L'autre regard: quand le stress de gagner est plus grand que la peur de perdre
Un autre regard proposé par Miguel Tasso.

- Publié le 15-09-2021 à 15h32

Fallait-il que la pression soit grande pour que Novak Djokovic passe ainsi à côté de sa finale de l'US Open ? On évoque souvent, dans le monde du sport de haut niveau, la peur de perdre. Mais celle de gagner peut aussi être traumatisante. Le champion serbe pourrait écrire un livre sur le sujet. Il était aux portes de l'histoire, à un pas de signer un historique Grand Chelem calendaire, à trois petits sets d'un vingt et unième sacre majeur. Et, là, soudain, la mécanique n'a plus répondu.
Comme un acteur ne connaissant plus son texte, comme un élève pétrifié à l'heure de l'examen, Nole a perdu ses repères, rattrapé par toutes les émotions. Certes, il avait en face de lui Daniil Medvedev, l'un des joueurs les plus doués de sa génération, un futur number one. Mais il est évident que Djoko est passé à côté de son match. On a souvent mis en avant la force mentale de Novak et sa capacité à se surpasser dans les situations difficiles, lors des moments décisifs. Mais, dimanche soir, la machine s'est subitement déréglée. La tête a dit stop. Et les jambes ont suivi.
Pour Novak, c'est forcément une grande déception. Mais, quelque part, il sort grandi de cette défaite après laquelle il a fondu en larmes. D'ailleurs, il a été ovationné par la foule peut-être davantage encore que s'il avait remporté le trophée. Quelque part, aux yeux du grand public, il est redevenu humain. C'est peut-être précisément ce qu'il lui manquait le plus dans son C.V. de héros des stades.