Ryder Cup : Les Américains veulent leur revanche dans l'autre guerre du golf
Une nouvelle défaite de l'équipe US face à l'Europe aurait des allures d'humiliation.

- Publié le 23-09-2021 à 19h00
- Mis à jour le 23-09-2021 à 19h35

D'un côté, les douze meilleurs joueurs américains ; de l'autre, leurs homologues européens. Et que le meilleur gagne ! La 43e édition de la Ryder Cup débute, ce vendredi, sur le parcours de Whistling Straits (Wisconsin). Une nouvelle guerre du golf…
Nettement dominée depuis plusieurs années (quatre défaites lors des cinq dernières éditions), l'équipe US a évidemment soif de revanche. Devant ses supporters, avec huit des dix meilleurs joueurs du monde, elle fait figure de favorite et ne peut se permettre une nouvelle humiliation. Mais on sait que la Ryder Cup est une compétition à part où la hiérarchie officielle est rarement respectée. Dans un sport individuel, elle se joue en équipe. Et la formule de jeu est le match-play, un format qui facilite les surprises et où la gestion des émotions est essentielle. Bref, la formation européenne, tenante du titre depuis son sacre à Paris en 2018, aurait tort de ne pas croire en ses chances. Ce n'est d'ailleurs pas le genre de la maison !
En vérité, le duel s'annonce indécis et passionnant. Steve Stricker, le capitaine américain, a composé une équipe jeune et ambitieuse. Pour la première fois depuis 1995, ni Phil Mickelson (50 ans) ni Tiger Woods (45 ans) ne seront du rendez-vous. Le premier a été jugé hors forme et le second est toujours convalescent après son accident de voiture. Six rookies ont, en revanche, été parachutés dans le team : Collin Morikawa, Patrick Cantlay, Xander Schauffele, Daniel Berger, Harris English et Scottie Scheffler. Ils sont encadrés par Dustin Johnson, Justin Thomas, Bryson DeChambeau, Brooks Koepka, Tony Finau et Jordan Spieth. C'est du lourd. Du très lourd !
En face, la sélection européenne de Padraig Harrington est bien plus classique avec seulement trois débutants (l'Autrichien Bernd Wiesberger, le Norvégien Viktor Hovland et l'Irlandais Shane Lowry) pour épauler les vieux briscards, genre Sergio Garcia, Lee Westwood, Tommy Fleetwood ou, bien sûr, Jon Rahm, le n° 1 mondial. Même Ian Poulter, qui a l'habitude de se transcender lors de cette épreuve, a bénéficié d'une wild card du capitaine pour apporter un supplément d'âme.
À l'aube de cette bataille attendue par toute la planète golf, une question brûle les lèvres des observateurs : si dominateurs dans les tournois individuels, les champions américains formeront-ils enfin une véritable équipe ? Lors des dernières éditions, de nombreuses tensions sont en effet apparues en coulisses, comme si les stars du PGA Tour ne parvenaient pas à se défaire de leur ego. Or, en Ryder Cup, l'union fait la force et l'humilité est la qualité première. C'est précisément ce qui fait la force de cette formation européenne qui se sent traditionnellement pousser des ailes à l'heure de défier les géants américains qui ont si souvent tendance à les snober.
Une ambiance de folie à l'américaine
Cette Ryder Cup de Whistling Straits devait initialement se jouer l'an passé. En raison de la crise sanitaire, il avait même été question qu'elle se dispute à huis clos. Mais les joueurs ont fait capoter l'idée. "Une Ryder sans public, ça n'a pas de sens", avait résumé Rory McIlroy.
Cette fois, une jauge de 45 000 spectateurs par jour a été autorisée autour des greens, ce qui promet une ambiance de folie. Seul regret : compte tenu des difficultés pour séjourner aux États-Unis, les supporters européens seront très rares. Déjà lors des séances d'entraînement, les " USA, USA !" résonnaient dans les oreilles des hommes de Padraig Harrington. "Mais on est prêts à relever le défi. L'équipe est soudée comme une famille", souriait le capitaine.
Comme à l'habitude, les Américains sont également sûrs d'eux. Même Bryson DeChambeau et Brooks Koepka, que l'on disait fâchés, jurent avoir enterré la hache de guerre et être devenus les meilleurs amis du monde. "L'atmosphère est géniale au sein du groupe. Nos épouses et petites amies nous ont rejoints. Tout se passe à merveille. Et il est grand temps de récupérer ce trophée", confie Justin Thomas, l'un des atouts de l'équipe US.
Le parcours de Whistling Straits, dessiné autour du lac Michigan, est très challenging. Long (par 71 de 6 757 m), ceinturé par d'immenses bunkers, balisé par un rough épais, balayé par un vent capricieux, il représente le défi suprême avec, en prime, des greens sournois ! En match-play, la moindre erreur se paiera cash. Mais son côté links ne devrait pas déplaire aux huit joueurs britanniques présents dans le team européen. Alors, place au jeu !