Oublier ses problèmes, être en bonne santé, mener à bien ses objectifs: voici pourquoi nous courons
Le réseau Strava a interrogé 25 000 coureurs à travers la planète pour comprendre leurs habitudes en matière de running.

- Publié le 01-05-2020 à 08h25
- Mis à jour le 01-05-2020 à 09h59

Le réseau Strava a interrogé 25 000 coureurs à travers la planète pour comprendre leurs habitudes en matière de running.
Il y a presque autant de raisons de courir que de coureurs. Chaque runner, et on sait qu'ils sont nombreux en cette période, est capable, en quelques mots, de verbaliser cette envie qui le pousse à enfiler plus ou moins régulièrement ses baskets. Et s'il n'y parvient pas, c'est que cette passion pour le running ne sera que très passagère.
Strava, le plus grand réseau social rassemblant des sportifs à travers la planète, est parti à la rencontre de quelque 25 000 coureurs. De cette vaste enquête, la plate-forme où l'on distribue des kudos plutôt que des likes et où on cherche à obtenir des KOMs (King of the Mountain) a sorti toute une série de chiffres et constats intéressants sur nos habitudes en matière de course à pied. Mais aussi sur les différences, parfois notables, que l'on peut remarquer d'un pays à l'autre.
Sans surprise, il apparaît avant toute chose que les runners courent pour mener à bien leur(s) objectif(s). C'est l'affirmation de 41 % des sondés, lorsqu'il leur a été demandé de pointer un ou plusieurs éléments expliquant le pourquoi de leur pratique. Mais cela ne dit rien sur la forme que peut prendre cet objectif. Outre pour un chrono, un coureur peut enfiler ses baskets pour bien d'autres raisons, comme créer du lien social, se vider la tête ou encore garder ou retrouver la forme. On y reviendra.
L'effet de l'habitude sur la pratique est aussi très important. Ainsi, 39 % des pratiquants à travers la planète disent courir pour simplement mener à bien un plan d'entraînement ou une routine. Bien plus loin, d'autres éléments comme partager un moment avec un ou des amis (21 %) ou même la culpabilité de rester chez soi sans bouger (pour 15 %) reviennent également.
La santé, élément primordial
Ce qui ressort de cette enquête est surtout que la santé est un élément capital pour les runners. Ils sont ainsi plus de 80 % à avoir cité au moins un facteur de motivation d'ordre physique au moment de justifier pourquoi ils ont débuté. Et 8 % ont mentionné cet élément comme la seule source de motivation parmi toutes celles proposées. On constate cependant que les motivations évoluent au fil du temps. Le développement personnel et l'envie de fréquenter d'autres personnes prennent peu à peu le bas sur les autres bienfaits.
Les différences selon la localisation sont parfois importantes et surprenantes. Ainsi, 22 % des Brésiliens ont indiqué s'être mis à courir à la suite d'un problème de santé, un chiffre beaucoup plus élevé qu'en Europe (aux alentours des 3 % généralement)
On apprend également que 30 % des personnes à travers le monde affirment avoir voulu obtenir une meilleure image d'elles-mêmes. Un chiffre énorme, qui témoigne, si besoin en était encore, de l'importance de l'image de soi et de celle qu'on renvoie dans nos sociétés. En Allemagne, ce pourcentage monte même à 47 % (21 % en France)
Oublier ses problèmes
Courir est enfin une manière de lutter contre ses angoisses. Le simple fait de sortir aide à chasser les idées noires et à penser à autre chose. C'est un remède particulièrement apprécié des Japonais (15 % affirment courir pour cela). En Europe, ce pourcentage varie entre 3 et 10 % des pratiquants, selon les pays. On apprend par exemple que 30 % des coureurs affirment avoir connu un changement majeur dans leur vie au cours des six derniers mois et que, pour la grande majorité, courir les aide à faire face à ces changements. Notamment après la perte d'un proche (70 %), une séparation (70 %), un problème de santé (65 %) ou encore le fait qu'un enfant ait quitté le foyer familial (78 %).
Le paradoxe du runner : s'arrêter et boire un verre après la course sont les moments les plus appréciés
Les coureurs ne sont décidément pas comme tout le monde. En effet, 8 % d'entre eux disent adorer lorsqu'ils ententent leur réveil sonner le matin pour un morning run.
Le premier kilomètre est le plus dur. L'adage est confirmé dans le ressenti. Presque trois fois plus de coureurs affirment détester (11 %) le premier kilomètre que ceux qui disent l'adorer.
Cela peut paraître paradoxal dans le cas d'une activité qui est appréciée. Mais 63 % des coureurs affirment que le moment qu'ils préfèrent dans la course, c'est la fin ou le franchissement de la ligne d'arrivée. Et personne ne dit ne pas apprécier cet instant-là. Dans le même ordre d'idée, sentir qu'on approche de la fin est un sentiment adoré de 37 % des pratiquants.
Le coureur est souvent narcissique, on le sait. Et de plus en plus. Recevoir des kudos sur Strava est un sentiment appréciable pour 43 % des pratiquants. Et 25 % adorent ça.
L'après-course fait partie de l'activité running en elle-même. Et pour beaucoup c'est même essentiel. Partager un verre ou un repas après une sortie est très apprécié par 39 % des pratiquants.