La vie sans les Red Wolves pour Nathan Bolaers
International pendant 11 ans, Nathan Bolaers a pris sa retraite internationale. À 31 ans.

- Publié le 16-03-2022 à 13h42
- Mis à jour le 16-03-2022 à 12h58

Ce mercredi, l'équipe nationale de handball disputait un match très important, même historique, dans la quête d'une qualification pour le Mondial 2023, une situation que les Red Wolves n'avaient encore jamais connue.
Mais dans le groupe présent en Slovaquie, nulle trace de Nathan Bolaers. Il ne sera d'ailleurs pas sur le terrain non plus à Hasselt pour le match retour. Le pivot était pourtant bien là en janvier lors des matchs précédents des qualifications. Mais depuis, il est passé du statut d'indispensable à la sélection à retraité. En tout cas avec la sélection nationale.
Un choix privé
À 31 ans, il entend bien continuer à évoluer au plus haut niveau en Belgique avec le nouveau club limbourgeois, issu de la fusion entre Tongres et Hasselt, Hubo Handball.
"En fait, avec l'équipe nationale, ça commençait à faire beaucoup avec la vie de famille et le boulot", commence le petit frère de Thomas, lui aussi handballeur à Tongres et ancien international. "Parfois, lors des derniers stages, je me demandais si c'était encore ma place. La période du Covid, qui a suivi mon retour en Belgique après deux saisons en France, a aussi beaucoup joué. Pendant cette période, on a découvert d'autres joies à côté du handball. En plus, je suis devenu papa. Et puis, avec le boulot, il devenait de plus en plus compliqué de prendre congé. Je n'avais pas envie d'imposer ce choix au coach alors j'ai pris la décision. Je crois que c'était le bon moment."
À 31 ans, celui qui est devenu cuisinier il y a quelque temps, après avoir été prof de sport, a donc mis fin à onze années sous les Red Wolves, avec qui il a connu l'évolution de ces dernières saisons et cette participation au dernier tour qualificatif avant le Mondial, ce que la Belgique n'avait jamais connu.
"Je ne regrette pas d'avoir arrêté avant cette double confrontation. Faire un choix, c'est de toute façon renoncer", affirme le papa de Basile (18 mois). J'aurai peut-être pu aussi avoir des regrets si j'avais continué. J'ai réfléchi à ce timing avec ce barrage contre la Slovaquie mais j'ai aussi repensé à toutes ces raisons qui m'ont poussé à faire un pas de côté. La balance penchait plus au fur et à mesure vers les contraintes. Pourtant, ça a toujours été un honneur de porter ce maillot. J'ai toujours été très heureux de disputer les matches. Mais les déplacements, les entraînements… ça devenait un peu trop contraignant. La chance que j'ai eue, c'est d'avoir pu moi-même choisir mon moment. Ce ne sont pas les blessures qui en ont décidé par exemple."
Des débuts contre la Norvège
Voilà un joueur d'expérience de moins pour le coach Yérime Sylla mais pour Nathan Bolaers, la période Red Wolf ne sera pas rangée aux oubliettes. Que du contraire.
"Quand je suis arrivé en 2011, on était en pleine transition avec un changement d'entraîneur. C'est Michel Kranzen (NdlR : toujours présent dans le staff) qui nous avait temporairement repris en mains. On a effectué un stage en Pologne avec la Norvège B et la Turquie. C'était fou de jouer contre les Norvégiens que je regardais depuis mon siège d'habitude. J'avais des étoiles plein les yeux, c'était vraiment cool comme expérience. Et puis, le match contre la France en 2016, quel souvenir incroyable avec cette ambiance de folie. On avait joué comme jamais auparavant", s'enthousiasme celui qui a débuté le handball à 6 ans à Herstal avant de filer à Beyne, d'enchaîner Tongres, Limoges et Tongres. "J'ai aussi connu des moments plus émotionnels, un peu plus tristes mais qui restent gravés. Quand ma grand-mère est décédée, l'équipe et les supporters à Courtrai avaient respecté un hommage et Thomas Cauwenberghs m'avait prêté sa voiture pour aller à l'enterrement. C'est un moment qui m'a marqué parce que tu te rends compte que tu es vraiment dans un collectif et que tu n'es pas seulement un individu. Émotionnellement, j'ai reçu beaucoup de soutiens."
Jeune papa et comblé tant dans sa vie privée que professionnelle, Nathan Bolaers sera bien là samedi, en tribunes, pour encourager ses ex-équipiers. Il reprendra ensuite le chemin de Tongres où des objectifs sont fixés. "On va jouer une finale de Coupe, ce qui n'était plus arrivé depuis six ans", signale celui qui fut deux fois champion de Belgique avec les Eburons avec qui il avait déjà gagné une Coupe.
À 31 ans et avec une vie à côté des parquets épanouissante, il ne pense plus du tout à devenir professionnel comme il le fut pendant deux saisons à Limoges.
"Je partais pour 2-3 saisons mais après deux ans, je savais que je ne serai pas prolongé. J'ai préféré rentrer en Belgique. Mais là-bas, ma passion était devenue mon métier. J'ai été chanceux. D'un point de vue physique, j'ai vu l'évolution avec la cadence d'entraînement plus élevée. Mais j'ai besoin d'avoir mes proches à proximité. C'était une belle expérience grâce à laquelle j'ai progressé."