De plus en plus de joueuses belges optent pour l'Allemagne : la Bundesliga, le nouvel eldorado ?
Le centre d'attractivité du foot féminin penche de plus en plus vers la Bundesliga. En tout cas, les Belges y sont davantage attentives.

- Publié le 18-04-2026 à 18h52

Ce samedi face à l'Écosse, dans le match retour important pour la première place du groupe de qualifications pour le Mondial 2027, Elisabet Gunnarsdottir espère voir Hannah Eurlings marquer. La jeune attaquante, formée à OHL, a pris une autre dimension à l'Union Berlin qu'elle a rejointe cette saison. En Bundesliga, l'Anversoise ne se sent toutefois pas seule.
Avant de voir la jeune Aude Walbillig arriver à Leipzig, elles sont sept à évoluer actuellement en Allemagne (dont quatre en équipe nationale) à Frankfurt (Teulings), Hoffenheim (Ampoorter, Delacauw, Janssens qui rejoindra Berlin), Union Berlin (Tysiak depuis janvier, Eurlings) et Essen (Vanbelle), suivant les pionnières qu'étaient Femke Maes et Tessa Wullaert.
La Bundesliga a l'ambition de redevenir n° 1 en Europe.
La Serie A compte aussi sept Belges, même si Philtjens (Sassuolo) a pris sa retraite internationale, tout comme les Pays-Bas qui étaient considérés davantage comme un tremplin il y a encore peu de temps. Désormais, les Flames n'hésitent plus à sauter le pas vers la grande Allemagne.

"C'est une compétition très physique. Tout va plus vite qu'en Belgique aussi aux entraînements, explique Valesca Ampoorter qui a choisi Hoffenheim. On affronte de bien meilleures équipes aussi, ce qui nous donne un meilleur niveau. On ne peut qu'en tirer des bénéfices."

Un des championnats les plus titrés en Europe
Par rapport aux Pays-Bas, la Bundesliga (à 14) offre plus d'atouts : plus de stars dans les équipes, plus d'argent, plus d'investissement et aussi un meilleur coefficient avec des entrées plus directes pour la Ligue des champions. Historiquement, l'Allemagne a aussi été l'une des plaques tournantes de l'évolution du foot féminin en Europe. Francfort, Postdam, Duisbourg et Wolfsbourg apparaissent au palmarès de la Ligue des champions. La présence du Bayern Munich en demi-finale de la WCL la semaine prochaine aux côtés de trois anciens vainqueurs (OL, Barcelone, Arsenal) confirme la volonté allemande de retrouver une place en haut de l'affiche, le dernier sacre remontant à 2015 (Francfort).
"La Bundesliga a clairement l'ambition de redevenir n° 1 dans les cinq ans, explique Aline Zeler, Women Manager d'OHL. Ils ont de grosses ambitions. Comme l'Angleterre, ils ont aussi pas mal d'engouement et une équipe nationale qui les tire."
Belgique - Écosse (Sa. 20 h 30)
Mondial 2027/Ligue des nations
Qualifs > Groupe B4
4e j. Sa : Luxembourg – Israël (18 h) ; Belgique – Écosse (20 h 30).
Classement : 1. Écosse, Belgique 7 pts ; 3. Israël 3, 4. Luxembourg 0.
Résultats : Israël – Belgique 0-3 ; Belgique – Israël 5-0 ; Écosse – Belgique 1-1.
J5 5/06 : Belgique – Luxembourg. J6 9/06 : Luxembourg – Belgique.
La Beneleague, la solution pour la Belgique ?
La compétition belgo-néerlandaise n'avait connu que trois saisons entre 2012 et 2014.

Si les Belges partent de plus en plus vers l'étranger, c'est aussi parce que la Super League est un peu en perte de vitesse. Le retrait de Westerlo de s'arrêter en SL et la décision du Standard de diminuer son investissement confirment le sentiment. L'avenir de la compétition belge est donc au cœur des discussions et l'idée de relancer la Beneleague revient régulièrement.
"Aujourd'hui, il n'y a rien", nous dit-on à l'Union belge qui tient des discussions régulières avec son homologue néerlandais, durant lesquelles le sujet (parmi tant d'autres) est évidemment mentionné sans pour autant que ça n'aboutisse à un agenda. En tout cas jusqu'en 2030, date de fin du cycle dans lequel est engagée actuellement l'Eredivisie féminine. Rien ne dit toutefois que l'idée est définitivement enterrée. "D'ailleurs, on sent un peu plus d'ouverture du côté batave."
Si, aujourd'hui, rien ne laisse penser que la Beneleague sera de retour à court terme, son principe semble être intéressant pour la professionnalisation du foot féminin en Belgique. "On pourrait facilement atteindre un niveau intéressant en Europe, dans le sillage de l'Allemagne et l'Angleterre", dit-on à l'Union belge.
Se souvenant de la brève expérience, Aline Zeler y est favorable. "On a vu que ça avait bien fonctionné. On avait de grosses affiches, on jouait devant des milliers de personnes. C'est un plus ! Notre préparation estivale à OHL est d'ailleurs entièrement faite avec les clubs néerlandais. Ce n'est pas pour rien."
À Tubize, on reste attentif à différents scénarios même si cela ne reste encore que des idées.