L'autre regard: le terrible retour en arrière pour le sport féminin en Afghanistan
Un autre regard proposé par Miguel Tasso.

- Publié le 05-10-2021 à 13h57
- Mis à jour le 05-10-2021 à 13h58

Avec le retour au pouvoir des talibans à Kaboul, le sport afghan se retrouve à nouveau cadenassé, comme à la fin des années nonante. C'est à peine si les femmes, obligées d'être couvertes de la tête aux pieds pour répondre à la loi islamique, peuvent encore pratiquer l'une ou l'autre discipline. Le football, la natation, l'athlétisme leur sont déjà plus ou moins interdits. Et même le cricket, très populaire, pourrait suivre la même voie.
Résultat : de nombreuses athlètes ont d'ores et déjà quitté le pays pour trouver refuge sur des terres plus favorables à la pratique sportive. Cette situation est évidemment déroutante. C'est un retour en arrière dramatique qui inquiète et qui va à l'encontre de toutes les grandes valeurs du sport moderne et de l'olympisme.
Certes, le pouvoir en place en Afghanistan n'a pas encore officiellement scellé sur papier les nouvelles règles du jeu. Certaines voix laissent entendre qu'il pourrait y avoir une forme de tolérance. Mais, en attendant, les athlètes féminines restées au pays vivent dans la peur. Et puis, surtout, en filigrane, c'est tout le sport féminin local qui est menacé, de la base au sommet de la pyramide. Nul ne sait par exemple quelle sera la politique du pouvoir à l'égard de l'éducation physique dans les écoles.
Une chose est sûre : si les grandes instances du sport mondial, qu'elles s'appellent CIO, Fifa ou IAAF, servent à quelque chose, c'est bien le moment de le prouver et d'agir !