Laurine Delforge, revient sur son expérience de seule arbitre belge aux JO : "Je veux inspirer les jeunes filles"
Laurine Delforge, seule arbitre belge aux JO, a sifflé les finales de Rio et de Tokyo.

- Publié le 09-08-2021 à 16h41
- Mis à jour le 09-08-2021 à 18h13

Pour le hockey belge, les Jeux olympiques ne se sont pas arrêtés jeudi soir avec le prestigieux titre des Red Lions. Le lendemain, une Belge figurait encore sur le terrain lors de la finale dames qui opposait les Pays-Bas à l'Argentine.
Notre meilleure arbitre, Laurine Delforge, a encore été récompensée pour la qualité de ses prestations à Tokyo en recevant la finale. En douze jours, elle a sifflé sept matchs sur le terrain, trois comme arbitre vidéo et deux comme réserve. "Les effectifs étaient réduits vu le Covid", nous confie Laurine Delforge, revenue en Belgique samedi soir en même temps que les Red Lions. "Je me sens fatiguée. Nous savions que ces douze jours seraient intenses. Ils le furent."
Aux Jeux de Rio, elle avait déjà été retenue et avait même reçu la finale. "À Rio, je n'étais pas attendue. Ici, je ressentais plus d'attente et donc plus de pression."
Si les Red Lions sont des ambassadeurs exceptionnels, la présence de Laurine Delforge constitue également une excellente nouvelle pour le hockey belge. À Tokyo, elle a confirmé son statut de grande arbitre internationale.
"Je suis contente de mon tournoi"
"J'avais à cœur de vraiment bien prester. J'étais la seule Belge retenue tant en messieurs qu'en dames. Je voulais montrer que les Red Lions sont au top, mais que l'arbitrage belge aussi se porte bien. Je veux inspirer des jeunes."
Sa prestation en finale a été remarquable et remarquée. La plus belle preuve ? Personne n'a parlé des arbitres ! "Je suis contente de mon tournoi. Je me suis montrée régulière. L'Euro, en juin, m'avait fait du bien. Je suis fière de ce que j'ai montré sur le terrain. Mon débriefing était positif. J'attends par mail le bulletin la semaine prochaine."
Faut-il s'attendre à une vague de nouveaux arbitres en Belgique ? Après les Jeux de Rio, beaucoup de jeunes filles ont passé les tests. "Grâce à la couverture médiatique, beaucoup de jeunes filles ont commencé leur parcours d'arbitre. J'aimerais leur dire qu'être arbitre est avant tout un choix. Avant, nous étions un peu forcées de prendre un sifflet. Moi, je l'ai fait car je rêvais de vivre les Jeux olympiques sur le terrain. J'ai vite compris que je n'irais pas en tant que joueuse. Il me restait donc le rôle d'arbitre. J'ai toujours eu ce rêve en moi."
Sa quinzaine à Tokyo a été rythmée par ses douze matchs en douze jours, ce qui laisse peu de temps pour voir la ville. "J'étais toujours coincée entre l'hôtel et le stade. Au final, cela m'a permis de vivre tout le temps avec l'équipe. Nous avons partagé des moments forts. J'aurais préféré que les tribunes soient remplies. En finale, il y avait une bonne ambiance malgré le huis clos. Des athlètes argentins faisaient du bruit. Cela chantait. En revanche, les petits-déjeuners ne me manqueront pas. J'ai mangé tous les matins la même chose."
En 2024, à Paris, elle a déjà pris rendez-vous avec les meilleures arbitres mondiales. Le team a fait ses adieux à deux icônes du sifflet féminin : la Sud-Africaine Michelle Joubert et l'Argentine Carolina de la Fuente.