d'ailleurs Guillaume Gillet.
Résultat, il a fallu attendre le dernier match de préparation pour voir les hommes de Claude Makelele signer une première victoire le week-end passé contre le Genoa avec dans le rôle du buteur l'ancien Anderlechtois.
Si du temps du Sporting le Diable a été utilisé à toutes les sauces, le cahier des charges qui lui a été présenté à Bastia a été très clair : Gillet est arrivé pour stabiliser l'entrejeu et évoluer à la récupération aux côtés du capitaine Yannick Cahuzac, l'un des derniers titulaires de la saison dernière encore présent.
"Comme le groupe a beaucoup changé, je me suis bien intégré, c'est plus facile", explique le milieu qui se dit "très content de travailler sous les ordres de Makelele."
"C'est un ancien joueur qui a énormément d'expérience, il connaît le monde du football par cœur. Il sait exactement ce qu'il veut, au milieu, c'est facile de recevoir des conseils de sa part. Je vais progresser à son contact." Le tout à son poste préféré…
Ferreira-Carrasco, le plan de relance
Il aurait pu partir en Italie où l'AS Rome était prête à l'accueillir. Mais finalement, Yannick Ferreira-Carrasco a pris tout son monde à contre-pied.
Au point mort depuis le mois de janvier, le dossier de sa prolongation de contrat s'est décanté en fin de semaine dernière. Parce qu'il a changé de conseiller ? Probable.
En attendant, l'Ixellois est désormais lié au club de la Principauté jusqu'en 2019 et la page de sa mise à l'écart en deuxième partie de saison à cause justement de ses supposées trop grandes prétentions salariales est tournée.
Derrière les sourires et les discours convenus autour de sa prolongation se cache une nouvelle réalité : après avoir privilégié le recrutement de stars difficile à retenir à cause du manque d'engouement populaire, Monaco compte désormais mettre l'accent sur des jeunes prometteurs au gros potentiel. Et Ferreira-Carrasco est l'un d'eux.
Performant en préparation (1 but et 2 passes décisives en 3 matches), le Diablotin va voir son rayon d'action augmenter avec le départ de James Rodriguez. La volonté du Colombien d'occuper un rôle central l'an passé à Monaco avait poussé Claudio Ranieri à troquer son 4-4-2 à plat pour un milieu en losange dans lequel Ferreira-Carrasco ne trouvait plus sa place.
Mais Rodriguez parti, Leonardo Jardim, le successeur de Ranieri, a mis en place un système qui fait la part belle aux joueurs de couloirs. À Ferreira-Carrasco d'en profiter…
Divock Origi, les yeux braqués sur lui
Son sourire est resté le même, son statut est désormais complètement différent.
Si Divock Origi avait quitté son club au fin du printemps dans la peau d'un jeune premier qui vivait un rêve éveillé dans une certaine forme de discrétion, il a regagné le Losc en tant que joueur de Liverpool mais aussi dans la peau de l'une des révélations de la dernière Coupe du Monde.
Une nouvelle dimension dans laquelle l'attaquant doit désormais évoluer, avec tout ce que cela comporte comme pression pour un joueur qui n'était pas titulaire la saison dernière en club (12 titularisations, 18 entrées en jeu).
"Quand je l'ai vu revenir à l'entraînement avec ses deux diamants aux oreilles, je lui ai dit : Attention, tu n'es pas encore arrivé mon gars !", a décrit dans l'ÉquipeSalomon Kalou. "Ne t'endors pas, le plus dur est à venir. Sois d'abord titulaire à Lille. Tu dois même pousser les gens des Reds à vouloir te reprendre dans six mois.Mais c'est vraiment un bon petit."
Un petit qui tient le même discours que l'an passé : "Je veux enchaîner les matches, m'intégrer dans l'équipe, progresser, découvrir la Coupe d'Europe". Preuve que ce drôle d'été n'a pas altéré son humilité.
Bruno, Brüls et les autres
Les Belges se compteront au nombre de 9 cette année en Ligue 1. Après un prêt réussi à Bastia l'an passé, Gianni Bruno a quitté définitivement Lille pour Evian Thonon Gaillard où l'attend une place de titulaire. Lui aussi prêté, mais à Nice, Christian Brüls a rejoint Rennes mais ne sera opérationnel qu'en novembre en raison d'une fracture au métatarse. Un autre Belge l'a remplacé sur la Côte d'Azur : l'ancien du Lierse Julien Vercauteren, qui semble voué à un rôle de joueur de complément. À Lyon, le gardien Théo Defourny est désormais troisième dans la hiérarchie. Enfin, le jeune attaquant (19 ans) Baptiste Guillaume pourrait profiter de l'interdiction de recrutement qui frappe son club Lens pour grappiller du temps de jeu.
Paris en mode hégémonie ?
Personne ne semble en mesure d'empêcher le PSG de remporter un troisième titre de rang
Pour le reste de la Ligue 1, l'équation a été insoluble durant toute la saison : comment arrêter ce Paris SG qui a battu l'an passé le record du nombre de points pris (89) ?
Un an après, la mission s'annonce encore plus périlleuse, non pas parce que les Parisiens ont accueilli David Luiz, mais parce que la concurrence a perdu de sa vigueur.
Dauphin du PSG, Monaco a vu ses caisses se remplir de près de 100 millions d'euros avec les départs d'Emmanuel Rivière à Newcastle (8 millions) et de James Rodriguez au Real (90+8 en bonus) mais son effectif s'appauvrir. Si le club de la Principauté ne doit pas encore composer avec le fair-play financier, il a touché des doigts les limites de son stade vide.
À Monaco, l'engouement populaire est l'exact opposé de la douceur de vie et même si les salaires proposés font rêver, ce manque de ferveur pousse les stars à s'interroger. Aucune d'ailleurs n'a encore rejoint le Rocher et même si les dirigeants répètent que Falcao ne partira pas, le Colombien pourrait aller voir ailleurs et quitter un club qu'a rejoint un entraîneur néophyte à ce niveau, le Portugais Leonardo Jardim, arrivé du Sporting.
Plus que les joueurs, le casting des entraîneurs de Ligue 1 recèle de nombreuses curiosités tant les bancs ont été parcourus par le vent du changement (7 clubs ont changé de T1).
Les premiers pas de Claude Makelele à Bastia et de Willy Sagnol à Bordeaux sont très attendus, mais la plus grande curiosité se situe à Marseille où Marcelo Bielsa travaille dans le plus grand secret.
Élevé au rang de maître à penser par Pep Guardiola, l'Argentin ne s'est pas encore exprimé une seule fois en public depuis son arrivée. Derrière le Paris SG, l'OM, sans Coupe d'Europe cette saison, se prend d'ailleurs à rêver à un destin à la lilloise l'an passé comme Lyon ou Saint-Étienne. Loin, très loin du Paris SG de Zlatan Ibrahimovic qui s'est fixé une mission cette année : "Tout gagner."