Tiger Woods : l'éternel come-back
L'icône du golf mondial, 47 ans, malgré un manque de mobilité, renoue avec la compétition.

- Publié le 28-11-2023 à 19h23

Flash-back. Samedi 8 avril 2023. Sur le parcours d'Augusta National où il a signé tant d'exploits, Tiger Woods vit un véritable calvaire. Claudiquant à chaque pas, il souffre le martyre et décide d'abandonner à l'aube du dernier tour du Masters. Aux yeux de la plupart des observateurs, l'icône du golf mondial vient de disputer, là, son dernier tournoi.
C'est mal connaître l'orgueil et la mentalité du héros black des greens, élevé dans le sérail du surpassement permanent de soi. Ce jeudi, le Tigre, âgé de 47 ans, va donc renaître une nouvelle fois de ses cendres et déposer sa balle sur le tee n° 1 du Hero World Challenge, tournoi sur invitation (une vingtaine de champions sont annoncés) qui se dispute aux Bahamas et dont il est le promoteur. Ce sera, bien sûr, un simple test. Mais pas besoin d'un dessin : s'il renoue ainsi avec la compétition, ce n'est pas pour faire de la simple figuration. Reste à savoir si le physique suivra et s'il sera capable de marcher durant quatre jours. "Je ne ressens plus de douleurs à la cheville et je me sens donc capable de tenir 72 trous. Mon jeu est un peu rouillé. Mais le but est de retrouver vite un niveau compétitif. Et de gagner…" confiait-il, ce mardi, lors d'une conférence de presse très attendue.
Depuis son terrible accident de voiture de février 2021 sur une route escarpée de la banlieue de Los Angeles, où il faillit perdre l'usage de sa jambe droite, Woods n'a jamais retrouvé sa pleine mobilité. Conscient d'être un vrai miraculé, il s'est mis en tête de repartir du bon pied. Milliardaire en dollars, il aurait pu goûter aux joies d'une retraite dorée dans sa villa pharaonique d'Orlando. Mais ce n'est pas le genre de la maison. Quelques jours après son abandon à Augusta, il passait déjà sur le billard pour une intervention chirurgicale de la dernière chance.
À l'évidence, Tiger ne veut pas sortir par la petite porte. Certes, son corps est décoré par les cicatrices de guerre (une douzaine d'opérations, dont cinq au dos et cinq aux genoux) mais, secrètement, il espère toujours entrer un peu plus dans l'histoire, remporter une 83e victoire sur le PGA Tour (pour devenir le recordman) ou un 16e Grand Chelem (pour se rapprocher de Jack Nicklaus). En 2019, il avait signé l'un des plus grands exploits de l'histoire du sport en remportant le Masters après un improbable come-back. Il veut aujourd'hui remettre son ouvrage sur le métier.
S'il passe avec réussite l'examen des Bahamas, Tiger jouera encore avec son fils Charlie le PNC Championship (tournoi des familles) à la mi-décembre. Il ambitionne ensuite, et surtout, de disputer quelques tournois à la carte en 2024, dont bien sûr les Majors. "J'espère pouvoir jouer un tournoi par mois" ajoute-t-il, la voix ambitieuse. Certains diront que c'est de l'acharnement ou de l'aveuglement. À ses yeux, c'est juste une mission, dictée par la passion et cette envie de toujours repousser plus loin ses limites.
