Cédric Joie et Arnaud Salmon 5es de la PTL (UTMB 2024) : "On en avait marre de vivre sur nos lauriers de 2009" (VIDEO)
Quinze ans après leur victoire au même endroit, les Esneutois Célestes ont terminé 6es de la PTL (300 km, 25.000 d +).
- Publié le 01-09-2024 à 00h16
- Mis à jour le 01-09-2024 à 14h49
Partis lundi dernier, de retour au même endroit, à Chamonix près de 128 heures plus tard. Dans cet espace temps, Cédric Joie et Arnaud Salmon, la quarantaine qui ne veut pas se l'avouer, ont parcouru 300 kilomètres en terres sauvages, sur la France, l'Italie et la Suisse.
Une joyeuse "bambée" de 25.000 mètres de D + organisée dans le cadre de la semaine UTMB, avec plusieurs sommets à plus de 3000 mètres, un plus haut à 3200, des passages (très) aériens, un glacier à franchir avec des crampons, des via ferrata…
Le tout sans balisage (mais avec cartes et GPS), avec chacun un sac de minimum 7 kilos à porter (casque, baudrier, crampons, veste et pantalon Goretex…), sans compter l'eau.
Une grande complicité
"Pourquoi était-on là ? Disons que nos lauriers de 2009 commençaient à sentir le périmé (NdlR : ils s'étaient imposés sur cette édition avec un 3e Esneutois, Vincent Louon)", explique Arnaud Salmon. "Voici plusieurs années que l'on se dit qu'on reviendrait bien. Ce n'est que cette fois-ci que cela s'est concrétisé…"
"Ce que l'on est venu chercher ? L'état dans lequel vous nous voyez maintenant", rigole Cédric Joie. "En fait, là-haut, éloignés de tout, dans une course qui est surtout une expédition, on n'est jamais dans la vraie vie. Cela fait du bien. Nous avons trouvé de la belle montagne, une magnifique météo, des couchers de soleil somptueux et un superbe travail d'équipe…"
Les deux sont clairement complices, unis par une amitié qui voit rarement une journée sans contact téléphonique ou de type message. Ils ont fait ensemble l'UTMB et la Diagonale des fous. Plus des tas d'autres courses ou raids. Chacun est le parrain d'un enfant de l'autre. Et sur le terrain, ils arrivent encore à beaucoup parler, ce qui donne au temps qui passe une belle vitesse…
"Ici, on s'est encore bien complété", reprend Arnaud. Lorsqu'un des deux avait un passage à vide, l'autre assumait bien la navigation, les pauses… C'était très bien…"
Entre une et deux heures de sommeil… chaque nuit
Gestion du sommeil ? "On a dormi très peu, mais quasi chaque nuit entre une et deux heures", répond son compère. "La dernière nuit, c'était carrément dans un hôtel, aux Contamines. Enfin, bon, plutôt dans un garage. Mais c'était du luxe pour nous… On s'est aussi posé quelques fois dans l'herbe, pour une micro-sieste."
Peur ? Non. Par contre, ils sont passés dans des endroits bien exposés, "avec du gaz". "Il y a tout de même eu un gars qui s'est fracturé une vertèbre, sur chute. Sans le casque, il y serait sans doute resté, nous a-t-il dit…"
Ont-ils vu le temps passer ? "Non. Là-haut, sur la PTL (Petite Trotte à Léon), le temps est comme suspendu", ont-ils répondu, presqu'en coeur…
