Avec Charlie Methven et Peter Gould comme nouveaux investisseurs, le RAEC Mons "veut prendre son envol"
Le club montois, en D1 ACFF, passe aux mains d'Anglais qui ont déjà gravité dans le foot de haut niveau à Chelsea, Charlton et Sunderland.

- Publié le 04-08-2025 à 19h59

Le 1er août, le RAEC Mons a opéré un virage important. L'annonce d'arrivée d'investisseurs anglais dans le capital du club de D1 ACFF vient mettre fin à des semaines de recherches pour l'état-major montois. "Nous avons fait appel à PWC pour nous dresser une liste de candidats avec des critères bien précis", explique Hubert Ewbank, le président du RAEC Mons, qui a lancé la Renaissance en 2020 avec Frédéric Herpoel quelques semaines après l'échec de la fusion de Quévy-Mons avec les Francs Borains.
Le président du club boussutois, Georges-Louis Bouchez, avait d'ailleurs rappelé il y a quelques mois l'intérêt pour les deux clubs de se rapprocher vu le contexte économique de la région. Mais, finalement, les Dragons préfèrent voir plus loin pour aller plus haut, eux qui ont loupé la monter en Challenger Pro League.

Qui sont-ils ?
Charlie Methven et Peter Gould, accompagné de son épouse Amanda dans cette histoire, intègrent donc le capital et en détiennent désormais 65 %. C'est via la Mount Pleasant Academy que Peter a créée en Jamaïque que le duo a débarqué. "On cherchait un club en Europe, explique Charlie, le nouveau CEO montois. On a eu plusieurs cibles en Belgique mais Mons s'est imposée d'elle-même. C'est une grande opportunité. La ville, le club, les universités… il y a un énorme potentiel. On a visité ces deux derniers mois pour découvrir mais aussi pour comprendre la structure. On vient avec humilité et l'envie de réussir. L'objectif est clairement la Pro League."

Methven, qui maîtrise le français, apporte toute son expérience qu'il a acquise à Sunderland, on l'a d'ailleurs vu dans la célèbre série Netflix, et à Charlton. Avec Gould, ils affirment mixer deux projets : le foot et la passion. Peter Gould est un habitué de Stamford Bridge pour avoir été un proche d'Abramovich. On dit d'ailleurs qu'il a toujours les meilleures places du stade. Mais sa passion à lui ces dernières années, c'est la Mount Pleasant Academy en Jamaïque. Cet ancien homme d'affaires qui a réussi dans l'immobilier n'y a pas développé que les infrastructures de foot. Il a fait construire des maisons pour y faire évoluer les gamins et combiner le foot et l'éducation. "Il le fait avant tout par passion, nous dit-on. C'est un mécène."

Était-ce indispensable ?
Aux manettes du RAEC Mons jusqu'à cette passation, Bernard Courcelles (homme d'affaires ayant notamment plusieurs Delhaize) et Hubert Ewbank (propriétaire du vignoble du Chant d'Eole à Quévy) semblaient à bout de souffle et à court d'idée pour faire évoluer le club pour atteindre l'objectif qu'ils ont promis : le retour dans le monde pro.

"À un moment, il fallait juste reconnaître nos limites, explique Ewbank qui devient président d'honneur. On aurait pu faire monter le club en D1B mais il fallait le faire passer dans une autre dimension. On ne cherchait pas que de l'argent mais aussi des compétences, des connaissances, des réseaux, des contacts pour permettre au club de prendre son envol. Methven, c'est un King dans ce domaine ! Ce sont des professionnels dans la gestion de clubs."
Ce nouvel élan semblait indispensable. "L'idée est de mettre en place quelque chose de durable et de très solide", ajoute Bernard Courcelles, le directeur général qui devient président. La nouvelle direction a d'ailleurs annoncé lancer un sondage pour découvrir les attentes des supporters.

Perte de l'identité belge ?
Lors de la présentation, Peter Gould l'a annoncé : des jeunes Jamaïcains vont débarquer, dès janvier, après tous les matchs de sélections. "On s'est assuré que le RAEC Mons ne devienne pas non plus la prochaine équipe nationale de Jamaïque", ont rassuré les dirigeants montois. "Surtout, nous restons dans le CA et moi, je serai toujours sponsor important, a répondu Hubert Ewbank. Il serait toutefois idiot de ne pas profiter de ces joueurs s'ils peuvent apporter quelque chose à notre équipe. Cela ne coûtera rien au fond."

La Dragon's Academy que le club a redynamisée reste toujours l'une des priorités. "Il faut respecter le travail qui y est fait aussi, réagit Methven. Que ce soit à Mons ou dans les Caraïbes, on veut pouvoir donner des opportunités. On veut aussi que chaque entité, que ce soit ici à Mons ou en Jamaïque, garde sa propre identité."