F1 : Aston Martin commet-elle les mêmes erreurs envers Honda que McLaren en 2015 ?
Absence d'Adrian Newey, critiques exagérées envers son motoriste, choc culturel… L'équipe de Silverstone n'est pas encore sortie de la crise.

- Publié le 14-03-2026 à 07h27
Leurs déboires en sont devenus un débat public dans le paddock. Dire que la nouvelle association entre Aston Martin et Honda connaît des débuts calamiteux est un euphémisme. Le premier Grand Prix de la saison fut un bouillon, comme prévu. Même si les AMR26 ont pu couvrir plus de tours qu'espéré.
Désormais, plus que la méforme des monoplaces vertes, ce sont surtout les sorties dans la presse entre deux clans qui font causer.
En Australie, plus d'un a été surpris par la violence des propos tenus par le camp Aston Martin, en particulier par Adrian Newey qui cumule les casquettes de team principal et de directeur technique. Les déclarations alarmistes de l'ancienne éminence grise de Red Bull ont fait causer, d'aucuns l'accusant de dramatiser la situation de son équipe afin d'obtenir les faveurs de la FIA pour que Honda obtienne un joker pour avoir le droit de modifier profondément son moteur.
Des propos qui ont été immédiatement battus en brèche par Koji Watanabe, le grand patron de Honda Racing Corporation.
"Je suis un peu perplexe quant à la raison pour laquelle Newey a parlé au nom de ses pilotes, indiquant qu'ils risquaient des lésions nerveuses permanentes à cause des vibrations alors que nous n'avons aucune donnée concrète à cet égard sous la main", s'est défendu le Nippon auprès des médias de l'archipel.
Ses dissonances mettent surtout en lumière le contraste entre la mentalité britannique et japonaise. Très anglais, Newey joue à un jeu dangereux en pointant du doigt Honda alors que chez Aston Martin, on n'est pas exempts de tout reproche en raison des rotations à tout-va dans le management mais aussi les changements de dernière minute dans la conception de la monoplace.
L'honneur du samouraï
Or chacun sait que la loyauté et la fidélité sont des éléments clés dans la culture nippone. En jetant Honda en pâture comme l'a fait McLaren entre 2015 et 2017, Aston Martin et leurs représentants risquent de créer un blocage chez leurs nouveaux partenaires. Quand vous agressez ou humiliez un Japonais, n'attendez strictement plus rien de lui en retour. À Shanghaï, on a vu des scènes tendues entre des membres du personnel des deux clans, ce qui n'est jamais bon signe.
En attendant, Adrian Newey brille par son absence à Shanghaï. Il est en effet retourné à sa planche à dessins dans son usine de Silverstone. Soyons clairs : le garçon est plus habile pour dessiner une voiture que pour gérer une équipe. Cette double casquette est peut-être trop lourde à porter pour lui. Mattia Binotto en sait quelque chose pour l'avoir expérimenté chez Ferrari.
Pendant ce temps, Honda travaille et résout progressivement ses problèmes. Vendredi, en Chine, Fernando Alonso et Lance Stroll étaient certes encore loin du compte en vitesse pure mais leurs AMR26 n'ont pas rencontré le moindre pépin.
Quand la firme au H tournera à plein régime, son groupe propulseur sera de loin le plus puissant du paddock. En attendant, on doit la mettre en veilleuse chez Aston. Au risque de voir leurs nouveaux amis claquer la porte pour une autre équipe qui profitera de leurs efforts.
