À un an des JO de Rio: Des certitudes et des espoirs dans le clan belge
Quel visage présentera le Team Belgium ? Pour la première fois depuis 1980, le COIB a renoncé à ses critères de sélection.
- Publié le 04-08-2015 à 16h30
- Mis à jour le 05-08-2015 à 06h56

Quel visage présentera le Team Belgium ? Pour la première fois depuis 1980, le COIB a renoncé à ses critères de sélection.
Prévue le vendredi 5 août 2016, la cérémonie d'ouverture des Jeux de Rio aura donc lieu dans un an ou… 366 jours, 2016 étant une année bisextile. Autant dire qu'on entre dans la dernière ligne droite tant au niveau des organisateurs que des délégations, dont la nôtre. Quel visage présentera le Team Belgium ? Emmenée par Eddy De Smedt, Directeur Haut Niveau au COIB , comme en 2012, à Londres, notre délégation ne manquera pas d'atouts, même si elle pourrait être moins étoffée qu'il y a quatre ans, l'équipe féminine de hockey n'étant pas parvenue à se qualifier. En revanche, nos sportifs s'alignant en individuel devraient être plus nombreux, le COIB ayant renoncé à ses critères de sélection. Une première depuis 1980 ! "Nous avons, en effet, décidé d'aligner nos critères sur ceux du CIO, ce qui nous évitera d'éventuels mécontents…" explique Eddy De Smedt, qui ne désespère pas de voir l'une de nos deux équipes de volley-ball encore se sélectionner. "Même si on sait que la qualification sera d'autant plus ardue que douze nations seulement prenent part au rendez-vous olympique."
Avec l'équipe masculine de hockey, seuls des relais, en athlétisme et en natation, sont d'ores et déjà assurés de leur sélection, et ce, pour la simple raison que la Commission ad hoc du COIB ne s'est pas encore réunie. Mais, surtout, que de nombreux Mondiaux ont lieu en août ! Athlétisme, judo, natation, aviron et canoë-kayak, rien de moins…
Il n'empêche, on peut dégager quelques certitudes sportives. Ainsi, deux de nos trois médaillés londoniens ont affiché ces dernières semaines leur forme… olympique. Charline Van Snick, championne d'Europe de judo, et Evi Van Acker, n°1 mondiale en voile. Si le troisième, le tireur Lionel Cox, tarde à se qualifier, ce n'est pas faute d'essayer, mais il est rentré déçu des Jeux européens. Pour le reste, certains ont satisfait aux critères et sont sélectionnables.
Ainsi, en athlétisme, Michael Bultheel (400 m haies), Philip Milanov (disque), Anne Zagré (100 m haies) et Nafi Thiam (heptathlon). En natation, Pieter Timmers (200 m libre), Louis Croenen (200 m papillon) et Fanny Lecluyse (200 m brasse). En judo et en triathlon, le sésame brésilien étant attribué sur base du ranking mondial, il faudra encore patienter avant de connaître les heureux élus. Mais on voit mal comment Dirk Van Tichelt, Joachim Bottieau, Toma Nikiforov et même Ilse Heylen pourraient ne pas être du voyage. Ce sera plus serré en triathlon, malgré l'excellente 13e place de Jelle Geens lors du Test Event, dimanche. Après avoir soigné leur blessure, Marten Van Riel et Claire Michel devraient revenir dans la course.
En cyclisme, à l'exception de Jolien D'Hoore, aucun nom n'a encore été couché sur papier pour la course sur route. Tout comme en équitation où la seule certitude est Karin Doncker alors que nos cavaliers n'ont plus décroché de médaille depuis… 1976. Au rayon espoirs, comment ne pas citer Jaouad Achab et Si Mohamed Ketbi en taekwondo ? "Ils sont jeunes et doivent encore apprendre à gérer une compétition de cette envergure, mais nous comptons, bien évidemment, sur eux à l'avenir !" lance Eddy De Smedt, qui évoque également, en tennis, le nom de David Goffin en attendant d'autres surprises.
Le commentaire de Guy Beauclercq: 115 à Londres et à Rio ?
Même si les critères de sélection semblent plus accessibles que pour les Jeux de Londres, il ne faut pas s'attendre à voir le record de 2012 (115 sportifs) battu en 2016, à Rio. Avec une équipe de moins, il faudrait, en effet, une vingtaine de sportifs individuels en plus pour compenser. Qu'à cela ne tienne, si la moisson de médailles dépend un peu de la quantité, la qualité de nos représentants doit toujours prévaloir. À un an de l'échéance, on est dans l'expectative. Certains rassurent, d'autres inquiètent. Et, si le temps presse, il n'est pas trop tard pour se révéler ou s'affirmer. À cet égard, on attend beaucoup de ce mois d'août, truffé de plusieurs rendez-vous mondiaux. Ceux-ci sont autant d'opportunités de se placer sur l'échiquier planétaire. Malgré la date symbolique du 5 août, on attendra donc encore un peu avant d'évaluer nos véritables chances de médailles aux Jeux. Même si on espère, là, battre le total londonien (trois)…

Les travaux avancent à grands pas
La majorité des enceintes seront livrées fin 2015 ou début 2016, selon la mairie
Les travaux de construction des installations sportives avancent à grands pas et la majorité des enceintes seront livrées fin 2015 ou début 2016, selon la mairie. Du 5 au 21 août 2016, 10.500 sportifs, en provenance de 206 pays, se disputeront 306 médailles dans 42 disciplines à travers quatre secteurs de cette ville de 6,5 millions d'habitants : Barra da Tijuca (ouest), où seront situés Parc olympique et Village, Deodoro (nord), Copacabana (sud) et Maracana (nord).
Le budget total de Rio 2016 est de 10 milliards d'euros, entre privé (57 %) et public (43 %). Voici la longue liste des sites, avec leur capacité.
Barra da Tijuca
Cet immense complexe voisin du Village olympique accueillera à lui seul 16 disciplines dans les installations suivantes :
Arena Carioca 1 (16.000 places)
Basket-ball
Arena Carioca 2 (10.000 places)
Judo, lutte
Arena Carioca 3 (10.000 places)
Escrime, taekwondo
Centre de Tennis (19.750 places)
Tennis
Vélodrome (5.000 places)
Cyclisme sur piste
Arena du Futur (12.000 places)
Handball
Stade Aquatique (18.000 places)
Natation, water-polo
Parc Maria Lenk (5.000 places)
Natation synchro. et plongeon
Arena Rio (12.000 places)
Gym. artistique et rythmique, trampoline
Parcours de Golf (15.000 places)
Deodoro
Centre de Tir (7.500 places)
Tir
Piscine (2.000 places)
Natation du pentathlon moderne
Centre hippique (32.000 places)
Stade de Hockey (15.000 places)
Arena de la Jeunesse (5.000 places)
Basket-ball féminin, escrime du pentathlon moderne
Piste de BMX (7.500 places)
Circuit de Canoë-kayak (8.000 places)
Piste de VTT (27.500 places)
Stade de Deodoro (15.000 places)
Équitation et Combiné du pentathlon moderne, rugby à sept
Rio Centro
Pavillon 2 (6.500 places)
Haltérophilie
Pavillon 3 (6.500 places)
Tennis de table
Pavillon 4 (6.500 places)
Badminton
Pavillon 5 (à définir)
Boxe
Village olympique
31 immeubles pour une capacité de 18.000 personnes
Copacabana
Beach Arena (12.000 places)
Beach-volley
Fort de Copacabana (5.000 places)
Cyclisme sur route, marathon aquatique, triathlon
Lagoa Rodrigo de Freitas (à définir)
Aviron, Canoë-kayak en ligne
Marina de Gloria (10.000 places)
Voile et planche à voile
Maracana
Stade Maracaná (78.000 places)
Cérémonies d'ouverture et de clôture, finales de football
Maracanazinho (11.800 places)
Volley-ball
Sambadrome (30.000 places)
Départ et arrivée du marathon, tir à l'arc
Stade olympique Joao Havelange (60.000 places)
Athlétisme
Rio : nouveaux tickets en vente
Rapidement sold-out en juin, une deuxième vague de tickets pour la billetterie sèche sera lancée en septembre par Eventeam (vendeur officiel pour la Belgique). "Les Belges ne doivent pas s'inquiéter. Nous leur conseillons de s'inscrire sur Eventeam pour être averti de la future date de vente de tickets…" explique Christine De Vos, du Comité Olympique et Interfédéral Belge. Pour les demandes de séjours, il est nécessaire de contacter directement Eventeam ou de se rendre sur le site du partenaireVoyageurs du Monde. " Eventeam fonctionne sur le principe du premier arrivé/premier servi. Les personnes à mobilité réduite disposent de tickets spécifiques. Pour les obtenir, il faut nous contacter directement…" explique Eugénie Just-Malmont, chef de projet Eventeam . Sur les 7,5 millions de tickets disponibles dans le monde, 11.000 ont été obtenus par le Comité Olympique et Interfédéral Belge (COIB).
Infos : eventeam2016.be

De Keyser: "Il faut sans cesse être sur ses gardes"
Si son résultat (51e) ne fut pas du tout à la hauteur de ce qu'il espérait, Christophe De Keyser a vécu une "énorme expérience", ce dimanche, à Rio, en prenant part auTest Event de triathlon. L'opportunité pour le Brabançon de découvrir le théâtre des JO de 2016, auxquels il estime n'avoir que 5 % de chances de participer. "J'ai bénéficié de plusieurs forfaits, sur blessure, et j'ai sauté sur l'occasion !" explique Chris. "Je n'étais pas spécialement préparé pour cette échéance, mais quand on vous la propose, il est presque impossible de refuser. J'ai donc passé une semaine sur place, dans un appartement que j'avais loué avec les autres membres de la délégation, Jelle Geens et Katrien Verstuyft."
Alors, premières impressions… "Je pense qu'ils ont encore beaucoup de boulot. Peut-être pas au niveau des infrastructures sportives parce que j'ai pu nager dans la piscine olympique, mais extrasportives. Ils commencent seulement à construire une aile de l'aéroport, censée augmenter sa capacité. Les routes sont en mauvais état. Il y a des trous, même sur le parcours du triathlon. Et puis, quelle circulation ! Les taxis roulent comme des fous. Pour circuler, c'est la galère comme quand on a mis 1h40 entre notre appart et la piscine qui étaient distants de 25 km."
Et l'accueil des Brésiliens ? "À l'exception de la propriétaire de l'hôtel, je ne les ai pas trouvés très chaleureux. Ils ne parlent déjà que portugais, pas un mot d'anglais… Sur le plan alimentaire, nous avons pris toutes nos précautions en cuisinant nous-mêmes et en veillant à ne boire que de l'eau en bouteille."
Même pour se laver les dents… "J'y pense maintenant : j'ai oublié ! Mais je n'ai pas souffert de crampes d'estomac comme mon ami français Dorian Coninx qui a été contraint à l'abandon. Un autre aspect est l'eau dans laquelle nous avons nagé. Elle était sale. Est-ce pour cette raison que j'avais le nez bouché en sortant ? Je ne sais pas. Peut-être…"
Sur le plan de la sécurité, Christophe s'en est mieux sorti que les Allemands à qui on a dérobé tous les bijoux sur la route de la piscine olympique. "On m'avait prévenu de me méfier, mais je n'ai pas l'impression d'avoir été en danger. Tant mieux ! J'en garderai vraiment un excellent souvenir…"