Hubert Hurkacz, l'homme qui joue les yeux fermés et qui souhaite aller au bout à Miami
Cinq choses à savoir sur le Polonais qui veut aller au bout de son rêve en Floride.

- Publié le 03-04-2021 à 23h20
- Mis à jour le 05-04-2021 à 18h53

Avec les absences de Novak Djokovic, Rafael Nadal, Roger Federer mais aussi Dominic Thiem, le tableau du Masters 1000 de Miami était très ouvert et laissait entrevoir une surprise finale. Ce qui va se concrétiser puisque Daniil Medvedev et Stéfanos Tsistsipas n'ont pas assuré sur les courts floridiens leur statut de têtes de série un et deux de l'épreuve.
Ce dimanche, on retrouvera donc deux néophytes en finale d'un ATP 1000. Si l'Italien de 19 ans, Jannik Sinner, a déjà beaucoup fait parler de lui dans un récent passé et est présenté comme l'une des futures grandes stars du circuit, son adversaire, le Polonais de 24 ans, Hubert Hurkacz, 37e mondial, est moins connu du grand public. Présentation en cinq points.
17 ans sans titre pour la Pologne
Devenu joueur professionnel en 2015, le natif de Wroclaw, la Venise polonaise, va mettre fin à une attente vieille de 17 ans quand il remporte en 2019 son premier tournoi pro, l'ATP 250 de Winston-Salem. Avant le succès d'Hubert Hurkacz sur Benoît Paire en Caroline du Nord, aucun Polonais ne s'était imposé dans un tournoi ATP depuis Wojtek Fibak à Chicago en 1982. "Toute ma vie j'ai rêvé de gagner un tournoi ATP et je l'ai fait, je suis tellement heureux", expliquait à l'époque ce grand gabarit (1m96 pour 81 kilos) qui depuis a ajouté une deuxième ligne à son palmarès en s'adjugeant le tournoi de Delray Beach, aussi en extérieur et sur dur, cette année.
Les yeux fermés
Celui qui a battu Kudla, Shapovalov, Raonic, Tsitsipas et Rublev à Miami possède une particularité au niveau de son jeu. Laquelle ? Au moment de frapper la balle, il ferme pendant un léger instant les yeux.
"J'avoue, c'est vrai, expliqua l'intéressé il y a quelques mois. En fait, j'ai probablement toujours joué comme cela, et cela fait un moment qu'on me l'a fait remarquer. Je sais bien que cela pourrait m'aider, parfois, d'ouvrir les yeux quand je frappe la balle. Alors, à l'avenir, c'est peut-être un changement que j'essaierai d'opérer."
Pour Craig Boynton, l'entraîneur du Polonais, cette particularité n'est pas dérangeante. "Il y a chez chaque joueur des coups sur lesquels on ne suit pas la balle jusqu'à l'impact, notamment ceux qui sont frappés sur le côté, quand vous ne prenez pas forcément la balle devant vous. En tout cas, de toute évidence ce n'est pas un problème pour Hubert."
Pas de viande
Depuis un peu plus de deux ans, le finaliste de Miami ne mange plus de viande.
"Je regardais pas mal d'émissions sur la nourriture à la télévision, et j'ai essayé", a avoué Hubert Hurkacz. "On m'avait aussi dit que cela pourrait m'être bénéfique. Sans viande dans mon régime alimentaire, je me suis bien senti avec pas mal d'énergie. Donc j'ai poursuivi l'expérience. Mon plat préféré que je cuisine ? Des pâtes avec des légumes, de la sauce tomate et des noix. J'aime aussi les burritos avec des légumes et du guacamole."
Roger, son idole
La maman d'Hubert a expliqué que son fils vouait une très grande admiration envers Roger Federer. Que c'était son idole. Ce qui finalement est compréhensible pour un jeune joueur qui a regardé pendant de nombreuses années les exploits du Suisse à la télévision et qui a eu la chance de le défier à Indian Wells en 2019 (défaite 6-4, 6-4).
"J'espère que Federer a encore quelques années devant lui pour aider le tennis. Ce qu'il a fait pour notre sport est incroyable. Roger est une personne extraordinaire. La façon dont il joue est assez incroyable. La façon dont il frappe la balle et les coups qu'il sélectionne, il est difficile de mettre en œuvre les choses qu'il fait sur le terrain. Mais évidemment, vous pouvez apprendre beaucoup de lui."
Et quand on lui demande quel est le plus grand défi, battre Nadal sur terre battue, Djokovic sur dur ou Federer sur herbe, la réponse du Polonais est claire : "C'est probablement battre Rafa sur terre battue. Surtout à Roland-Garros. Ce serait une performance spéciale, en particulier pour moi car mon jeu ne convient pas à cette surface. J'ai grandi en jouant sur des terrains en terre battue, mais mon jeu est mieux adapté à un rythme plus rapide."
Apprentissage à distance
Issu d'une famille de sportif, sa maman a été championne de tennis chez les juniors en Pologne et son grand-père a été professionnel en volley, Hubert Hurkacz n'a pas suivi un écolage classique :
"J'ai suivi un apprentissage individuel, donc je ne devais pas aller à l'école tous les jours. Je devais juste passer les examens dans chaque matière. Je ne passais pas beaucoup de temps à l'école. C'est comme cela que j'ai géré mon apprentissage scolaire et je passais beaucoup de temps sur les terrains d'entraînement."
Ce qui pourrait porter ses fruits ce dimanche face à son pote Jannik Sinner avec qui il jouait encore le double au dernier tournoi de Dubaï.