Florian Rorive, 24 ans et cheville-ouvrière du RFC Huy: "Sans la crise, on aurait annulé toutes nos dettes"
Florian Rorive est l'une des principales chevilles ouvrières du RFC Huy. Rencontre avec ce boulimique de travail de 24 ans.
- Publié le 14-01-2021 à 17h30
- Mis à jour le 14-01-2021 à 17h31

À 24 ans, Florian Rorive, hutois pure souche, a déjà occupé de nombreuses fonctions au sein du RFC Huy.
Florian, à quand remonte votre amour pour le foot à Huy ?
"Mon premier sport avait été la natation. Puis, comme mon papa, Alain, entraînait au club, j'y ai presté en minime et en cadet. Mais j'étais un très mauvais joueur (sic) !"
Vous vous êtes donc tourné vers une autre discipline ?
"Non, l'entraîneur de ma catégorie m'a proposé de devenir son adjoint. Cette tâche m'intéressait : je le suis devenu à 14 ans et le suis resté jusqu'à mes 20 ans, alors avec la P4."
Sans vous arrêter à cela…
"En effet, je suis entré au conseil d'administration de Huy à 18 ans, à la demande de Christian Mathot et de Jean-François Ronveaux. Ils m'ont donné des responsabilités et je suis même devenu 2e vice-président."
Aujourd'hui, quelle fonction occupez-vous exactement ?
"Je suis vice-président et président faisant fonction. Depuis mai 2020, c'est un peu un no man's land mais cela devrait se régulariser prochainement avec Christophe Coulée. À 95 %, il sera notre président la saison prochaine."
On a l'impression que vous êtes un peu seul à bord de l'embarcation hutoise non ?
"Non. Luc Maréchal, sa fille Laura et Georges Catry m'entourent et l'on peut compter sur un comité des jeunes dynamique. De plus, des gens s'investissent, à l'image de Manu Gorrissen, notre directeur sportif."
On ne peut éviter le volet financier. Votre budget (25.000€) était infime. La crise sanitaire aggrave-t-elle la situation de Huy ?
"L'été dernier, on n'a pas voulu d'une faillite. Dès lors, réduire les budgets et les coûts était la seule solution. On a abandonné le stade de la Croix-Rouge, diminuer les budgets des deux équipes premières et congestionné celui des jeunes. À l'inverse, on a organisé une brocante et une journée sportive tandis que de petits sponsors et un soutien de la ville, condition sine qua non pour poursuivre, sont venues nous aider. Sans la Covid, on aurait annulé toutes nos dettes cette saison. Là, on les a déjà très bien réduites. Pour Huy, la reprise à l'été 2021 sera meilleure qu'à l'été 2020."
Vous comptiez sur certaines manifestations annulées (Rallye du Condroz) ou déplacées (la Flèche Wallonne) comme rentrées…
"C'est vrai. À terme, on veut que nos manifestations puissent payer tous nos coûts annuels. Voire même nous permettre de mettre de côté en cas de tuile…"
Et ainsi briser l'image trop souvent négative de Huy à l'extérieur du club ?
"On ne veut plus être pointé comme une équipe devant de l'argent et l'on aimerait retrouver l'ambiance de l'époque Alain Dheur. Et pourquoi pas, même suite à un passage en provinciale, comme Wanze/Bas-Oha ? Je voudrais voir Huy redevenir un club phare de la région hutoise et intégrer le top 10 des clubs les plus huppés de la province. Cela passera par les jeunes."
On a dit tout et son contraire sur le passage de José Lardot. Quelle est votre position ?
"Huy n'avait jamais eu de mécène avant lui. Mais laissons à José Lardot le fait qu'on est resté la tête hors de l'eau grâce à lui et que l'on ne serait peut-être plus là aujourd'hui ! Il a servi de claque au club et a permis à certains de se remettre en mouvement…"
Politique, CHRH et professeur d'histoire
Le ballon rond n'est pas la seule sphère d'activité de Florian Rorive. La politique et l'histoire sont des domaines qu'il affectionne.
"La politique m'a toujours intéressé, avec notamment une tante active au parti socialiste et un papa délégué syndical. En 2018, j'effectuais ma dernière année d'études en histoire à Louvain quand on m'a proposé de m'inscrire sur les listes du parti socialiste. J'ai fait 396 voix, un score exceptionnel auquel je ne m'attendais pas."
Conseiller communal puis chef de groupe, le Hutois est aujourd'hui président de l'hôpital de la cité mosane (CHRH). "M'offrir la responsabilité d'un tel mastodonte (1200 emplois et 118 millions de budget) est une réelle marque de confiance. Le monde de la politique me plaît pour le moment, mais je n'ai pas d'ambitions personnelles démesurées. Viendra ce qui viendra…"
Si on peut donc appeler Florian Rorive Monsieur le Président, on peut également l'appeler Monsieur le Professeur. "Après mes études d'histoire, j'ai suivi un master en histoire des idéologies et théologie à Louvain. Cela me permet, depuis le mois de septembre 2020, d'enseigner à l'Institut Sainte-Marie à Huy."
Pour ce boulimique de travail, 2020 n'a pas du tout été une année à l'arrêt ! "Je ne suis pas hyperactif, mais quand une activité s'arrête, j'en profite pour en faire une autre. Je ne supporte pas rester chez moi à ne rien faire !"