L'agent de Goffin évoque son métier: "Ma mission est de simplifier la vie de David"
Depuis huit ans, Karine Molinari gère les aspects non sportifs de la carrière de Goffin.

- Publié le 06-09-2020 à 19h05

Pour qu'un sportif de haut niveau puisse pleinement s'épanouir et prester de la meilleure des manières, il doit pouvoir s'appuyer sur une stabilité familiale. C'est le cas de David Goffin qui file le parfait amour avec Stéphanie Tuccitto et dont le mariage est prévu le 19 septembre. Pour réussir des perfs, il faut aussi que l'athlète ait confiance en son équipe sportive. C'est le cas du Liégeois dont la collaboration avec son coach, Thomas Johansson, et son préparateur physique, Fabien Bertrand est optimale.
Enfin, le champion doit pouvoir se concentrer à 100 % sur l'aspect sportif de son métier. Et c'est là pour le numéro 1 belge qu'entre en scène son agent, Karine Molinari. La Française gère depuis 2012 la carrière de notre compatriote et est donc bien placée pour évoquer le David Goffin des courts mais aussi celui qui travaille avec les sponsors.
Karine Molinari, d'où vous vient votre passion pour le sport et plus particulièrement le tennis ? Avez-vous toujours voulu travailler dans le milieu du sport ?
"Mon papa, Jean-Claude, était joueur professionnel (NdlR : avec des participations à la Coupe Davis en 1954, 1957, 1958, 1959, 1960). Ce qui m'a permis de bien connaître le tennis, mais je suis rentrée chez Octagon (NdlR : l'une des plus grandes agences de marketing sportif) plusieurs années après son décès, ce n'est pas vraiment lié, cela a été un heureux hasard."
Quand vous avez rencontré David en 2012 au début de sa carrière, qu'est-ce qui vous a poussée à lui proposer une collaboration ?
"C'est le rôle de l'agent de prendre des risques en misant sur des poulains dont il espère qu'ils perceront par après. David avait des qualités évidentes et il était très déterminé. Je le trouvais aussi très stable dans sa vie et ses choix de carrière. Un climat de confiance s'est très vite installé entre nous."
Que David soit top 10 ou top 30, est-ce que cela change votre travail ?
"Cela change mon travail, mais pas ma présence à ses côtés. Je m'adapte en fonction des périodes de sa carrière mais je suis là pour lui quel que soit son classement."
Quel est exactement le rôle d'un agent ou d'un manager de joueur ou joueuse dans le monde du tennis ?
"Négocier tous les contrats du joueur, l'entourer, le conseiller et le protéger dans tous les domaines en dehors des courts de tennis. Ma mission est de simplifier au maximum la vie de David pour qu'il se concentre uniquement sur le sportif ."
Au niveau des sponsors, est-ce que vous faites un premier tri ou est-ce que tout est proposé à David ?
"C'est très variable, mais il y a une sélection bien entendu. David apprécie de plus en plus cette partie de son métier où il est en contact avec les sponsors."
Qu'est-ce qui plaît aux sponsors chez David ?
"Il est sérieux, fiable, et il a une image très positive, il est jeune et il réussit, c'est sympa pour une entreprise d'associer son image à ces valeurs. Et sa notoriété croissante nous offre incontestablement plus d'opportunités au niveau des sponsors."
David est-il devenu "trop grand" pour les sponsors belges ?
"Non, car ce qui compte, c'est la construction d'une belle relation et ce que les marques souhaitent en faire. Donc on étudie toutes les propositions sans regarder d'abord l'aspect financier."
Est-ce que, comme dans le monde du football, des agents tentent de "piquer" des joueurs à leurs collègues ?
"Oui."
Comment trouvez-vous que David a géré la période sans tennis lors de l'arrêt du circuit à cause du Covid-19 ?
"Très bien, car il est très équilibré et heureux dans sa vie. En dehors de David, je pense que la crise du Covid-19 va laisser des traces. Des tournois pourraient disparaître, on pourrait assister à une diminution des prize-money et à des contrats moins intéressants au niveau des sponsors."
Vous travaillez aussi comme responsable du sponsoring pour Patrick Mouratoglou et son académie. Qu'avez-vous pensé de l'UTS ?
"J'ai collaboré à la construction et à la réalisation de l'UTS, je ne suis donc pas objective, mais c'est pour moi un grand succès et une manière originale d'intéresser les jeunes. En marge des tournois habituels, c'est une alternative rafraîchissante et les joueurs ont beaucoup aimé."
Agent d'un autre talent belge, la jeune danseuse Anaé Romys
Karine Molinari semble avoir un petit faible pour les talents belges. Depuis peu, la manager de David Goffin est aussi l'agent de la toute jeune danseuse belge Anaé Romys. Avec sa professeure, Jeny Bonsenge, la Carolo avait fait le buzz avec une vidéo devenue virale sur la chanson "La Katangaise". Le premier novembre 2019, le duo sera invité chez l'une des stars du talk-show aux États-Unis, Ellen DeGeneres. Anaé et Jeny avaient été recommandées par la duchesse du Sussex, l'ancienne actrice Meghan Markle. C'est un peu par hasard que Karine Molinari a commencé à travailler pour Anaé Romys. "C'est un contact commun avec David qui a conseillé aux parents d'Anaé de m'appeler."
"Roland-Garros 2012 et le Masters 2017"
Présente aux côtés de David Goffin depuis huit ans, Karine Molinari a vécu de près l'évolution du Liégeois. Une carrière faite comme pour chaque athlète de hauts et de bas. Et quand il faut ouvrir le livre aux souvenirs, la Française pointe facilement ce qui est à ses yeux le meilleur moment et le pire instant du parcours du dixième mondial.
"Mon meilleur souvenir, c'est la prestation de David au Masters en 2017 quand il va jusqu'en finale . Mais aussi son premier Roland-Garros où il affronte Roger Federer en huitième de finale. Le pire, c'est sa blessure à la cheville à Roland-Garros quand il se tord le pied dans les bâches du court Suzanne Lenglen contre l'Argentin Horacio Zeballos."