La grande "dix de der" d'Ogier est mal engagée : "Tout reste encore possible"
Le pilote français n'affiche pas les statistiques de l'an dernier. La victoire au Japon semble obligatoire s'il veut conquérir un 10e titre avant de raccrocher…
- Publié le 29-05-2026 à 13h03
- Mis à jour le 29-05-2026 à 15h37

Le coup a été rude. Un uppercut du sort dont il se serait bien passé. Malgré son expérience inégalée, Sébastien Ogier a avoué avoir eu du mal à se remettre de cette crevaison dans l'avant-dernière spéciale au Portugal. Sa huitième victoire lusitanienne lui échappait, mais avec elle, s'évaporait surtout, une récolte de points abondante et indispensable dans sa quête d'un dixième titre mondial.
Car après un début de saison plus difficile que prévu pour le nonuple champion du monde qui, à 42 ans, s'offre une cinquième saison à temps partiel, les statistiques ne plaident pas vraiment en sa faveur. Avec 67 unités glanées sur 140 disponibles, le Gapençais affiche un pourcentage inhabituel (47,8 %) pour un candidat au titre mondial.
Dominé par Solberg au Monte-Carlo, englué dans la boue au Kenya, ses espoirs ne tiennent, pour l'instant qu'à la victoire conquise aux Canaries… On est bien loin, en tout cas, des stats de champions (81,4 %) affichées l'an dernier à ce stade de la compétition.
Voilà qui n'entame pourtant pas le moral du Français, dont la soif de victoires et de compétition semble restée intacte. "Mon objectif est simple : la victoire comme l'an dernier, c'est pour cela que je suis ici ! souligne le pilote Toyota, d'emblée meilleur chrono du Shakedown jeudi matin. "Aux Canaries, nous avons prouvé que notre voiture marchait bien sur asphalte et je crois que les conditions seront plus sèches ici que lors de précédentes éditions. Donc nous allons tenter de récolter le maximum de points pour nous relancer au championnat. Tout reste encore possible."
Sixième et dernier pilote Toyota au classement, Ogier sait mieux que quiconque qu'il n'a plus droit à l'erreur, d'autant que l'objectif à moitié avoué de finir sur un 10e titre semble désormais se profiler à l'horizon.
Le nouveau règlement technique qui va rebattre les cartes, et qui se profile l'an prochain en WRC, ne semble pas le motiver plus que cela.
Difficile de se projeter
De quoi pousser le champion du monde en titre à mettre un terme à son incroyable carrière ? En effet, pilote le plus titré en WRC avec son compatriote Sébastien Loeb, il est en pleine interrogation concernant son avenir. Le nouveau règlement technique devrait creuser un fossé entre certains constructeurs. Car, pour l'heure, seul Toyota semble armé pour être compétitif dès l'an prochain.
Face à cette situation, le Français n'a pas caché se poser pas mal de questions. "Je n'ai pas encore essayé la future voiture, mais mes équipiers n'ont pas l'air d'avoir pris beaucoup de plaisir à son volant et ils ont tendance à dire qu'elle est plus lente que notre Yaris Rally2", a-t-il confié récemment.
"Certes, elle n'est qu'au début de son développement, mais cela prouve que ce nouveau règlement est un grand pas en arrière en termes de performance et, à mes yeux, ce n'est pas l'idéal pour ce qui est censé être l'élite de la discipline, poursuit le pilote français. "C'est difficile de se projeter. Si je devais décider de la suite aujourd'hui, je ne pense pas qu'il y en aurait une pour moi, mais je me laisse encore le temps de voir."
La tendance n'est pas de continuer
Mais contrairement à l'année dernière où, lors d'un entretien, on avait senti encore une possibilité d'une saison supplémentaire, cette fois, la messe semble dite et la décision quasiment entérinée…
"Pour le moment, l'idée est de se faire plaisir une dernière fois cette saison avec ces voitures vraiment sympas et il faudra bien que je passe à quelque chose d'autre un jour. Mais j'ai déjà dit quelques fois que j'allais arrêter et finalement je suis toujours là, donc je ne vais pas trop m'avancer, mais la tendance pour le moment n'est pas vraiment à continuer. "
