Meilleur buteur actuel de la D3A ACFF, Tyron Crame est le nouveau puncheur de Toni Buscemi
L'ancien manager de Ballone conseille et guide le buteur du Rapid Symphorinois.
- Publié le 23-11-2022 à 16h13
- Mis à jour le 23-11-2022 à 18h13

C'est à Bois-du-Luc, là où aller au charbon fut longtemps le quotidien de ses résidents, que la belle histoire d'amitié entre Toni (55 ans) et Tyron (20 ans) a commencé.
"En tant que proche voisin, je connaissais toute la famille de Tyron qui, tout petit, passait le plus clair de son temps à jouer au football dans le quartier", se remémore le quinquagénaire.
Toni Buscemi a ainsi pris plaisir à suivre pas à pas le parcours pour le moins atypique (doux euphémisme) de son poulain. Un parcours juvénile jalonné de brefs épisodes comme ce premier passage à la RAAL à l'âge de 5-6 ans. S'ensuit ainsi un premier arrêt, avant une fugace parenthèse sans lendemain au Rœulx. Tyron a alors 11 ans.
L'étape suivante se déroule en salle, à Bracquegnies, chez les Jeunes d'Argentinos mais ce n'est là aussi qu'une amourette encore truffée de buts à profusion. Tyron goûte alors à d'autres disciplines : le tennis de table, l'escrime, le judo et la course à pied.
Retiré du monde de la boxe et des rings, Toni a alors plus de temps libre pour s'occuper de Tyron dont il devient le chauffeur attentionné. Il raconte : "Je l'ai emmené passer un test à la nouvelle RAAL qui l'affilie immédiatement." Et son compteur-buts s'emballe de plus belle, en U16, en U17 : "Il m'arrivait d'enchaîner deux matchs dans la même après-midi", révèle Tyron, parfaitement drivé par Benoît Paulet, son coach dont il garde le meilleur souvenir : "Il m'avait repositionné en n° 9 alors que j'étais plutôt flanc gauche au départ." Toni embraye : "Cet entraîneur était top, il avait su cerner le potentiel de Tyron."
Cheminement logique, Tyron est convié à participer aux entraînements de l'équipe fanion mais il lui est seulement permis de s'éclater et de claquer des buts avec la réserve comme lors de son maiden-match contre Namur. Toni reprend la parole : "Malgré les compliments de Salvatore Curaba et les éloges de Frédéric Taquin, épaté par ses capacités physiques, Tyron n'a jamais réellement reçu sa chance. Il n'y avait pas de place pour lui. La RAAL avait pourtant une avance substantielle au classement pour qu'il puisse montrer ce dont il était capable mais non, il y avait toujours une excuse, un motif, pour ne pas l'intégrer dans le groupe, du moins sur le banc, et même face au dernier classé."
Lors du dernier mercato de janvier, Tyron, en cruel manque de temps de jeu et le moral dans les chaussettes, ne s'exilera pas bien loin, à l'URLC. "Ce n'était pas la meilleure solution", concède Toni, au passage reconnaissant à Oronzo Pupillo de lui avoir ouvert la porte. Mais Tyron ne sera pas davantage pris en considération car, entre-temps, d'autres décideurs sont venus d'ailleurs : "Nous nous retrouvions souvent une douzaine à l'entraînement alors que ceux que l'on ne voyait pas en semaine étaient pourtant alignés le week-end !"
Après la déprime succède donc le dégoût chez Tyron Crame qui, une fois de plus, préfère rester à la maison.
Heureusement, Toni Buscemi est toujours bien présent pour le réconforter et il se garde d'ailleurs bien de jeter l'éponge : "Après une telle saison pourrie, j'ai alors rencontré Jacques Urbain, l'éminence grise du Rapid Symphorinois, qui m'avait contacté. Gentleman et connaisseur, il a d'emblée été sensible aux qualités et à la mentalité de Tyron. Il nous a fait confiance et je pense pouvoir dire que c'est reculer pour mieux rebondir."
Rencontres amicales comprises, Tyron en est déjà à plus de vingt buts (dont douze en championnat) et il a du coup retrouvé le sourire. Jouer le haut du pavé tout en secouant les filets, Tyron Crame renaît à la veille d'un derby s'annonçant trépidant à souhait : "Nous ne lâcherons rien. On ne peut pas perdre ce match. Nous nous sommes concertés dans le vestiaire et tous sont résolus à jouer le coup à fond. Bien sûr, d'autres formations que la nôtre sont sans doute mieux nanties mais qu'elles sachent que Saint-Symphorien se battra jusqu'au bout."
Et quand on demande à Tyron ce qu'il doit encore travailler pour être plus performant, la réponse tient en un mot : "Tout !"
Samedi soir, le clan Crame rejoindra le Tondreau en rangs serrés. Sa maman, Corinne, sa copine, Zoé, ses frangins, Bryan, Jordan, Peter et Christopher, et évidemment Toni à qui nous avons laissé le mot de la fin : "Pour le côtoyer depuis tant d'années, je peux affirmer que Tyron a acquis un mental de boxeur. Je prends plaisir à le travailler psychologiquement", lui qui, il n'y a guère, a fait abondamment transpirer son protégé sur les pentes du terril jouxtant le Domaine de la Louve. Une série de pompages en prime !