Les questions de l'année sportive 2023 (6/7): enfin de la bagarre en F1, et un Belge champion du monde
Petit tour d'horizon des grandes interrogations de l'année.
- Publié le 07-01-2023 à 16h02

Comme chaque année, nous essayons de prédire l'avenir dans notre sport favori. Nous ne sommes pas devins, mais, comme les voyants, nous nous basons sur notre expérience, notre connaissance des parties prenantes et les probabilités. Ainsi, chaque saison depuis 2018, entre 60 et 85 % de nos prédictions se réalisent. En 2022, nous avions par exemple annoncé en janvier les titres mondiaux de Max Verstappen et Stoffel Vandoorne ou le fait que Thierry Neuville ne serait toujours pas sacré en WRC, pas plus que Sébastien Ogier ne rempilerait pour une saison complète ni que Peugeot remporterait les 24 Heures du Mans (ils ont préféré y déclarer forfait). On avait aussi prévu que Valentino Rossi ne gagnerait pas dès sa première année en auto, malgré un contexte idéal chez WRT.
Nous nous étions par contre plantés en prévoyant la première victoire de Lando Norris en F1, en voyant Lewis Hamilton lutter pour le titre et marquer plus de points que son équipier George Russell ou en n'imaginant plus Sébastien Loeb monter sur un podium en WRC. L'avenir est parfois imprévisible. Et c'est tant mieux ! Lisez donc avec des pincettes ce qui suit. Ce n'est pas la vérité à 100 %. Mais certainement pas faux à 100 % non plus…
1. Charles Leclerc va-t-il pouvoir cette fois viser le titre mondial F1 jusqu'au bout face à Max Verstappen ? OUI
Sacré vice-champion en 2022, le Monégasque qui a signé neuf poles l'an dernier n'a plus à démontrer sa pointe de vitesse. Ferrari a amélioré son moteur et surtout changé de patron. Avec Frédéric Vasseur, un homme habitué à la gagne avec les meilleurs dans les formules inférieures, tout devrait aller mieux au sein de la Scuderia. Éviter les mauvaises stratégies, les mauvais pitstops, mettra moins de pression sur les pilotes. De l'autre côté, Red Bull aura 25 % de temps de soufflerie en moins en raison de son titre mais aussi de sa punition pour avoir dépassé le plafond budgétaire en 2021. Tout cela mis ensemble, on peut s'attendre à une saison 2023 nettement plus disputée que la précédente.
2. Mercedes va-t-elle à nouveau se mêler à la bataille pour le titre mondial en F1 ? OUI
Après une difficile entrée dans la nouvelle ère de la F1 en 2022, après avoir essuyé quelques revers et une première saison sans succès ni pole pour le septuple champion Lewis Hamilton, les Flèches d'argent sont bien revenues dans le match. La première victoire de George Russell au Brésil en fin de saison dernière, les tempéraments de winners de Toto Wolff et de Lewis Hamilton laissent augurer un retour au sommet en 2023 avec une nouvelle monoplace à nouveau compétitive. Mais attention : avec le retour au top, on risque de voir apparaître de réelles tensions entre le vieux renard et le jeune loup britanniques.
3. Reverra-t-on Mick Schumacher au départ d'un GP cette année ? OUI
Selon les statistiques, il est très rare de vivre une saison sans malade, blessé ou remplacement. En signant pour un rôle de réserviste chez Mercedes, Mick pourrait éventuellement pallier un forfait chez Benz mais aussi ses clients Aston Martin, McLaren ou Williams. Sans compter qu'on avait aussi parlé de lui chez Alpine, où aucun réserviste n'est réellement prêt à prendre le relais en cas d'indisposition d'Esteban Ocon ou de Pierre Gasly.
4. Toyota va-t-elle remporter l'édition du centenaire des 24 H du Mans ? NON
Invaincue lors des cinq dernières éditions de la classique mancelle, Toyota n'avait plus non plus réellement de concurrence. Ce sera différent cette année avec le retour en Hypercar des usines Porsche, Ferrari, Peugeot et Cadillac. Certes, les Japonais ont toujours l'avantage de l'expérience, et dieu sait si cela compte sur 24 h, mais la concurrence s'est bien entraînée pour un retour victorieux pour les 100 ans du Mans. Reste à savoir quelle sera la balance de performances qui ne pourra être officiellement discutée par les marques. Donc l'ACO peut faire ce qu'elle veut. De notre côté, on miserait plutôt sur un nouveau succès historique de Porsche.
5. Kalle Rovanpera va-t-il conserver son titre en rallye ? OUI
Certes, on imagine une saison 2023 plus disputée que 2022, où le titre est tombé bien trop tôt. Mais quand on voit la maestria du jeune Finlandais et de Toyota l'an dernier, on imagine difficilement le voir battu sur l'ensemble de la saison. D'autant qu'il aura moins de pression vu l'exploit déjà accompli. Son principal rival sera sans doute - on l'espère - Thierry Neuville. Les résultats de début de saison, surtout sur les deux premières épreuves hivernales, risquent d'être déterminants pour la suite. Pour réellement pouvoir prétendre au titre et mettre les champions en difficulté, nos compatriotes devraient s'imposer dès Monaco.
6. Ott Tanak terminera-t-il avec sa Ford devant la Hyundai de Thierry Neuville en fin de saison ? NON
Quand il a annoncé sa démission de chez Hyundai après tout de même trois succès et un titre de vice-champion, on imaginait plutôt Ott Tanak retourner chez Toyota. Ce n'est pas le cas et il ira aider son mentor Malcolm Wilson à redorer son blason après une décevante saison 2022 où la Puma n'aura remporté qu'une seule épreuve, la première grâce à l'exploit de Sébastien Loeb, mais aussi la première d'une série de crevaisons pour Sébastien Ogier. La Puma est-elle aujourd'hui plus rapide que la Hyundai ? Nous ne le pensons pas. Est-elle plus fiable ? Ce n'est plus le cas non plus. Si l'on imagine bien l'Estonien apporter l'une ou l'autre victoire à M-Sport, on pense qu'il cassera du bois et ne pourra se montrer assez régulier pour jouer le titre et devancer son ancien équipier belge.
7. Stoffel Vandoorne va-t-il conserver son titre mondial en Formula E ? OUI
Notre compatriote est très fort, très impliqué et intelligent. Après le retrait de Mercedes de la formule électrique, il a signé avec le team comptant le plus de titres (3) dans la discipline, DS, qui en association avec Penske est certainement l'équipe possédant aujourd'hui le plus de moyens en FE. Son principal adversaire sera sans doute au départ son équipier Jean-Éric Vergne, qui a l'avantage d'être double champion mais surtout français dans une équipe française. Mais, contrairement à "JEV" qui roulera en parallèle sur WEC avec Peugeot, Stof se concentrera sur la Formula E, ce qui pourrait, comme en 2022, constituer un avantage par rapport à des collègues courant après plusieurs lièvres à la fois.
8. Laurens Vanthoor va-t-il s'imposer au volant de son proto Porsche 963 en WEC ? OUI
En rejoignant le projet Hypercar de Porsche pour son retour officiel endurance avec le proto 963, Laurens Vanthoor a déjà réalisé un rêve. Mais son objectif ultime est bien entendu maintenant de gagner, si possible, les 24 H du Mans. Et ce n'est pas du tout impossible quand on connaît le sérieux de l'engagement et de la préparation du constructeur allemand le plus titré en endurance et dans la Sarthe. Le brelan formé avec Kevin Estre et André Lotterer s'annonce redoutable. Et la 963 devrait être d'emblée compétitive. Des victoires devraient donc logiquement tomber.
9. Après les Audi, WRT va-t-il réussir à imposer ses BMW M4 en GT3 ? OUI
L'équipe belge a changé de crèmerie, mais il ne faudra certainement pas longtemps pour que la sauce prenne. Vincent Vosse a gardé ses triples champions GT3 Sprint Dries Vanthoor et Charles Weerts, mais aussi attiré quelques pointures en renfort comme le champion DTM sortant Sheldon Van der Linde, Augusto Farfus ou le revenant Maxime Martin pour épauler la star Valentino Rossi. On ne prendra pas de trop gros risques en misant sur de nouvelles victoires, un titre au moins et pourquoi pas un nouveau succès lors des 24 H de Spa.
10. Le GP de Belgique va-t-il prolonger son contrat au-delà de 2023 ? OUI
Le bail avec Francorchamps n'a été prolongé que pour un an. Durant l'été, avant un GP avancé à fin juillet, on reparlera donc de l'avenir de notre Grand Prix. Une affaire de gros sous, mais aussi de place dans le calendrier et de tradition. Rien n'est donc acquis, mais les politiciens belges semblent toujours vouloir conserver cette excellente vitrine sur le monde, un événement rapportant économiquement beaucoup à la région. Les premiers signaux sont au vert avec la construction encore de nouvelles tribunes dans la descente vers le Raidillon, une vente de billets encore en hausse et surtout l'attribution pour cette année d'une des six courses sprint du samedi. On compte sur l'équipe de Spa GP, qui avait mis les petits plats dans les grands en 2022, pour continuer à séduire les dirigeants de la F1 et ne plus être incontournable que par son nom et son histoire.