Finale hommes de l'US Open: Thiem doit assumer, Zverev en outsider
L'Autrichien est le grand favori de la finale. Il n'a pas le droit de trembler.

- Publié le 13-09-2020 à 01h34
- Mis à jour le 14-09-2020 à 16h48

Dominic Thiem n'a jamais été dans une position plus favorable pour remporter à 27 ans son premier titre du Grand Chelem. Il arrive avec l'expérience de trois finales perdues (Roland-Garros 2018-2019, Melbourne 2020) et n'a pas sur sa route un membre du 'Big 3'. Mieux, il retrouve Alexander Zverev qu'il a dominé sept fois en neuf confrontations. C'est lui qui a laissé la meilleure impression depuis le début de la quinzaine. Il a la puissance et l'intensité physique pour faire exploser le jeu de l'Allemand.
Alors comment pourrait-il perdre ? Déjà, parce que justement il est ultra favori de cette finale, et que ça ne lui est encore jamais arrivé. Coincé entre le 'Big 3' et la 'NextGen', il sait que ses opportunités de s'imposer en Grand Chelem se réduisent. Et si l'expérience des finales peut servir, il reste qu'il n'y a que des souvenirs d'échecs. Le souci de Thiem reste le même : il n'a pas de plan B. Si son coup droit n'est pas en mode bûcheron, et que son revers ne claque pas, il sera dans le dur.
Son clan a aussi révélé samedi qu'il s'était blessé au pied droit lors de sa demi-finale et qu'il allait enchaîner les soins. Le jeu de Thiem est entièrement construit sur son physique, et les nerfs de 'Domi'auraient du mal à passer outre ce stress supplémentaire. Mais l'Autrichien montre un grand calme à New York et aucun signe de tension. "Je ne vais rien changer à mon état d'esprit, je vais me concentrer et donner mon meilleur. Zverev est un grand joueur. Je veux gagner plus que tout, mais si ça ne devait pas arriver dimanche, je me remettrai au travail pour me créer une autre chance."
Thiem en a déjà vu trois lui passer sous le nez. Là, face à Zverev, il doit assumer son statut de meilleur joueur hors Big 3.
Alexander Zverev, l'avantage de l'outsider
L'Allemand va pouvoir aborder la finale sans la pression d'avoir à la gagner.
Alexander Zverev a montré un niveau de jeu d'une médiocrité rare à ce niveau lors de son quart et de sa demi-finale. À chaque fois, il était le grand favori, que ce soit face à Borna Coric ou Pablo Carreno Busta. On va donc voir face à Dominic Thiem si c'est bien la pression de l'occasion en or qui a plombé son tennis ou bien si vraiment il ne peut pas faire mieux ici. La bonne nouvelle pour lui, c'est qu'il a réussi à chaque fois à s'en sortir pour s'imposer, en montrant une attitude irréprochable : il a donc de la marge et un mental très costaud.
Mené 7-2 dans ses duels avec Thiem, il a en plus beaucoup plus puisé dans ses réserves pour en arriver là que l'Autrichien.
Mais il arrivera sur le central dimanche dans la peau de l'outsider absolu, et il pourrait en profiter pour jouer relâché, ce dont son service et son coup droit ont un énorme besoin. Parce qu'à moins d'un raté de Thiem, il va être impossible pour Zverev de s'imposer avec deux coups qui d'un moment à l'autre peuvent devenir des boulets à traîner. Maintenant, quand on entend l'Allemand dire après sa demi-finale que le match pour le titre se jouera "entre les deux meilleurs joueurs du monde", on s'inquiète pour sa tendance à se voir tellement plus beau qu'il ne l'est. L'espoir restant dans le fait qu'en match il a pour le moment réussit à ouvrir les yeux à chaque fois que la sorie de piste menaçait. "Je suis fier d'avoir réussi à me sortir de tout ça, mais il me reste encore un match à gagner."
Que doit-il faire pour battre Thiem ? Déjà, bien servir pour mettre l'Autrichien sous pression. Ensuite se servir de son revers, l'un des meilleurs coups du circuit, pour bousculer Thiem, le forcer à jouer plus vite qu'il n'aime, l'empêcher de déclencher ses missiles du fond du court.
Enfin, assumer d'être l'agresseur, prendre la balle au sommet du rebond, faire fuser les coups à plat. Leur demi-finale acharnée de Melbourne (3-6, 6-4, 7-6, 7-6) avait montré qu'il en avait les moyens. Pour cela, il doit aussi prier pour que son coup droit revienne, parce que sinon la diagonale de coup droit face à Thiem sera un carnage. "J'ai montré beaucoup de résilience en demi-finale, je n'ai rien lâché alors la finale s'annonce dure mais je vais y aller avec le même état d'esprit."
Le premier Allemand finaliste de l'US Open depuis Michael Stich (1994) est à une victoire de devenir le premier champion de New York depuis Boris Becker (1989). À une victoire aussi de devenir le premier de la "NextGen" à soulever un Majeur. Il va falloir qu'il oublie la proximité de cette gloire dont il rêve tant pour réussir le hold-up. Dimanche, faire profil bas sera sa meilleure arme.