WTA: une finale de sacrés numéros!

ENVOYÉ SPÉCIAL EN ALLEMAGNE MIGUEL TASSO
WTA: une finale de sacrés numéros!
©Photonews

Justine Henin et Kim Clijsters s'affrontent à Filderstadt pour la place de n°1 mondial
FILDERSTADT On ne pouvait, raisonnablement, rêver de meilleur scénario. Cette après-midi (13 heures, en direct sur AB 3), Kim Clijsters et Justine Henin se retrouveront en finale du tournoi de Filderstadt avec, pour enjeu, la première place de la hiérarchie mondiale. Ni plus, ni moins!

Les ordinateurs de la WTA sont catégoriques: la lauréate de ce derby du plat pays occupera, lundi, le trône de number one. Pour Kim Clijsters, il s'agirait d'un simple renouvellement de bail (elle séjourne sur le fauteuil depuis deux mois déjà); pour Justine, il s'agirait tout simplement d'une grande première!

Disons-le: il est bien difficile de décrypter cette sixième finale de l'année entre les deux joueuses belges. Car à la forme du moment - plus ou moins égale dans les deux camps - s'ajoutent différents paramètres d'ordre psychologique et émotionnel.

Faut-il le rappeler: c'est face à Kim Clijsters que Justine Henin a remporté, cette année, ces deux victoires en Grand Chelem: à Roland-Garros d'abord, à l'US Open, ensuite. Elle part, dès lors, avec un ascendant psychologique d'autant plus fort qu'elle s'était également imposée en finale des tournois de Berlin et de San Diego. En 2003, la Limbourgeoise n'a battu qu'une seule fois la Rochefortoise en finale: c'était à Rosmalen. Ce jour-là, Henin, blessée, avait été obligée d'abandonner.

Revers de la médaille, Justine évoluera, qu'elle le veuille ou non, sous pression. Haute comme trois pommes, ou trois balles de tennis si vous préférez, elle rêvait déjà de cette place au faîte de la hiérarchie mondiale. C'était sa chimère. C'est dire si le fait de se retrouver à une victoire - une toute petite victoire - de la consécration suprême devrait augmenter son pouls!

Tension

A ces éléments s'ajoute également, bien sûr, la rivalité entre nos deux championnes. Longtemps masquée, celle-ci a éclaté au grand jour ces derniers mois. Les feux de la polémique avaient été allumés, en août, à San Diego, lorsque Kim reprocha à Justine d'avoir simulé la gravité d'une blessure pour faire appel à la kiné et remettre, ainsi, de l'ordre dans sa tête. La flamme avait pris des allures d'incendie lorqu'après la finale de l'US Open, en septembre, Lei Clijsters, le père de Kim, avait déclaré que Justine avait subitement hérité de la musculature de Serena Williams, laissant entendre en filigrane qu'elle utilisait des produits dopants.

Depuis, les eaux se sont certes calmées. Il n'empêche: jamais sans doute la rivalité n'a été aussi grande entre les deux étoiles du tennis belge et mondial. Bref, vous l'aurez compris: sur le papier, il ne manque rien pour transformer la finale de ce dimanche en véritable thriller aux accents dramatiques. Ni sur le plan sportif, ni sur le plan passionnel.

Hier, en demi-finales, Justine et Kim se sont logiquement qualifiées en battant respectivement la Russe Elena Bovina et la Française Mary Pierce. Elles affichaient, après coup, une apparente sérénité. Mais, croyez-nous, la tension n'est pas seulement dans les raquettes...

Carlos Rodriguez: "Optimiste" FILDERSTADT Carlos Rodriguez se disait relativement optimiste à la veille de cette finale. "Justine était assez nerveuse en début de semaine. Mais elle s'améliore de match en match. Le vrai déclic s'est produit vendredi face à Dementieva. C'était un match piège face à l'une des joueuses les plus en forme du moment. Et elle l'a très bien contrôlé..." Le coach de l'Ardennaise reconnaît toutefois que la tâche sera difficile face à Kim Clijsters. "Jouer une finale est déjà compliqué. Lorsqu'elle décide du statut de n°1 mondial, cela devient un super-challenge. Mais Justine ne cesse de m'étonner. Elle a très bien géré ses succès à Roland-Garros et à l'US Open. Et elle dit elle-même qu'elle est prête. Alors je le suis aussi..."

Les relations entre Carlos Rodriguez et le clan Clijsters, très tendues après l'US Open, se sont calmées ces derniers temps. "J'ai eu l'occasion de parler avec Lei Clijsters et je ne suis pas rancunier. La seule personne à qui j'en veux vraiment, c'est Filip Dewulf..." Ce dimanche, officiellement, entre Kim et Justine, seule la rivalité sportive sera en jeu...



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"J'ai besoin de jouer sous pression"
Justine Henin sait ce qu'elle doit faire pour gagner

FILDERSTADT Elle se dit sereine et confiante. On devine, toutefois, ici ou là, les stigmates d'une légitime nervosité. "Il est clair que cette finale dégage un parfum particulier et je suis parfaitement consciente que si je la gagne je serai numéro un mondial. Mais j'ai intégré tous ces paramètres dans ma tête. Et je me sens prête..." déclare Justine Henin.

Dans l'esprit de la Rochefortoise, c'est clair: tôt ou tard, elle héritera de la couronne. "Si ce n'est pas ici, à Filderstadt, ce sera peut-être à Zurich ou, mieux encore, lors du Masters de Los Angeles..."

"J'ai lâché mes coups"

Ceci dit, il ne faut pas être grand sorcier blanc du tennis pour deviner qu'elle jettera, dès aujourd'hui, toutes ses forces dans la bataille. "Je me sens bien mentalement et physiquement. Face à Dementieva, vendredi, j'étais assez nerveuse. Aujourd'hui, contre Bovina, je me sentais beaucoup moins stressée. J'ai lâché mes coups, sans retenue. C'est bon signe..."

Ce dimanche, les paramètres risquent, toutefois, d'être faussés. C'est face à Kim Clijsters que la Namuroise se retrouvera. "Comme toujours entre nous, il s'agira d'un match spécial. Mais il ne me fait pas peur. Je suis habituée à jouer sous pression. J'en ai même besoin pour élever mon niveau de jeu. J'ai bien géré ce stress jusqu'ici. Il n'y a pas de raison que cela change..."

Il est évident que ses récents succès face à Kim cette année - notamment à Roland-Garros et à Flushing Meadows - ont augmenté sa confiance. "Je sais ce que je dois faire pour gagner", glisse-t-elle, un zeste de mystère dans la voix.

Le chien de Kim

Mais que pense Kim Clijsters de tout cela? Hier, la Limbourgeoise, opposée à la revenante Mary Pierce, s'est fait peur dans le premier set. A 4-4, elle perdit même son jeu de service. Mais elle rétablit vite l'équilibre et, après avoir remporté aisément le tie-break, elle s'envola vers une victoire très confortable (6-0 dans la deuxième manche). "Il a fallu que je m'adapte à son jeu très particulier. Je ne l'avais jamais rencontrée..." explique-t-elle.

A l'instar de Henin, Clijsters dit être confiante pour la finale et s'efforce de dédramatiser son importance. "Je vois toujours le côté positif des choses. Si je dois perdre cette place de n°1, je serai évidemment déçue. Mais ce ne sera ni la fin du monde, ni la fin de ma carrière. Et je le repète: la couronne restera ne Belgique. C'est un luxe incroyable pour un si petit pays..."

Pour préparer ce duel, Clijsters ne changera pas ses habitudes. "J'attends simplement avec impatience l'arrivée, ce soir, de mon chien qui voyage avec ma maman..." souriait-elle, hier, en reprenant le chemin de son hôtel.

Jamais, à ce jour, Justine Henin n'a réussi à battre Kim Clijsters dans un tournoi indoor. "C'est vrai, c'est ma surface préférée. Il n'y a pas de vent. Je peux contrôler tous les paramètres. Mais ce ne sera pas un match facile. Justine a aussi fait de gros progrès en indoor..." ajoute la championne de Bree.

Allez-y, vous, dans ce contexte, faire un pronostic...

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