À l'Euro, toute la pression reposera sur Matthias Casse, car la relève tarde
Toma Nikiforov, à la retraite, et Gabriella Willems, en revalidation, laissent un énorme vide dans la délégation belge.

- Publié le 15-04-2026 à 11h04
- Mis à jour le 15-04-2026 à 11h27

Neuf judokas belges prendront part à l'Euro, de jeudi à dimanche, à Tbilissi. Exactement le même nombre qu'il y a un an, à Podgorica, où Matthias Casse avait décroché le bronze en -81 kg, une médaille que la Belgique, emmenée par un incroyable Toma Nikiforov, avait frôlée par équipes. Depuis lors, le Bruxellois a mis un terme à sa carrière. Son absence, conjuguée à celle de la malheureuse Gabriella Willems, en revalidation après une troisième rupture des ligaments croisés du genou droit, laisse vraiment un énorme vide.
Toma Nikiforov, ce sont deux titres (2018, 2021) après deux médailles, le bronze (2015) et l'argent (2016), sur la scène européenne. Quant à l'infortunée Gaby Willems, elle est notre plus récente médaillée olympique avec le bronze aux Jeux de Paris. Voilà pourquoi, à court terme, toute la pression reposera sur les épaules de Matthias Casse qui, en Géorgie, visera une sixième médaille continentale et, dans une moindre mesure, sur celles de Jorre Verstraeten, déjà médaillé (de bronze) à trois reprises à l'Euro.
"Trois miracles pour décrocher une médaille"
Derrière ces valeurs sûres que sont l'Anversois et le Louvaniste, la relève tarde. Pourtant, ce n'est pas faute d'accorder leur chance aux jeunes, mais certains ne la saisissent pas, à l'image de Zelim Batchaev ou de Karel Foubert. "Il ne leur faudrait pas un miracle, mais trois miracles pour qu'ils décrochent une médaille à l'Euro", souffle-t-on du côté de la Fédération néerlandophone.
Et, à un moment, on ne peut plus justifier d'investir sur eux. En revanche, on continue de travailler à sortir des jeunes et à les lancer dans le grand bain, comme ce sera le cas pour Olivier Naert, Jarne Duyck et Noah Christiaens.
Côté francophone aussi, on n'hésite pas à accorder sa confiance aux jeunes. Le meilleur exemple ? Maelys Dapa, présentée comme la nouvelle pépite à 17 ans. "Nous l'alignons pour qu'elle prenne un maximum d'expérience, explique Damien Bomboir. Mais attention : Maelys mérite tout à fait sa place parce qu'elle a déjà prouvé qu'elle pouvait battre certaines filles plus âgées qu'elle."
"Je suis arrivé en septembre. J'ai été intéressé par le projet et par les personnes qui le construisent. Je pense qu'il y a un bon potentiel pour le futur. Tout est centralisé à Louvain-la-Neuve, où les seniors et les juniors s'entraînent ensemble. J'ai été coach de l'équipe d'Allemagne jusqu'aux Jeux de Paris, mais c'était différent. Ici, je travaille avec une vingtaine de judokas, répartis en deux ou trois groupes selon l'âge. L'objectif, ce sont les Jeux de Los Angeles."
"Il est inutile d'envoyer certains au casse-pipe !"
L'échéance concernera Jorre Verstraeten et Gabriella Willems, mais aussi des plus jeunes. On pense à Malik Umayev, qui sort d'une grave blessure au genou droit (après le gauche !) et, surtout, d'une suspension de deux ans pour trois contrôles antidopage manqués.
"Il est trop tôt pour savoir ce dont certains sont capables. Nous les préparons pour le début de la qualification olympique."
Présents il y a un an, à Podgorica, Yves Ndao et Gabrielle Bouvier ne sont pas du voyage à Tbilissi. "Inutile de les envoyer au casse-pipe ! Yves relève de blessures et Gabrielle doit franchir un cap, justifie Damien Bomboir, qui a engagé une championne olympique pour compléter son staff. Il s'agit de Nora Gjakova. Elle a mis un terme à sa carrière l'an dernier et elle fut, en effet, sacrée en -57 kg à Tokyo. Elle nous apportera toute son expérience du très haut niveau."
Un mot encore avec Pedro Guedes sur les ambitions à l'Euro.
"Je trouve que Jorre Verstraeten affiche une belle régularité. Il a beaucoup d'expérience. Il n'a jamais été champion d'Europe, mais je pense qu'il a vraiment sa chance."
Last but not least, du haut de ses 26 ans, Lois Petit est l'exemple même de la judoka hyper talentueuse qui ne demande qu'à concrétiser son rêve de médaille(s). Il est grand temps…