Une équipe 100 % belge en Classe Imoca avec le Vendée Globe 2028 dans le viseur
Denis Van Weynbergh, team manager, et Quentin Debois, skipper, veulent porter haut les couleurs de la Belgique sur les tous les océans.

- Publié le 06-06-2026 à 14h03

De retour là où tout a commencé pour Denis Van Weynbergh. Au Brussels Royal Yachting Club, le premier skipper belge à avoir bouclé le Vendée Globe (2024/2025) avait donné rendez-vous aux journalistes pour présenter le projet "Vendée Globe 2028".
À ses côtés, Quentin Debois. Le skipper de 38 ans, originaire de Marchin, ce n'est pas n'importe qui. Pas encore aussi médiatique que le Brabançon, ce n'est ni plus ni moins le marin qui a donné une dimension supplémentaire à la voile belge en établissant le nouveau record du monde de la traversée de l'Atlantique à la voile (d'est en ouest), sur un mini de 6,50 m. Entre Cadix (Espagne) et San Salvador (Bahamas), il a établi la marque historique de 24 jours, 19 heures et 31 minutes, soit un gain de près de 25 % sur le précédent record. Excusez du peu ! Ce n'est pas un mince exploit quand on sait que le Liégeois ne foule les plans d'eau puis les océans que depuis sept ans seulement : "J'avais déjà 31 ans quand j'ai découvert la voile. Le fruit du hasard quand un ami m'a initié aux premiers bords en mer du Nord. Ce fut l'étincelle qui alluma la passion de la voile qui couvait en moi."
Puis les événements s'enchaînèrent. En 2022, cet ingénieur de formation rejoint un centre d'entraînement intensif à la course au large à La Turballe en Loire-Atlantique, dans le but de préparer sa première course transatlantique en solitaire, qu'il a bouclée en 2023. Il achète son premier bateau en 2022. En novembre 2023, il réalise sa première Transatlantique en solitaire, sans assistance ni moyens de communication, en 28 jours. La machine était lancée. Il veut faire de la voile son métier et devient skipper professionnel avec le succès que l'on connaît. Après sa traversée record de l'Atlantique, il atteint son premier objectif et tentera le second, d'Ouest en Est, cet été au départ de New York. Dans la continuité de ces exploits, le Liégeois avait le Vendée Globe 2028 dans le viseur. "L'Everest des mers, c'était la suite logique. J'avais rencontré une première fois Denis sur les pontons des Sables d'Olonne en 2022. On avait discuté, sympathisé. On s'est revu plusieurs fois avant de lancer le projet Vendée Globe 2028 et avons fixé deux grands objectifs. Le premier, c'est d'ancrer la voile belge sur le Vendée Globe et le second, c'est de terminer le tour du monde en moins de 100 jours. Pour ma part, porter haut les couleurs de la Belgique, c'est extrêmement important," explique Quentin Debois.

Un budget de 3,5 à 4 millions d'euros
"Si on peut tabler sur un skipper belge tous les quatre ans au départ du Vendée Globe, c'est un bon héritage pour les futures générations, enchaîne Denis van Weynbergh. Le passage de témoin entre mon rôle de skipper et dorénavant celui de team manager s'est réalisé progressivement. Je voulais changer de casquette. Je rejoins l'équipe performante de Quentin. C'est un nouveau défi excitant. Quentin pourra s'occuper à temps plein de la gestion sportive du projet pendant que je gérerai toute la partie logistique inhérente au rôle de manager. Néanmoins, sur la longue route simplifiée des qualifications du Vendée Globe, j'accompagnerai Quentin lors des courses en double puis il enchaînera avec les défis en solitaire pour être au départ à l'arrivée du prochain tour du monde."
Le budget de l'équipe belge devrait osciller entre 3,5 et 4 millions d'euros. La quête des sponsors débute maintenant. L'équipe se basera sur celle que Quentin Debois a constituée pour ses tentatives de record du monde et sera élargie par trois préparateurs techniques. "Quant au bateau, relaye Quentin Debois, cela pourrait être avec le bateau de Denis, cela pourrait être avec un autre Imoca à dérive droite. On va analyser toutes les options dans les mois qui viennent…"
"Nous avons tous les deux changé radicalement de carrière pour devenir skipper de course au large, conclut Denis Van Weynbergh. Nous avons pris des risques. Notre parcours et notre vision entrepreneuriale nous rapprochent. Nous aimons les défis et notre premier grand challenge sera de convaincre des partenaires de nous soutenir dans cette incroyable aventure."