Vinny Mayele (La Real) : "Je n'ai aucun regret à avoir, j'ai tout essayé"
Vinny Mayele revient sur son ancien rêve de percer dans le monde professionnel.
- Publié le 09-10-2020 à 18h36
- Mis à jour le 10-10-2020 à 14h00

Il va entamer sa quatrième saison avec le brassard de capitaine autour du bras. À 28 ans, Vinny Mayele représente l'expérience et la sagesse de la Real. Alors, quand Quentin Garcia-Dominguez a eu l'opportunité de partir en Roumanie cet été, il a joué pleinement son rôle de leader.
"J'ai dit à mes dirigeants qu'il fallait le laisser partir même si finalement, ça ne s'est pas réalisé. J'ai vu dans ses yeux la même volonté que j'avais affiché quelques années plus tôt quand je souhaitais goûter à l'étranger", confie-t-il.
Lui avait tenté le pas il y a cinq ans en rejoignant Nikos&Sokratis Erimis, une équipe chypriote évoluant au deuxième échelon. Les salaires impayés, se retrouver dans une galère loin de chez soi, Vinny Mayele a connu ces apprentissages qui forgent un homme.
"C'est sûr qu'il ne faut pas s'attendre à toucher le montant que l'on avait négocié. Il y a des mois où le salaire est versé et d'autres où l'on n'a rien. L'investisseur nous a quittés au bout de cinq mois. Nous n'étions plus payés mais ça me tenait à cœur de terminer la saison. Du coup, les dirigeants subvenaient à mes besoins les plus élémentaires histoire de pouvoir quand même manger. Ça reste quand même une belle expérience. J'ai appris l'anglais ce qui me sert dans mon métier actuel".
La tête bien faite, Vinny Mayele a obtenu un master en finance après avoir longtemps espéré passer professionnel après une formation pointue sous les couleurs du LOSC. "Ça a été difficile mais j'ai fait le deuil de ce rêve", reconnaît-il.
Les regrets ne font pas partie de son vocabulaire tant il a tout essayé pour accomplir son objectif. "Celui qui ne s'est pas donné les moyens peut en avoir. Moi, j'ai envoyé des CV partout, j'ai contacté des agents, j'ai tout essayé."
Né dix ans trop tôt
En retrouvant sous les couleurs de la Real ses anciens partenaires du domaine de Luchin comme Jeremy Obin ou Allan-Axel Kimbaloula, n'y a-t-il même pas une pointe de frustration d'être né dix ans trop tôt ?
"C'est vrai qu'on a déjà refait pas mal le monde ensemble", sourit le capitaine hennuyer. "À notre époque à Lille, c'était des phénomènes comme Eden Hazard qui parvenaient à franchir la dernière marche qui sépare un joueur du monde professionnel. De nos jours, le football est devenu de la spéculation. Il y a beaucoup de jeunes qui n'ont que deux ou trois matchs en D1 car on les essaie pour les vendre très cher s'ils sont bons", constate le Congolais.
Pas rancunier du tout envers le passé, Vinny Mayele "s'épanouit" dans sa vie au quotidien tout en restant un compétiteur détestant la défaite sur le terrain.
"C'était une grosse déception de sortir si rapidement en Coupe de Belgique même si c'était mérité. À nous de mettre plus d'envie et de se faire violence loin de notre synthétique."
À l'heure de débuter enfin le championnat, l'ancien élément de Harelbeke a les crocs après un mois d'arrêt dû au Covid. "On savait que ça serait une année étrange mais on ne pensait jamais vivre ça".
De quoi décupler l'envie de la transformer en saison exceptionnelle.
"J'ai eu très peur pour mes parents"
Leur championnat n'avait pas encore commencé qu'il était déjà perturbé. Avec plusieurs cas de Covid enregistrés dans l'équipe, la Real va disputer son premier match le 10 octobre. "On croise les doigts pour qu'il n'y ait pas une mauvaise surprise de dernière minute même si on ne serait plus à ça", exprime-t-il avec humour.
Le sourire dans une période incertaine où Vinny Mayele a eu très peur pour ses proches. "Si je l'ai, je pense que j'ai des défenses immunitaires solides mais quand j'ai appris qu'un coéquipier l'a eu, j'ai fait une heure de route pour me faire tester. Je craignais vraiment d'être positif et de le refiler à mes parents."
Conséquence de ces plusieurs cas, le noyau de l'équipe première a été mis à l'arrêt totalement pendant dix jours. Si le capitaine s'est entretenu individuellement, il a aussi participé à des rencontres avec la P2 et les espoirs.
"C'était une totale remise en question. Je n'avais plus le statut de leader. Je redevenais un joueur lambda et je devais me mettre au travail comme tout le monde. C'était surprenant de jouer à ce niveau mais ça faisait plaisir à mes coéquipiers", analyse-t-il. Des joutes qui lui ont permis de garder le rythme "au niveau du jeu, du placement et de l'adrénaline d'avant match." C'est déjà ça de pris.