Johann Zarco vedette à Honda-Land : "En MotoGP, ça passe ou ça casse en permanence"
Le Français découvre l'endurance ce week-end en disputant les 8H de Suzuka, au Japon.

- Publié le 19-07-2024 à 15h01

Il est la grande star des 8 Heures de Suzuka, troisième manche d'un championnat du monde d'endurance moto dont l'engouement joue au yo-yo en cours de saison. Sur le circuit dont il est propriétaire, Honda a demandé à Johann Zarco d'enfourcher une machine officielle aux côtés de deux expérimentés motards nippons. Il faut dire qu'une vedette du MotoGP qui vient faire un crochet sur une course de longue haleine, c'est peu courant. Comme quand un pilote de F1 dispute les 24 heures du Mans en pleine saison.
Être à Suzuka est façon pour le dossard n°5 de rester dans le rythme alors que le MotoGP vit une trêve estivale forcée. Et également de prendre du plaisir alors que, comme Fabio Quartararo et Yamaha, Honda vit une saison noire en Mondial.
Johann, vous voilà au départ d'une course d'endurance en moto. Cela fait longtemps que vous y pensiez ?
"Je souhaitais un jour courir en endurance, c'est certain. Mais il fallait pour cela que le calendrier du MotoGP tombe bien parce que je souhaitais préparer cette course autant que possible. De plus, je voulais commencer par une course magnifique, et Suzuka est un circuit magnifique, en plus d'être celui de Honda."
Prenez-vous cela comme une récréation sachant que votre saison en MotoGP ne répond pas à vos attentes ?
"Pour moi, il s'agit d'un extra et d'une opportunité de garder la main en cette longue pause estivale. Mais je suis là pour aller au combat et honorer la confiance de Honda qui m'a inscrit sur une machine officielle. Cela prouve qu'ils me considèrent comme un bon soldat."
Comment vous êtes-vous préparé à cette pige en endurance ?
"Je me suis entraîné et préparé pour les 8 heures de Suzuka entre les courses de MotoGP, et je pense que je peux rouler naturellement, en surmontant le passage du MotoGP à l'endurance. Je me calque sur le style de mes coéquipiers et je roule plus vite au fil des essais. Nous avons pu valider le set-up de la moto ce mercredi, et c'était un bon test. Après m'être reposé ce jeudi, je travaillerai à nouveau à partir de ce vendredi."
Comme Francorchamps, Suzuka est trop dangereux pour le MotoGP.
Suzuka est la plus belle piste du monde… avec Spa-Francorchamps. Quelles sont vos premières impressions de la piste nippone ?
"C'est une piste très rapide mais également old school. Il n'y a que deux endroits vraiment lents, à savoir une épingle à cheveu et une chicane. À part cela, ça va très vite avec des lignes droites et des courbes rapides. Il y a certains endroits qui font peur et où il faut en garder sous le pied. Quelques portions sont par ailleurs très fatigantes comme les esses du premier secteur."

Randy de Puniet nous avait confié que Spa-Francorchamps était inadapté au MotoGP. Quid de Suzuka ?
"Suzuka ne conviendrait pas au MotoGP, même si on a roulé ici il y a 20 ans. Ce circuit serait trop dangereux parce que nous irions trop vite. Les motards du championnat ont en permanence une approche 'ça passe ou ça casse'. Dans une compétition d'endurance où la vitesse pure n'a pas le dernier mot, Suzuka peut encore passer parce qu'il faut rester concentré et rouler parfois sur la réserve."
Francorchamps est encore plus difficile à apprendre que Suzuka.
Pensez-vous qu'un pilote actif en MotoGP doit impérativement s'essayer à l'endurance comme vous ?
"L'endurance est une discipline très cool. Et à partir du moment où on aime piloter une moto, on aime rester longtemps dessus et donc, on ne peut qu'apprécier l'endurance. Pour ma part, ça me plaît vraiment. Ma Honda d'endurance n'a rien à envier à une machine de course. Ça va très vite. Nous devons également rester à l'affût en permanence tout en se ménageant physiquement. Quand j'ai fait les essais, je me suis aperçu que j'étais trop fatigué. Ici, je dois faire trois relais de 27 tours chacun. On verra bien comment ça se passe."
Vous verra-t-on en action à Spa-Francorchamps dans un avenir proche ?
"Je voudrais, c'est clair. Mais il faut que beaucoup de planètes s'alignent parce que Spa-Francorchamps est un circuit encore plus difficile à apprivoiser pour un motard que Suzuka. Si je dispute un jour une compétition en Belgique, je souhaite m'entraîner au préalable et effectuer au moins une journée d'essais. Tout le monde sait que la météo à Spa-Francorchamps est très capricieuse. Il faut donc bien connaître le terrain. Une pluie bien chaude à Suzuka n'est pas la même chose qu'une pluie glaciale à Spa-Francorchamps. L'adhérence ressentie n'est pas la même. Et pour cela, il faut également que mon agenda en MotoGP le permette afin que je puisse participer aux 8H de Spa mais aussi aller me dégourdir au préalable."