Kim Gevaert, des spikes à la course à pied: "J'aimerais un jour participer aux 20 Km de Bruxelles"
La sprinteuse Kim Gevaert a rangé ses spikes depuis 2008 mais a pris goût à la course à pied.

- Publié le 23-06-2021 à 16h14
- Mis à jour le 24-06-2021 à 14h09

Près de 13 ans après la fin de sa carrière, le quotidien de Kim Gevaert rime toujours avec une pratique sportive soutenue. "Faire un 100 m ? Ça, non, je n'oserais plus, même si j'aurais bien envie de me tester", rigole la double championne d'Europe 2006, sur 100 et 200 mètres. Outre le tennis et la pratique du Pilates, l'ex-championne aujourd'hui âgée de 42 ans a pris goût à la pratique de la course à pied. Souvent en forêt, parfois seule. Elle vient d'ailleurs de participer à une campagne intitulée "Combat warm-up" en compagnie de l'ex-championne de taekwondo Laurence Rase pour Garmin où elle propose au sein de capsules vidéo des exercices d'échauffement pour préparer correctement son corps avant un entraînement mais aussi à réagir en cas d'agression. Le tout forme des exercices de "combat warm-up".
Kim Gevaert, quel est le message véhiculé au travers de ces exercices de "combat warm-up" que vous proposez ?
"Nous voulions surtout nous adresser aux femmes qui, parfois, ont des craintes à aller courir seules. Moi, je cours régulièrement seule dans les bois et je vois que cela étonne certaines personnes de mon entourage. Je ne me sens pas en insécurité, mais cela veut dire qu'il y a un problème. Par ces quelques exercices simples et accessibles mêlant échauffement et autodéfense, nous voulions surtout encourager celles qui hésitent à franchir le pas. Et absolument pas à faire peur. Personnellement, j'ai appris des choses en faisant ces vidéos avec Laurence (Rase). Ce sont des petits conseils faciles à appliquer en fonction de différentes situations."
Vous insistez particulièrement sur l'échauffement dans le cadre de ces conseils d'autodéfense. C'est une partie de l'entraînement qui, à votre sens, est trop souvent négligée ?
"C'est une phase primordiale de l'entraînement. Que ce soit pour le corps mais aussi pour l'esprit. C'est une manière de se conditionner aux efforts qui vont suivre. Bien qu'on pratique la course à pied, il est important de ne pas uniquement se focaliser sur les membres inférieurs. Trop souvent, on oublie de s'échauffer et de travailler son dos ou ses abdominaux. Il faut voir le corps dans l'ensemble, notamment pour éviter les blessures sur le long terme."
Vous vous êtes directement mise à la course à pied après votre carrière de sprinteuse ?
"Au début, je n'ai pas du tout accroché. Je n'en avais sans doute pas l'envie. Faire un jogging est un sport complètement différent par rapport au sprint. J'avais aussi une série de petits bobos que je traînais. Mais, avec le temps, je m'y suis mise et aujourd'hui j'adore courir, même seule, dans les bois. Notamment en forêt de Soignes. Ça me fait beaucoup de bien.
Vous avez encore les yeux rivés sur vos chronos ?
"Plus du tout. Peu importe le temps que je fais. Les records ne m'intéressent plus. Je pense que je n'ai plus besoin de cette sensation aujourd'hui (rires). Ce qui compte, c'est se dépenser, se faire du bien et être dans la nature."
Courir sur de plus longues distances n'a pas été difficile pour vous ?
"Je reste une vraie sprinteuse, explosive. L'endurance n'a jamais été mon point fort. Durant ma carrière, il arrivait quelques fois en début de saison que je doive faire 30 ou 40 minutes de footing. Ça a toujours été compliqué (rires). Aujourd'hui, ça va mieux. J'essaye de faire deux sorties de 5-6 km chaque semaine. Mais je ne ferai jamais un marathon, je pense. Mon corps ne doit pas être fait pour ça."
On ne vous verra donc jamais au départ d'une course ?
"Si, pourquoi pas. J'en ai déjà fait, d'ailleurs. J'ai pris part à trois reprises au Spartacus Run, un concept qui allie course à pied et obstacles. Cela me convient bien finalement et j'y ai pris beaucoup de plaisir. J'ai aussi participé à l'Ekiden, un marathon-relais en équipe où j'ai apprécié le fait de partager un effort en groupe. Je me suis aussi toujours dit que j'aimerais un jour participer aux 20 Km de Bruxelles, pour découvrir la ville autrement et pour vivre l'événement de l'intérieur. Mais, s'il fallait faire 20 km demain, ça resterait une mission bien compliquée pour moi."