Nadal, Bolt, Phelps, Woods, Hamilton, Biles: ils sont tous restés au sommet
Un commentaire signé Thibaut Vinel.

- Publié le 06-06-2022 à 19h18
- Mis à jour le 06-06-2022 à 19h48

Rafael Nadal a remporté autant de Roland-Garros que Pete Sampras de Grands Chelems. Stupéfiant. Quand Pistol Pete s'est emparé de son dernier Major en 2002, les experts étaient formels sur le côté intouchable de ce record. Il aurait fallu qu'un homme gagne en moyenne deux Chelems par an entre 25 et 32 ans, soit l'âge d'or maximal d'une carrière. Ces experts n'avaient pas prévu la professionnalisation du tennis et l'émergence d'un trio fantastique qui a révolutionné les codes. Vingt ans après le record établi par le rival d'Andre Agassi, le Big Three l'a effacé des tablettes depuis belle lurette.
Nadal a désormais gagné 22 Grands Chelems. Un chiffre étourdissant à plus d'un titre. Certes, Novak Djokovic a encore les moyens de repousser cette limite. Mais que vaut cet exploit à l'échelle du sport mondial ? Comparaison n'est pas raison. Nadal s'est installé à une table qui pourrait accueillir Roger Federer (20) et Djokovic (20). Si on regarde les autres disciplines, Usain Bolt est taillé dans le même métal avec huit médailles d'or olympiques, et des records sur 100 m, 200 m et le relais 4 x 100. Michaël Phelps, aussi, a marqué l'histoire des bassins avec 28 médailles aux JO. Les 32 médailles (Mondiaux et JO) de Simone Biles sont encore dans toutes les mémoires. Jahangir Khan a placé le squash sur la carte avec 555 victoires de rang entre 1981 et 1986. Le chouchou de Nadal, Tiger Woods, a archi dominé le golf durant 683 semaines, soit le double de temps que son dauphin.
Que dire des sept titres de champion du monde de Lewis Hamilton et de Michael Schumacher en Formule 1 ? Toutes ces légendes ont un point commun. Elles ont inspiré des millions de jeunes qui ont cherché à les imiter. D'où l'importance d'être exemplaire au niveau de l'attitude. Là, Nadal est le roi des rois. Son humilité n'a d'égal que sa résilience. Formé pour résister à la pression, il a aussi dû composer avec une génération en or et un corps fragile. À 36 ans, il est toujours debout. Il donne plus que jamais l'impression de jouer sa vie sur chaque point. Un exemple. Un héros. Un grand frère pour tous les jeunes qui démarrent sur un court.