Barry Baltus se veut ambitieux en Moto2 : "Maintenant, il faut se montrer"
Seul Belge engagé cette saison en championnat du monde de vitesse pure, le Héronnais Barry Baltus aborde sa 3e saison en Moto2. Avec confiance mais prudence.
- Publié le 25-03-2023 à 09h19

Même team, même équipier : on prend les mêmes et on recommence pour Barry Baltus qui entame 2023 dans un contexte quasi inchangé par rapport à la saison dernière si ce n'est que le jeune pilote de Waret-l'Evêque (commune de Héron), qui aura 19 ans début mai, disposera d'un nouveau châssis Kalex 2023. Soit le même millésime que la concurrence alors qu'il avait dû se contenter d'une moto plus ancienne l'an dernier.
Au sortir de tests concluants, récemment à Jerez en Espagne et à Portimao au Portugal où débute la saison ce week-end, le pilote managé par la structure Zelos dit toute sa confiance et son envie de bien faire cette année. Car il le sait : il le faut pour persévérer dans la discipline.
Barry, comment ça va à la veille de la première course ?
"Ça va, j'ai eu un peu de mal à me préparer physiquement cet hiver à cause de mon pied blessé. Pendant trois mois, je n'ai pas su faire grand-chose vu ma chute à Sepang (NdlR : GP de Malaisie, avant-dernière course, le 23 octobre) en fin de saison dernière et mes fractures (quatre !) au talon et au calcanéum (cinq !). Opéré fin novembre, j'ai été deux mois en béquilles sans pouvoir poser le pied par terre. J'ai perdu beaucoup de muscles, du coup, et ce fut assez dur de revenir. Maintenant, ça va. Je ne suis peut-être pas encore au top, top, top, mais sur la moto je ne ressens plus rien et c'est le plus important."

Quel bilan tirez-vous de 2022 ?
"Ce fut une saison avec beaucoup de hauts et autant de bas. On a fait de belles choses, mais on en a vu d'autres où on doit encore progresser. Le point le plus négatif, ce sont ces blessures qui m'ont fait rater deux courses en début d'année (NdlR : en fait trois, n'ayant fait qu'un tour au 1er GP) et deux autres en fin de saison. C'est un point critique dans mon bilan, car quand tu rates autant de courses (sur vingt) c'est très pénalisant évidemment. Cela m'amène à l'objectif prioritaire de cette année : surtout ne pas se blesser et être présent à toutes les courses. Ce n'est qu'alors que je pourrai atteindre un objectif sportif."
D'objectif, parlons-en justement : qu'espérez-vous de 2023 ?
"Après deux top 10 (sur neuf courses achevées dans les points), des bonnes qualifs et beaucoup de points en plus par rapport à l'année d'avant (3 pts en 2021, 30 pts en 2022), il faut encore franchir une étape. On a fait de belles choses, on s'est montré un peu, mais je dois encore travailler pour continuer sur cette lancée. C'est surtout mentalement que je dois encore grandir. Sur la moto, c'était vraiment pas mal, mais je dois progresser par ailleurs. Avec l'aide d'Eric Lambert, mon préparateur physique, et Philippe Godin (psychologue du sport)".
"Pourquoi pas, l'un ou l'autre podium."
Par rapport à 2022, c'est un peu "on prend les mêmes et on recommence", pour vous en 2023, non ?
"Effectivement, à part la moto, rien n'a changé pour moi : même team, même équipier, le Néerlandais Zonta Van Den Goorbergh. Comme dit, le plus grand changement, c'est ma Kalex. J'avais une version 2021 l'an dernier, là, j'aurai une version 2023. Je serai donc sur un pied d'égalité avec les autres. Donc, 'y a plus qu'à'. comme on dit… Maintenant, Il faut se montrer !
Rassurant, ce contexte inchangé ?
"Oui, c'est rassurant. Cela fait deux ans que je suis dans cette équipe, que je travaille avec ces personnes et cela se passe super-bien, donc ça facilite forcément les choses. C'est cool… On se connaît, on sait chacun comment on travaille, je me sens très à l'aise, y compris à parler anglais ou espagnol avec les différents membres du team. Je le répète, la seule nouveauté, c'est la moto, dont la version 2023 n'est peut-être pas si différente que ça du modèle 2022, mais comme je disposais du millésime 2021, le 'gap' est un peu plus important pour moi. Maintenant, les tests hivernaux m'ont rassuré : on n'est pas mal dans le coup."
"C'est incroyable d'avoir déjà pu faire deux fois le tour du monde à 18 ans."
On y revient : quels seront vos objectifs précis cette saison ?
"On en a parlé en équipe : le but, c'est d'être dans le top 10 à chaque séance d'essais, chaque course, de signer quelques coups d'éclat, voire, pourquoi pas, l'un ou l'autre podium. Et tant mieux si ça se passe mieux… Si je travaille comme je l'ai fait cet hiver ou que cela se passe aussi bien qu'aux tests, cela devrait aller. Je dois garder cette mentalité, cette légèreté même."
Vous craignez que cela ne soit pas le cas ?
"C'est-à-dire que je dois éviter de me stresser, comme c'est encore trop souvent le cas, avec le contexte d'un Grand Prix. Je dois encore travailler à ne pas me crisper, à rouler relâché comme à l'entraînement, à l'instar de ce que j'ai fait en tests d'avant-saison. J'ai encore du mal à gérer les week-ends de course. Comme si l'enjeu me perturbait. Je dois encore bosser à ne pas penser à tout ça."

C'est une saison importante pour vous. Celle de la confirmation ?
"Par rapport à la saison dernière, je veux signer la même progression qu'entre 2021 et 2022. Les tests d'avant-saison m'ont prouvé qu'il y a vraiment moyen de le faire. C'est peut-être une année importante, mais je ne veux pas me mettre de pression avec ça. Je ferai de mon mieux et on fera le bilan à la fin."
Sinon par votre gestion des week-ends de course, où devez-vous encore vous améliorer principalement ?
"Sur la moto, c'est vraiment une question de petits détails, mais comme dit, c'est surtout dans la tête, dans l'approche des week-ends, la stratégie des meetings dans leur globalité."
Des favoris dans votre catégorie ?
"Je dirais Pedro Acosta (Red Bull KTM Ajo) après ce qu'on a vu aux tests. Il va être un homme fort. Cela dit, la catégorie est si serrée qu'il est difficile de donner de véritables favoris."
Il est heureux, Barry Baltus ?
"Oh que oui ! Je suis en train d'accomplir mon rêve. Il y en a encore d'autres à réaliser, mais ce que je vis est magnifique et il n'y a pas beaucoup de pilotes à avoir le privilège de pouvoir rouler en Moto2. C'est super de vivre ça, et au-delà de l'aspect moto, c'est incroyable d'avoir déjà pu faire deux fois le tour du monde à 18 ans. Ce sera gravé à vie dans ma mémoire. Voir tous ces pays m'a rendu très heureux et ça ouvre aussi les yeux. Quand on voit ce qui se passe dans certains pays, parfois à juste huit heures d'avion de chez nous, la pauvreté, etc., on est très heureux de vivre en Belgique. On ne se rend pas compte du bonheur qu'on a. Il faut aller voir ailleurs pour comprendre qu'on est très très bien chez nous et j'adore aussi cet aspect de mon métier."
