Il est urgent que le hockey belge se penche sur cette question
Le Watducks a vécu un hiver exceptionnel : doublé en indoor dont un premier sacre belge en Europe et deux talents chez les Panthers.

- Publié le 25-02-2026 à 07h44

Depuis le 16 novembre, les dames de Division Honneur ont épinglé la date du 8 mars dans leur agenda, soit le jour de la reprise du deuxième tour. L'attente est longue, mais la trêve hivernale laissera des traces et des bons souvenirs. Le Watducks, qui avait déjà montré un beau visage durant la première phase en outdoor, a vécu un hiver parfait du côté des dames. Les Vertes ont signé un doublé inattendu en remportant les titres de championnes de Belgique et… d'Europe. C'est la première fois qu'une équipe féminine belge vivait un tel sacre. Avant le Watducks, aucune équipe belge féminine en indoor n'avait atteint la finale de l'Euro. Dimanche dernier, en Pologne, elles ont battu en finale 's-Hertogenbosch (2-2, SO 2-1).
Xavier De Greve, l'entraîneur de l'équipe outdoor, a bien sûr suivi de près ces épopées fantastiques même s'il reste concentré sur sa mission : le play-off en extérieur. "Au début, j'ai eu un peu peur en voyant les filles s'éparpiller. En décembre, elles ont reçu deux semaines de repos avant de reprendre leur programme physique individuellement. Xavier Troessaert, notre préparateur physique et kiné, a abattu un travail fantastique."
Comme ses homologues, De Greve a passé l'hiver à courir derrière ses dames. Un noyau dur a disputé les compétitions indoor avec une réussite exceptionnelle. D'autres, comme les jeunes Famke Van Heel et Agathe Favart, sont passées de Young Red Panthers à Red Panthers alignées pour des matchs de Pro League. Il reste les deux Irlandaises engagées dans les qualifications pour la Coupe du monde cet été. "Le club s'est posé la question de mettre ses priorités au bon endroit. Le Watducks a développé une culture de la salle. Je ne peux pas surcharger ces filles. Xavier Troessaert et Gaëtan Dykmans me freinaient pour ne pas les cramer. J'ai dû les laisser au calme par moments."
Un team-building à Barcelone
Jeudi, il reprend avec ses championnes d'Europe qui élargiront le groupe de six filles qui ont suivi toute la préparation hivernale dans le froid belge. Tout le noyau s'envolera pour un long week-end de team-building à Barcelone. Les Waterlootoises joueront face à Egara et Terrassa. "Nous organiserons des meetings pour souder à nouveau l'équipe et repartir sur la deuxième partie de championnat dans les meilleures conditions." Coche a acté le retour de Vanessa Blockmans au passage.
Il retrouvera deux filles à la destinée un peu spéciale. Au soir du 16 novembre, Agathe Favart et Famke Van Heel étaient deux jeunes promesses bourrées de talent. Trois mois plus tard, les deux adolescentes, qui ont conquis la médaille d'argent lors de la Coupe du monde U21 en décembre, débarquent avec le statut de joueuse de l'équipe nationale. En effet, les Red Panthers ont accueilli quatre nouvelles recrues : Alexi Van Remortel, Emilie Verhees et les deux Waterlootoises. "La fierté est énorme pour le club. Nous avons misé sur notre école des jeunes. Je salue tout le boulot de Gloria Comerma qui accompagne ces jeunes filles depuis leurs premiers pas au club. Aujourd'hui, elles frappent aux portes des plus grandes équipes. La Coupe du monde U21 a servi de tremplin pour Agathe et Famke. Je n'oublie pas Chloé Delhalle qui y est presque."
Les attentes autour du duo Favart-van Heel sont énormes. La première, 17 ans à peine, tient le poste de libero. La deuxième doit alimenter le marquoir. "Les deux profils sont fort différents. Il est clair qu'elles ont pris une autre dimension. Les deux ont conscience d'avoir progressé. Elles ont engrangé une grosse expérience en quelques mois. Leur évolution ne m'a pas étonné."
Cette éclosion rappelle un grand vide dans le hockey belge. Le règlement ne prévoit en aucun cas de protéger les clubs formateurs. En d'autres termes, Agathe Favart et Famke Van Heel pourraient quitter le Watducks en juin sans aucune compensation du futur employeur. "Nous devons effectivement les garder dorénavant. Elles sont des piliers de l'équipe que nous mettons en place. Les plus gros clubs du pays ont déjà appelé beaucoup de filles en leur proposant des contrats sur lesquels le Watducks ne peut s'aligner. Ces jeunes filles sont des proies pour des clubs comme Gand ou le Braxgata."