Vendée Globe : Denis Van Weynbergh est attendu aux Sables d'Olonne le week-end prochain
Cette semaine, le skipper brabançon a passé le cap des 100 jours en course. Patience était le maître-mot des derniers jours avec des conditions chaotiques puis la pétole avant de toucher du vent ce samedi.

- Publié le 22-02-2025 à 18h43
- Mis à jour le 23-02-2025 à 17h46

Il y a une semaine, notre compatriote Denis Van Weynbergh cachait mal une forme de lassitude. "La situation n'était pas facile. Ce fut assez monotone. Je naviguais au près et ça tapait très fort tout en essayant de régler les problèmes électroniques qui engendraient des pertes de connexion. C'était stressant. Je brisais la monotonie du quotidien en échangeant régulièrement quelques mots avec Fabrice Amedeo et ce depuis le passage du Cap Horn. On se soutient dans ces moments où l'on appréhende chaque fois que le bateau retombe sur l'eau. Le passage des Alizés est complètement différent dans le sens sud – nord. Il n'est pas question de surf. Et puis il y avait aussi cette présence désagréable de sargasses qui se coincent dans les hydros. Je dois constamment les remonter pour les nettoyer. C'est pénible. Ces algues viennent de l'Amazonie et sont la résultante de la culture intensive et des pesticides utilisés par certains agriculteurs et industriels. Un phénomène local qui a des répercussions loin de leur emploi d'origine."
Aussi calme et plat que le lac de Genval
Passé ces moments chaotiques, le skipper brabançon a trouvé des conditions diamétralement opposées. Aux claquements ininterrompus de la coque sur chaque vague, ce fut ensuite de longues heures et même journées de pétole ressemblant à la promenade sur le lac de Genval, un dimanche ensoleillé et printanier. C'est sans doute agréable dans le chef d'un quelconque quidam mais cela l'est nettement moins quand on vient de passer la cap des 100 jours en course dans la pleine solitude. "Du gris partout. Un, deux parfois quatre nœuds dans le meilleur des cas. J'essayais de faire avancer le bateau vers le nord mais les gains étaient minimes. Je ne cache que j'aimerais bien passer cette fameuse ligne d'arrivée, être à la maison."
Même si on aime être en mer, 100 jours, c'est long et ce n'est pas fini. Une réalité qu'il accepte, mais qui ne rend pas la situation plus facile. La complexité de cette fin de course tient aussi aux choix stratégiques imposés par la météo. Il n'a pas pu suivre la même route que les autres et se retrouve dans une position inconfortable, comme un joueur d'échecs coincé avec un fou et un pion face à une armée de reines. "Je n'avais pas le même vent. Eux ont réussi à faire plus d'est. Moi, je continue de faire du nord car faire de l'est avec un cap au 100-110°, moralement, ce n'était pas possible." Une option contrainte mais assumée, qui lui semble être la meilleure pour s'extraire de la dorsale et retrouver enfin du vent porteur. "Le gros dossier, c'est de sortir de là puis de l'anticyclone des Açores. On ne désespère pas. Je croise les doigts, le bateau n'est plus au top mais c'est normal après 100 jours de course. Comme on dit en Belgique, 'je fais avec' ou 'on ne sait rien là contre'… In fine, les incertitudes restent nombreuses. "Tout est bien confus. La situation n'est donc pas très confortable. On envisage tout, le meilleur comme le pire, et on se prépare à ça."
Enfin du vent depuis samedi matin
La barre des 100 jours était un cap symbolique et redoutable à franchir, tant physiquement que mentalement. Alors que la majorité de la flotte a déjà rejoint les pontons des Sables d'Olonne, Denis Van Weynbergh, Manu Cousin et Fabrice Amedeo poursuivent leur périple, seuls au milieu de l'immensité, avec pour seule boussole leur détermination. Mais en ce moment, c'est une épreuve de patience qui s'impose à eux. La pétole les avait cloués sur place. Coincés dans une dorsale anticyclonique, ils avançaient à la vitesse d'un courrier administratif en période de grève. Parfois, une risée leur permettait de grappiller quelques milles, avant que le silence du vent ne retombe, les laissant impuissants face aux caprices de la météo. Dans ces instants, le doute guette. Chaque mille gagné semble aussi dérisoire qu'une promo de 5 % sur un produit hors de prix. Après 36 heures de pétole, le skipper belge a retrouvé du vent dans la nuit de vendredi à samedi, lui permettant d'envoyer un petit gennaker pour gagner quelques nœuds. Des conditions qui lui offrent un second souffle et, avec lui, l'espoir d'un retour plus rapide vers les côtes vendéennes après des jours interminables où la patience des trois skippers encore en course a été mise à rude épreuve. Preuve que le skipper belge retrouvait des couleurs et du moral, il a posté sur les réseaux sociaux une vidéo avec le Manneken Pis dans les bras et revêtu du maillot Molteni qu'Eddy Merckx portait en ses plus belles heures de gloire…