Didier Quain souffle ses 60 bougies: retour sur une brillante carrière
Ancien milieu de terrain, il a marqué l'histoire du Royal Football Club Liégeois. Aujourd'hui, il a 60 ans et est toujours actif dans le monde du ballon rond.

- Publié le 15-12-2020 à 18h01
- Mis à jour le 15-12-2020 à 19h34

Didier Quain est né un 15 décembre. C'était en 1960, du côté de Tournai. Petit calcul rapide, il fête ce mardi ses 60 ans. Une carrière bien remplie au milieu du terrain, sur le petit banc et dans les tribunes, avec des choix qu'il ne semble pas regretter. Retour sur le riche parcours de 16 ans de carrière d'un joueur sympathique… en dehors des terrains.
Didier, le joueur
Les débuts
C'est à l'Union Tournaisienne, club de sa ville natale, que tout a commencé pour Didier Quain. A l'âge de 10 ans, il y a effectué ses premiers pas. "A l'époque, on ne pouvait pas disputer de matchs avant 11 ans. J'y ai rencontré de braves personnes." Avec un seul objectif : grandir. "Il fallait être un peu meilleur que les autres, se distinguer, pour être repéré par d'autres clubs plus importants", explique le jeune soixantenaire.
Et c'est en effet ce qui est arrivé puisque, à 19 ans, il est parti à Courtrai. "Ils étaient venus voir un autre joueur, Claude Carbonnelle, et j'ai eu le bonheur de pouvoir me montrer lors d'un match. Courtrai s'était renseigné pour savoir qui était 'le jeune'. J'ai alors pu y signer un contrat et rejoindre directement l'équipe première, sous Henk Houwaart."
Ce passage à Courtrai fut une véritable réussite. "J'ai été titulaire 34 matchs sur 34 matchs la première année. J'ai ensuite reçu le mérite sportif de la ville de Courtrai. C'était une fierté et une surprise car il y avait des athlètes de haut niveau à ce moment-là."
Didier semblait prendre son pied en Flandre-Occidentale. Il y est resté jusqu'en 1985. "Après un an ou deux, on connaissait mes capacités et plusieurs clubs s'intéressaient à moi. Après trois ans, j'aurais pu aller à Bruges mais le montant demandé par Courtrai était trop élevé. J'ai alors décidé de renouveler mon contrat mais en fixant un prix de vente maximum."
L'heure du choix cornélien
A la fin de ce parcours, Didier Quain suscitait toujours l'intérêt de beaucoup de clubs. Et le choix n'a pas été simple. "Bruges, le Standard et le Football Club Liégeois me voulaient."
C'est finalement ce dernier qui a attiré toute l'attention du joueur. "J'aurais pu aller à Bruges qui est aussi un grand club mais en tant que Wallon, je voulais aller dans un club réputé du sud du pays. Le discours de Robert Waseige m'a convaincu. Le club était ambitieux et, je ne le cache pas, avait des moyens financiers. Je ne regretterai jamais ce choix car le club commençait à se faire connaitre et tout ce que Robert Waseige m'avait dit a été accompli."
Une belle aventure en rouge et bleu
La Coupe de Belgique, l'Europe… Celui qui avait le redoutable honneur de porter le numéro 8 attribué jadis à Edhem Sljivo a vécu de fantastiques moments au stade Vélodrome mais aussi au Heysel ou encore sur la scène européenne. Avec Liège, il a été vice-champion de Belgique en 1986, finaliste de la Coupe de Belgique l'année suivante et vainqueur de celle-ci l'année de ses 30 ans, en éliminant le Germinal Ekeren en finale. "Je ne l'oublierai pas. De la sortie d'autoroute au stade, on n'avançait plus. Il y avait un monde fou. Un de mes plus beaux souvenirs. Bien sûr, il y a aussi les quelques épisodes européens. En revenant de Benfica à Bierset, il y avait des supporters à n'en plus finir."
Aujourd'hui encore, il garde des relations amicales avec ses partenaires de l'époque. "J'ai encore des contacts avec les anciens comme Ernes, Milosevic, Giusto, etc. mais aussi les entraîneurs, comme Eric Gerets."

La fin à Seraing
En 1993, Didier Quain a longé la Meuse pour se retrouver à Seraing, où il est resté jusqu'en 1995. "Tout se passait bien à Seraing, avec des gens charmants, et j'aurais pu prolonger jusqu'au moment de l'absorption par le Standard. A 35 ans, je voyais mal le Standard me faire une proposition (rires)."
Une fin en rouge et noir qui rimait avec celle de sa carrière professionnelle.

Didier le coach
Chez les Oies
La reconversion a été rapide pour Didier Quain puisqu'il n'est pas resté longtemps à la maison le dimanche. "J'avais eu mon diplôme UEFA A deux ans plus tôt. Visé et son président très ambitieux (Guy Thiry) m'avaient fait une proposition pour y aller en tant que joueur-entraîneur. Ca ne s'est pas vraiment bien passé. C'est un autre monde, pas facile. J'ai été remercié en mars car il y avait péril en la demeure", se souvient-il.
Il avoue que c'est à Seraing qu'il se voyait commencer sa carrière de coach. "Après avoir encore joué quelque temps, j'aurais pu intégrer le staff technique petit à petit mais ça n'a pas été possible."
A Hannut, balle au pied
La suite s'est déroulée du côté du RFC Hannutois. "On m'a proposé de rejouer quelques mois plus tard. J'ai dit oui, à condition que je ne me mette pas dans une galère. Je suis tombé sur de braves gars pendant un an et demi."
Il a ensuite pris place sur le petit banc. "On m'a recontacté et comme tout s'était bien passé, j'ai accepté. Je suis resté trois ans."

Les Rouge et Bleu jamais très loin
En 2005, l'ancien milieu de terrain est retourné au FC Liège en tant que coach. Mais l'aventure fut de courte durée. "Je suis tombé à une époque où il y avait deux comités. C'était la galère, ils se battaient entre eux. Il n'y avait pas de terrain d'entraînement en plein hiver, on devait aller courir dans les parcs, etc. J'avais remis ma démission en mars."
Robert Waseige
Ses beaux moments à Rocourt, c'est sous les ordres du Mage de Rocourt qu'il les a connus puisque ce dernier a quitté le Vélodrome une saison avant Quain.
Sa disparition il y a un peu plus d'un an a été un moment de tristesse pour le joueur. "On a perdu un grand bonhomme, un psychologue. Je dirais que c'était un papa. Il pouvait s'énerver comme un père mais aussi être papa poule quand un joueur se faisait matraquer par un journaliste ou autre. Il était un peu susceptible aussi. J'étais en contact régulièrement avec lui, on se voyait chaque année, et on pouvait discuter de football durant des heures. Même à 60 ans, on ne peut pas oublier ces bons souvenirs."
Les Diables Rouges
Si Didier a bien un regret dans sa belle carrière, c'est au niveau de l'équipe nationale. Il n'a connu qu'une sélection avec les Diables. C'était en amical face aux Pays-Bas. "Je n'avais pas joué. On m'avait dit que je serais rappelé mais j'ai été blessé au genou alors j'ai été écarté quelques mois des terrains. On ne m'a plus jamais recontacté. Je suis revenu pour le match de Coupe d'Europe à Brême, j'ai donc pu connaitre les bons moments."
L'Union belge
Aujourd'hui, Didier Quain travaille pour la fédération. "Je m'occupe du scouting pour l'équipe nationale U17. Je vais voir des joueurs qui seraient potentiellement capables de rejoindre l'équipe."
5 questions rapides à Didier Quain
Qui est votre meilleur ami dans le monde du football aujourd'hui ?
"Cvijan Milosevic."
Le meilleur joueur que vous connaissez ?
"Eric Gerets."
Que pensez-vous du Football Club Liégeois aujourd'hui ?
"Tout se passe bien. Les personnes à la tête du club semblent raisonnables. Il faudrait peut-être un bon sponsor avec beaucoup de moyens et un beau stade pour viser plus haut."
Un retour un jour au FC Liège ?
"Si une demande venait de ce club, j'accepterais certainement de me mettre à table pour discuter mais il faudrait voir de quel boulot il s'agit."
Que peut-on vous souhaiter pour les 60 prochaines années ?
"Rester le plus longtemps possible en bonne santé et partir un jour vivre sous le soleil du Maroc, dans la maison que j'ai achetée il y a quelques années."
