Julien Watrin, médaillé de bronze avec les Tornados: "J'ai encore quelques déficits techniques par rapport à d'autres"
À Eugene, Julien Watrin s'alignait aussi sur une épreuve individuelle pour la première fois.
- Publié le 27-07-2022 à 06h57
- Mis à jour le 27-07-2022 à 08h08

Julien Watrin est rentré ce mardi d'Eugene (Oregon) où il a pris part aux championnats du monde d'athlétisme. Avant de poser les pieds sur le sol belge, c'est lundi soir, depuis l'aéroport de Portland et dans l'attente d'un premier vol vers Chicago, que l'athlète gaumais (30 ans) nous a livré ses impressions sur son quatrième Mondial en plein air. Où, pour la première fois, il s'alignait sur une épreuve individuelle.
Julien, avec la médaille de bronze en 4 x 400 m et une demi-finale sur 400 haies, on imagine que vous rentrez pleinement satisfait ?
"Oui, je suis super-content. Sur 400 haies, on s'était dit qu'un top 16 serait génial et je prends la 14e place. En relais, on a tous très bien couru, signant de très bons chronos dans un stade assez exposé au vent. On peut toujours chicaner et affirmer que nous ne sommes pas passés loin de la 2e place, mais c'est un très bon Jamaïcain qui finit devant Kevin."
Sur les haies, il ne vous a pas manqué grand-chose pour atteindre la finale…
"Oui, c'était possible. Disons que je suis un tout petit déçu pour cette raison. Mais si j'ai accroché les deux dernières haies, ce n'est pas à cause d'un manque de lucidité. J'ai pris une rafale de vent et j'ai dû gérer une situation à laquelle je n'étais pas vraiment habitué. Et j'ai dès lors manqué un peu d'énergie en sortie de 2e virage. Mais on apprend beaucoup de ce genre de course. J'ai ainsi constaté que j'ai encore quelques déficits techniques par rapport à d'autres concurrents. D'un autre côté, j'ai su aborder mes huit premières haies à une vitesse plus élevée que lors de mes courses précédentes ; c'est encourageant. Si tout se met en place pour la suite, si je parviens à gommer ces petites lacunes, je peux me montrer optimiste. Maintenant, je ne sais pas si j'aurai déjà franchi ce cap au moment d'aborder l'Euro de Munich (NdlR : du 15 au 21 août prochains)."
Sur 400 haies, vous étiez le 5e Européen à Eugene. Et la première nation européenne au relais. On imagine que vous rejoindrez la capitale bavaroise avec des objectifs élevés ?
"Effectivement, on se doit de viser l'or au relais, mais rien ne sera simple pour autant. Je me méfie des Anglais. Ils n'étaient pas qualifiés pour les Mondiaux car ils n'ont pas atteint la finale à Tokyo l'an passé ni couru cette année, mais ils disposent désormais de deux pointures dans leur équipe."
Et sur le 400 haies ?
"J'ai le podium dans un coin de ma tête, mais il y a tout de même trois athlètes au-dessus de la mêlée. Warholm bien sûr (NDLR : le recordman du monde), mais aussi le Français Wilfried Happio (4e à Eugene) et l'Estonien Rasmus Mägi qui est dans la forme de sa vie. Pour décrocher une médaille, il me faudra sans doute compter sur une erreur d'un de ces trois-là ou alors péter mon record. Et c'est un peu l'idée…"
En parlant de record. Vous espériez améliorer votre récent record national ?
"Ce n'était pas un objectif à proprement parler, mais plutôt un passage obligé pour réussir un tout grand résultat. J'imagine que j'aurais pu l'améliorer si j'avais atteint la finale. Le Jamaïcain qui m'a devancé en demi a couru presque une seconde plus vite en finale. Mais je ne suis pas du tout déçu de mes chronos. Le record, je sais que je l'ai dans les jambes."
Considérant vos résultats et les petites lacunes qu'il vous reste à combler, vous ne regrettez pas d'avoir débuté si tard sur les haies ?
"Non. Ce n'est pas si simple. Si j'éclate cette année, c'est aussi parce qu'on a trouvé l'organisation qui me convient le mieux (NdlR : avec notamment un entraîneur spécifique pour les haies, Bernard Leroy). En 2019, on s'y est mal pris. Commencer plus tôt, cela aurait peut-être été du gâchis.
Au-delà de ces championnats, on peut se réjouir aussi de votre constance depuis la blessure encourue en mai dernier.
"Effectivement et cela me donne de la confiance supplémentaire. À cet effet, les résultats sur le relais me font du bien aussi ; ils confirment que je garde de la vitesse."
Cette sérénité est notamment apparue de manière éclatante en demi-finale du 4 x 400 où vos équipiers et vous avez véritablement laissé l'impression de gérer les événements avec une grande aisance.
"Mais ce n'était qu'une impression. Car, personnellement, lorsque je suis en chambre d'appel, j'ai toujours ce sentiment que rien n'est acquis, qu'il peut toujours y avoir un pépin. Le relâchement, le contrôle ne surviennent qu'en pleine course."
Et le sport luxembourgeois ? Avec Loyola récent médaillé mondial, De Lie qui enchaîne les victoires, vous ou les Diables rouges Meunier et Castagne, il gagne de plus en plus de crédit, non ?
"C'est sans doute vrai, mais j'avoue que je ne suis pas le mieux placé pour répondre car je ne suis pas tout ça de près. Mais ça fait plaisir en tout cas. Et je promets de m'y intéresser davantage."