Comment le Covid a boosté la créativité des organisateurs de courses à pied
Face aux nouvelles habitudes nées de la crise, certains concepts émergent.

- Publié le 16-09-2021 à 15h01
- Mis à jour le 17-09-2021 à 11h16

Si les épreuves de course à pied se multiplient aux quatre coins du pays en ce mois de septembre, la crise du Covid laisse encore des traces au sein du milieu du running belge. Toutes les organisations ou presque font notamment face à une baisse de fréquentation de leur course, en raison à la fois d'un calendrier surchargé mais aussi d'une méfiance de la part de certains à se retrouver au cœur d'un peloton. Sans doute une question de temps, tant la pratique du running reste populaire au sein de la population belge.
Mais, que ce soit pour continuer à exister, se démarquer mais aussi tout simplement pour faire face à des habitudes qui ont évolué ces 18 derniers mois, les organisateurs sont bien obligés de s'adapter. Laissant place parfois à une belle créativité. C'est notamment le cas du côté du Challenge condrusien, où deux courses populaires du calendrier ont décidé de ne faire qu'une, sous un nouveau format, afin de pouvoir proposer un événement en 2021 après avoir dû annuler le leur plus tôt dans l'année.
Ainsi, les joggings de Bois-et-Borsu et de Vyle-Tharoul, situés sur deux communes limitrophes, proposeront à travers bois et chemins le samedi 25 septembre une course en ligne de 23 km (jogging entre Vyle et Bois-et-Borsu) reliant les deux points habituels de départ et d'arrivée de ces épreuves. Avec une arrivée à Bois-et-Borsu, où se tient l'habituelle kermesse en cette période. Un concept inhabituel, qui demande notamment une logistique plus importante avec la mise en place de navettes pour rejoindre le point de départ, mais qui témoigne de cette volonté des acteurs de la course à pied de faire (re)vivre leur discipline.
"Ce sont deux épreuves populaires, bien implantées dans le calendrier mais qui n'ont pu avoir lieu en 2021, ni en 2020", indique Emmanuel Huet, à l'impulsion du jogging de Bois-et-Borsu. "La proximité, tant géographique qu'amicale, entre les deux courses a fait qu'on s'est lancés ensemble pour proposer un format nous permettant d'exister en 2021. Ce n'était nullement un impératif financier mais l'occasion de proposer une formule différente vu le contexte."
Sans le Covid, cette impulsion, comme on peut en trouver d'autres ailleurs dans le pays, n'aurait jamais vu le jour. "Cette année particulière aura offert cette opportunité", reprend Emmanuel Huet. "Nous avons décidé de la saisir. Avec la renommée des deux épreuves, nous espérons que le public répondra présent, d'autant que le parcours peut aussi être fait sous la forme d'un relais en duo."
Avant que chacun ne revienne, dès 2022, avec sa propre organisation. "Mais nous avons ouvert une porte. On verra ce qu'il adviendra du concept dans les mois à venir…"

Les vagues vont survivre au Covid
Les différents protocoles pour la pratique sportive durant la crise sanitaire ont imposé aux organisations la mise en place de vagues plutôt que le traditionnel départ de masse. Une approche qui, dans certains cas, a amélioré l'expérience running. Notamment sur certains trails. Ainsi, le Trail des Cisterciens a déjà indiqué que, en 2022, il maintiendrait ce système de départ.
"Cela offre plusieurs avantages, tant aux participants qu'à l'organisation", indique Geoffrey Ewbank, pour le Trail des Cisterciens, où l'on privilégie les toutes petites vagues (moins de dix coureurs). "Il y a d'abord un confort sur les sentiers, sans embouteillages. Il en va de même au départ, avec moins de files pour prendre son dossard, lors des ravitaillements ou encore à l'arrivée, notamment lors d'une 3e mi-temps plus sereine. La seule contrainte est que cela mobilise les bénévoles un peu plus longtemps. Il faut aussi rester vigilant à maintenir l'aspect compétitif. Pour cela, on regroupe les coureurs par niveau au sein d'une vague, tout en faisant d'abord partir les meilleurs."
Le virtuel n'a plus la cote
Les courses dites "virtuelles" ont eu la cote au début de la crise du Covid. Nombreuses furent les organisations à proposer une distance à effectuer seul ou en tout petit groupe. Parfois même depuis le lieu de son choix. En Belgique, un énorme engouement est même né autour d'un concept comme le Covid-19 Challenge lancé par Zatopek Magazine, qui permettait de soutenir une bonne cause à condition d'accomplir 19 km en l'espace d'une semaine, depuis le lieu de son choix.
Aujourd'hui, force est de constater que le virtuel ne fait plus recette, les coureurs préférant renouer avec le contact en compétition ou, si ce n'est pas le cas, réaliser un défi par eux-mêmes ou entre amis. Les 20 Km virtuels, qui se tiennent jusqu'à 19 septembre, n'ont d'ailleurs pas suscité un très grand enthousiasme avec à peine 300 inscrits recensés avant ce week-end.