Bernard Annet, président de l'UR Namur avant le derby contre Rochefort: "Tout est lié aux infrastructures"
Le président de l'UR Namur, Bernard Annet, se livre rarement. Il évoque pour nous le futur du club avant le derby de dimanche. Namur - Rochefort : Dimanche, 14 h 30
- Publié le 22-11-2024 à 18h06

La seconde saison de l'Union Namur en D1 est plus compliquée, l'équipe est moins forte ou le contexte plus difficile ?
On voulait être proche ou dans le top 6 à ce moment de la saison mais on garde l'espoir d'y arriver. D'ici la trêve, les 4 prochaines rencontres (dont 3 à domicile) seront décisives et à notre portée. Avec un 9 ou 10 sur 12, tout reste possible. On joue de mieux en mieux depuis le changement de staff. À Mons, on a fait une excellente partie. J'ai rarement été aussi frustré après un match, leurs individualités ont fait la différence. Et à l'Olympic, le score ne reflète pas du tout la rencontre, dixit les Carolos eux-mêmes. Mais en foot, on ne retient que les scores et les points. Comme contre Tournai où là nous n'avons pas bien joué mais en tenant le zéro derrière et sur un exploit individuel, on empoche les 3 points.
Lors de son départ, Cédric Fauré n'a pas épargné le club, pourquoi cela s'est-il mal passé ?
À l'entre-saison, j'avais déjà pensé ne pas le reconduire, car on avait terminé 15e sur 18 avec la plus mauvaise défense. J'ai donné les moyens au mercato pour transférer plus "ciblé" et je croyais qu'avec une préparation de grande qualité comme on l'a fait, on serait dans la colonne de gauche sans problème. Le match d'entrée à Stockay qui avait fait une équipe "sur le tard" et où on prend 5 buts m'avait déjà fortement interpellé. Après 6 matchs, avant-dernier avec un bilan de 4 points sur 18, 17 buts encaissés et une humiliation à domicile contre Mons (0-5), on ne pouvait plus espérer une amélioration du fond de jeu avec Fauré qui ne trouvait plus de solutions. On s'est réuni à 9 le lundi soir (dont 5 cadres) et l'avis était unanime sur le fait que le coach était "en fin de cycle". C'était de ma responsabilité dans l'intérêt du club, comme à l'époque avec Zoran Bojovic et Olivier Defresne. Cédric Fauré pensait qu'il était devenu intouchable. Son orgueil en a pris un coup et il s'est répandu dans la presse. Moi, j'ai passé l'âge de ça et il s'est tiré une balle dans le pied. Les autres clubs ne sont pas fous, on ne fait pas rentrer un loup dans une bergerie…
Le changement de coach (es) apporte-t-il un plus à l'équipe ?
Indiscutablement. La réorganisation surtout défensive est flagrante. On prend la moitié moins de buts. Il reste un souci d'efficacité devant mais cela va venir, c'est certain. Et puis David Vandenbroeck est un gentleman qui fonctionne avec une main de fer dans un gant de velours. Il sait redonner confiance et plaisir aux garçons qui étaient plutôt dans un régime de peur avant. Le binôme avec Yannick Woos est aussi très productif. Bien qu'ils ne se connaissaient pas, leur complémentarité et leur entente sont belles à voir. Le travail est de grande qualité et le climat excellent.
Namur est concurrencé dans ses ambitions par d'autres clubs comme Rochefort voire Meux et Onhaye qui frappent à la porte de la D1. Ça change quoi ?
Je suis pour. Une concurrence loyale permet toujours de se dépasser soi-même. Je trouve cela remarquable qu'une personne comme Nicolas Lhoist, aux moyens financiers bien plus importants, investisse dans le foot namurois, et j'applaudis quant à ses ambitions de rejoindre le foot Pro avec Rochefort ! Et que Meux et Onhaye "frappent à la porte" c'est aussi excellent pour l'UR Namur ! C'est à nous à faire en sorte que l'on devienne toujours un peu meilleur. Mais le style de la maison n'est pas fait de grandes annonces, ni de progressions à pas de géant. Le club se consolide chaque année, il progresse constamment, pas en courant, mais en marchant.
La situation en tant qu'investisseur-mécène principal est-elle viable à moyen terme, y a-t-il de nouveaux sponsors ou actionnaires pour envisager le futur ?
Ce n'est pas bon à long terme qu'un club dépende de d'apport financier externe quel qu'il soit. Je m'étais donné un objectif d'arriver à l'équilibre financier cette année. On n'y sera pas encore mais presque. Le compte de résultat s'améliore à chaque saison. Les entrées, les recettes buvette, le sponsoring etc. sont en augmentation constante, alors que l'on fait la chasse sans relâche aux gaspis. Un remarquable travail de fond est fait en interne pour que l'organisation la réputation du club (qui reste encore parfois liée négativement à la gestion catastrophique de mes prédécesseurs) s'améliore sans cesse. Par exemple, ce dimanche, c'est sold-out au niveau des repas d'avant-match au chapiteau (120 couverts). On récoltera sous peu le fruit de nos efforts. À moyen terme, une organisation en deux entités - comme la plupart des clubs plus haut - va être mise en place sur le plan administratif. À l'ASBL existante, une Société Coopérative sera ajoutée pour y loger tout ce qui a de la valeur économique (matricule, contrats sponsors, contrats joueurs,…) et restent dans l'ASBL les contrats des bénévoles, l'éligibilité aux subsides et, espérons, la future École de Jeunes. Au printemps, la RBFA devrait valider la cession de patrimoine, et on relancera alors, en toute sécurité, des investisseurs potentiels dont certains se manifestent déjà.
Le stade Adeps de Jambes reste-t-il un obstacle aux perspectives de développement (licence D1B), comment évolue la collaboration ville-club-Adeps ?
Nous sommes le seul club à ce niveau qui "n'est pas chez lui". C'est un point faible au jour le jour mais aussi par rapport à des investisseurs potentiels. Le 14 février on avait une réunion "pleine d'espoir" avec les représentants politiques de la Fédération Wallonie-Bruxelles, d'Infrasport et de la Ville. Une proposition devait être faite pour mettre le stade de Jambes aux normes de la D1B (éclairage et places additionnelles), avec réfection et mise à disposition du terrain B. Depuis, plus rien ! Je sais qu'il y a eu d'autres priorités avec les élections, mais pourquoi consacrer une demi-journée de février si c'est pour qu'il n'en ressorte absolument rien au final ? La seule option possible pour que l'UR Namur continue à grandir et atteigne un niveau digne de la Ville, c'est d'avoir le plus tôt possible ses propres infrastructures. L'excuse de la difficulté ne résisterait pas à une volonté politique forte. Je relancerai la question auprès du nouveau conseil communal, avec l'espoir d'avoir une perspective claire et nette !
Qu'en est-il des tentatives de rapprochement au niveau de l'école des jeunes voire d'une délocalisation à long terme ?
Tout est lié aux infrastructures. Relancer une école de jeunes de grande qualité si on a les terrains pour le faire, cela se fera facilement tant le nom UR Namur est fort. Le plan A est donc d'avoir des réponses claires de la Ville en termes de conditions de travail pour notre futur développement. Et j'ose espérer qu'il n'y a pas lieu de prévoir un plan B pour l'instant.