En Croatie, Neuville danse avec les souris : "Un petit pas pour le monde, un grand pour nous !"
Solberg et Evans hors-jeu, Ogier absent, notre compatriote se bat pour une première victoire en 2026 avec les Toyota de Pajari et Katsuta.
- Publié le 11-04-2026 à 08h18
- Mis à jour le 11-04-2026 à 11h02

Entre déception et colère, la voix est encore tremblante. C'est au bord des larmes qu'Oliver Solberg a vu son Rallye de Croatie s'arrêter après seulement trois minutes et à peine 5 kilomètres de course. Tandis qu'un camion-grue hissait sa Yaris hors du fossé où elle avait été précipitée après avoir heurté le talus à l'opposé sur la route, le jeune pilote suédois avait du mal à digérer les événements.
"C'est la première fois que j'utilisais les gommes dures sur la voiture, expliquait-il. La voiture a surviré pour aller taper un rocher dans le talus, nous projetant en tête-à-queue avant que la voiture ne finisse dans le fossé, entre les arbres. Peut-être va-t-il falloir que je fasse un petit en retrait pour éviter ce genre d'événement…"
Nous allons garder cela pour nous
Persuadé que sa saison pouvait prendre une mauvaise tournure, le jeune Suédois, victorieux au Monte-Carlo en janvier et actuel deuxième du championnat derrière son équipier Elfyn Evans, a dû intérioriser son soulagement en apprenant que son équipier gallois était, lui aussi sorti de la route, deux spéciales plus tard ! Une incompréhension avec son copilote a envoyé à haute vitesse, le leader du championnat dans le décor ! "J'ai freiné trop tard et nous avons abordé ce virage beaucoup trop vite, soupirait Evans à son retour précipité eu service. "Je ne vais pas revenir sur les détails, Scott (NdlR. : Martin) et moi allons garder cela pour nous et faire en sorte que cela ne se reproduise pas…"
Avec Sébastien Ogier absent pour passer des vacances avec son fiston, avec Evans et Solberg hors-jeu jusqu'à dimanche, l'opportunité était trop belle pour les autres équipages d'aller ramasser des gros points.
Et puisqu'une crevaison dans l'ES3 avait retardé Fourmaux et qu'une sortie de route (ES4) mettait un terme aux ambitions de Jon Armstrong (Ford), très performant en matinée avec sa Puma chaussée de pneus tendres, le podium provisoire et de belles perspectives s'ouvraient aux Toyota de Sami Pajari et Katsuta Takamoto, mais aussi à Thierry Neuville, pourtant toujours en délicatesse avec l'équilibre de son i20N en pneus durs.
Nous allons dans la bonne direction
"Nous n'arrivons pas à faire fonctionner les gommes dures comme le font les Toyota. Dans ces conditions, c'est très compliqué de trouver la confiance et le rythme, soulignait notre compatriote qui abordait la mi-journée en 3e position à 3 dixièmes de Katsuta et moins de 9 secondes de Pajari après avoir signé son premier temps scratch dans l'ES3. On va travailler sur les réglages pour améliorer les sensations."
Et si, dans l'ES5, les effets ne se firent pas encore vraiment ressentir, deux scratchs successifs dans les ES6 et ES7 annonçaient un vrai pas en avant pour le duo belge. "Ce n'est pas encore optimal, mais nous allons dans la bonne direction, avouait Neuville qui repassait Katsuta à la deuxième place. "On a changé le réglage des freins avant et le différentiel et nous venons, Martijn et moi, d'effectuer encore quelques réglages de suspension. Après les tests, je n'étais pas confiant en débarquant ici. Mais on a progressé et on semble avoir trouvé une base de travail intéressante. Cela fait en tout cas longtemps qu'on n'avait plus été si vite sur asphalte…"
Concédant, comme le matin, à nouveau plus de 6 secondes à Pajari et près de 4 secondes à Katsuta dans l'ultime spéciale de la journée, Thierry Neuville toujours deuxième arborait un large sourire à l'arrivée. "On savait que ce serait plus compliqué sur cette spéciale plus typée Canaries, confiait-il. On roule à fond avec plein de sous-virage. Mais le bilan de la journée est positif. On a retrouvé le sourire et on se bat pour une victoire. On ne va pas bouder notre plaisir ! On a effectué un petit pas pour le monde, mais c'est un grand pas pour nous !"
