De Derwael à Van Aert en passant par Thiam et les Red Lions: les Belges ont brillé à Tokyo
La Belgique n'avait plus glané sept médailles olympiques depuis 1948. Mais, cette fois, il y en a trois en or. Une première depuis 1924 !
- Publié le 08-08-2021 à 17h12
- Mis à jour le 09-08-2021 à 08h31

Si nous avions dû dresser le bilan belge de ces Jeux, il y a quelques jours, le propos aurait été quelque peu différent. Malgré trois médailles d'or, le Team Belgium n'avait encore récolté que cinq breloques à l'entame du dernier week-end de compétition. Puis, à quelques heures d'intervalle, l'équipe de jumping, d'abord, et Bashir Abdi, ensuite, en ont décroché deux de plus, faisant monter le total à sept : trois d'or (Nina Derwael, Nafissatou Thiam et les Red Lions), une d'argent (Wout Van Aert) et trois de bronze (Matthias Casse, l'équipe de jumping et Bashir Abdi).
Il y a cinq ans à Rio, le tableau de chasse, déjà bien rempli, renseignait six médailles. "L'objectif sera de faire mieux à Tokyo", avait osé Olav Spahl, fraîchement élu aux commandes de la cellule sportive du Comité olympique et interfédéral belge. Depuis, l'Allemand l'a répété à plusieurs reprises, sans jamais donner un chiffre précis. Trop aléatoire.
Il avait raison car la beauté du sport est de ne pas toujours sacrer ceux que l'on attend. Certains répondent présents, d'autres pas. Puis, n'oublions pas les surprises, monnaie courante dans cet événement tellement prestigieux que la pression pesant sur ses acteurs est décuplée.
Tous n'y répondent pas de manière égale. Jaouad Achab ne dira pas le contraire. Le sympathique taekwondoka a vu ses espoirs de podium s'envoler dès son premier combat. Le même jour, Wout Van Aert montait, lui, sur la deuxième marche du podium à l'issue d'une course en ligne qui avait confirmé qu'il est l'un des coureurs les plus complets du peloton. Le Campinois lança de la sorte la moisson belge. Comme Greg Van Avermaet, cinq ans plus tôt à Rio. Matthias Casse fut le premier à emboîter le pas au champion de Belgique. Entre la médaille du champion de Belgique et celle décrochée ce dimanche par Bashir Abdi, le Team Belgium a obtenu beaucoup de satisfactions. L'équipe de jumping a, pour la première fois depuis 1976, retrouvé les joies du podium olympique. Que Matthias Casse a découvertes. Le judoka de 24 ans avait espéré monter sur la plus haute place, mais sa médaille de bronze est celle du courage. Il est allé la chercher au caractère après avoir eu une préparation très perturbée par une blessure à l'épaule gauche.
Une Belgique décomplexée
Bashir Abdi, troisième également, illustre, lui aussi, cette Belgique décomplexée. Nos champions n'ont plus peur d'afficher leurs ambitions. Et s'ils n'atteignent pas tous leurs objectifs, viser la plus haute récompense et ne plus se contenter du minimum est le meilleur moyen pour forger des grands résultats.
Nina Derwael, aux barres asymétriques, les Red Lions et Nafissatou Thiam illustrent cette Belgique qui gagne, qui domine, qui confirme. Leurs médailles d'or viennent couronner les Jeux les plus prolifiques de l'après-guerre. En 1948, la Belgique avait également ramené 7 médailles de Londres mais seulement 2 d'or. Et quand on sait qu'autant d'athlètes ont terminé à la 4e place (Kopecky, Vidts, De Ketele/Ghys, Plasschaert, Van Riel, le basket 3x3, les Tornados), on se dit que le COIB avait bien fait d'avoir des objectifs élevés. Et comme si ça ne suffisait pas, ses ouailles sont aussi reparties de Tokyo avec 26 diplômes olympiques (top 8 donc) sous le bras.