Faut-il s'arrêter de courir durant les fêtes de fin d'année? S'arrêter 2 à 3 semaines vous permettra d'être meilleur l'an prochain
Une à deux fois par an, il peut être bénéfique de couper complètement le contact avec l'entraînement.

- Publié le 16-12-2023 à 07h17

Courir toute l'année, au même rythme. C'est la tentation vécue par de nombreux passionnés de course à pied qui, en s'accordant un moment de pause dans leur calendrier, ont peur de perdre leur forme et, surtout, refusent de vivre une semaine sans la joie que leur procure le fait de pouvoir enfiler leurs baskets pour aller se défouler.
Dès lors, faut-il s'arrêter ou non en fin d'année ? Tout dépend de votre pratique et de vos objectifs. Si vous courez avec l'ambition de vous améliorer, la réponse sera… positive. Si votre seul but est de vous aérer la tête et de vous défouler, la réponse vous appartient.
Un constat s'impose tout de même : les coureurs ont la possibilité aujourd'hui de participer à des courses presque partout et tout le temps. Il n'y a plus de périodes creuses et les tentations, qu'il s'agisse de courses sur route ou de trails, sont nombreuses. À l'image de notre société, la course à pied ne s'arrête jamais. Il faut courir. Vite et plus. Ce n'est pas nécessairement une bonne idée.
Voici pourquoi.
Pour progresser, il faut respecter des cycles
Pour les coureurs, ces tentations multiples sont à la fois distrayantes et motivantes. Quoi de mieux pour s'extirper de son canapé que de se retrouver entre amis au départ d'une course pour se surpasser. Mais sur le plan de la progression, ce phénomène est loin d'être positif. Car il est impossible d'être au meilleur de sa forme 12 mois par an et que prendre part à une épreuve avec l'objectif d'y donner son maximum ne constitue pas un entraînement mais un aboutissement.
L'entraînement, qui doit vous amener vers le top de votre forme, est en effet composé de cycles. Il faut les respecter, sans quoi il est impossible de développer ce qu'il y a à développer.
S'offrir de nouveaux stimuli
Plutôt que de vouloir tout le temps briller, le coureur à pied voulant progresser doit accepter de pouvoir s'arrêter. De stopper la machine. Une à deux fois par an, durant une période conséquente. On ne parle pas ici de quelques jours mais bien de deux à trois semaines.
Pourquoi ?
- Pour régénérer le mental et donner l'envie d'aller conquérir d'autres succès.
- Mais aussi, sur le plan physiologique, pour venir casser la routine à laquelle l'organisme s'habitue, lui qui progresse en s'adaptant à de niveaux stimuli qu'un entraînement bien calibré doit lui fournir.
- Sans parler, évidemment, du bienfait d'un arrêt complet sur le risque de blessures sur le long terme en raison d'une sursollicitation.
Quand l'organisme se retrouve face à ce qu'il connaît déjà, il n'est en effet plus en mesure de s'adapter. Face à ce constat, un athlète doit tout simplement apprendre, de temps en temps, à ne plus être un coureur. C'est-à-dire à ne plus enfiler ses chaussures durant une période de 15 jours, voire trois semaines, avant une reprise qu'il faudra placer sous le signe de la progressivité. Cette reprise peut être l'occasion de pratiquer, sans se mettre dans le rouge, d'autres sports. Mais la coupure, en course à pied, doit, elle, être totale.
Reculer (un peu) pour mieux avancer
Passer à l'acte peut néanmoins s'avérer compliqué. Pourquoi arrêter en effet lorsque l'on sait qu'après environ une dizaine de jours, un coureur qui ne pratique plus commence à régresser ?
Car physiologiquement, l'organisme en a besoin pour passer, par la suite, de nouveaux caps. En quelque sorte, il faut accepter de reculer de quelques pas pour mieux avancer par la suite, lorsque le corps sera soumis aux nouvelles sollicitations engendrées par l'entraînement.
Quant à la forme, elle reviendra rapidement après une pause marquée pour un coureur qui a déjà un entraînement régulier dans ses bagages. Et votre envie n'en sera que décuplée.
Gare aux excès
S'arrêter, cela ne veut cependant pas dire faire n'importe quoi. Notamment sur le plan alimentaire et de l'alcool. Si on ne peut vivre de privations tout au long de l'année, il faut éviter les excès à répétition.
Le mot d'ordre est donc la modération face à l'abondance des tentations. Tout en gardant à l'esprit, là aussi, qu'on ne peut avoir son poids de forme toute l'année.
