De Beringen à Dubaï, Thorben Sannen tente de faire décoller sa carrière en apprenant auprès des meilleurs joueurs de tennis mondiaux
Le Limbourgeois de 21 ans officie en ce moment comme partenaire d'entraînement à l'ATP 500 de Dubaï. Il y côtoie Daniil Medvedev, Hubert Hurkacz ou encore Andy Murray.
- Publié le 28-02-2024 à 12h34
De ses débuts, dans un petit club de la région de sa ville natale de Beringen, au tournoi de Dubaï, où il officie en ce moment comme partenaire d'entraînement des meilleurs joueurs mondiaux, le parcours de Thorben Sannen n'a pas été un long fleuve tranquille.
"J'ai été initié au tennis par ma maman, qui fut mon premier coach, vers l'âge de sept ou huit ans avant de rejoindre le club de Tessenderlo où j'ai disputé mes premiers interclubs, entame Thorben. Malheureusement, j'ai été touché au coude vers mes seize ans et demi, ce qui m'a tenu écarté des courts pendant près de deux ans. Concrètement, je souffre d'une tendinite calcifiante. Autrement dit, j'ai du calcium sur le tendon qui engendre douleur et inflammation. Aujourd'hui, ce pépin est sous contrôle grâce à l'aide de Koen Cornelis, mon physiothérapeute et par ailleurs préparateur physique. Je suis en contact permanent avec lui, il me prodigue beaucoup de conseils pour préserver mon corps."
Réellement libéré depuis la saison dernière, le joueur de 21 ans peut enfin enchaîner les tournois. Des Futures, comme on les appelle plus communément. Des compétitions à 15 000 et 25 000 dollars sur lesquels, en l'absence de point ATP, il est contraint de disputer les qualifications. "Mon niveau monte petit à petit mais je démarre de loin, étant donné que je n'ai quasiment pas joué sur le circuit chez les juniors."
"Le courant est bien passé avec Hurkacz"
En janvier 2023, le destin lui offre un petit coup de pouce. "J'ai rencontré un membre de l'organisation du tournoi de Dubaï lors d'un 15 000 dollars organisé à Charm el-Cheikh. Après m'être extirpé des qualifications, j'ai failli remporter mon premier point ATP mais je me suis incliné au premier tour après avoir mené un set à rien face à un Italien proche du top 700. Dans la foulée, la personne dont j'avais fait la connaissance en Égypte m'a envoyé un message pour savoir si je serais intéressé à l'idée de me rendre à Dubaï fin février pour jouer le sparring-partner. J'ai évidemment sauté sur l'occasion", sourit Thorben.
Satisfait par ses prestations et son sérieux, le citoyen de Beringen (non loin de Hasselt) a été invité pour une seconde édition cette année. Le Belge tente de tirer le maximum de cette expérience. "Frapper la balle avec des joueurs d'un si haut niveau, c'est bénéfique pour moi aussi. J'essaye d'apprendre d'eux, en les observant et en écoutant les conversations qu'ils entretiennent avec leur entraîneur. S'ils me demandent aussi mon avis ? Pour des détails, oui. Le coach va parfois m'interroger sur la qualité des échanges, sur un retour de service ou un long rallye par exemple. Mais jamais il ne va me demander mon opinion sur le coup droit de son joueur", rigole le Limbourgeois.
Déjà présent à Dubaï lors du tournoi WTA (18 au 24 février), Thorben a donné la réplique à des joueuses telles que Sorana Cirstea (WTA 22), Magdalena Frech (WTA 42) ou notre compatriote Elise Mertens (WTA 27).

Ils sont concentrés sur leur travail mais restent accessibles.
Ces derniers jours, ses partenaires d'entraînement avaient pour nom Daniil Medvedev (ATP 4), Hubert Hurkacz (ATP 8) ou encore Andy Murray (ATP 67). "Ils sont tous vraiment sympathiques et accessibles. Loin d'être arrogants et même s'ils sont très concentrés sur leur travail, il leur arrive même de blaguer. Ils savent profiter du moment", détaille notre interlocuteur.
Le contact est particulièrement bien passé avec le Polonais Hubert Hurkacz. "L'atmosphère était vraiment bonne. Et après notre première session, son coach a envoyé un message à l'organisation pour voir s'il était possible de jouer à nouveau avec moi", poursuit celui qui, lors de ses séjours en Belgique, est entraîné par Pieter Michiels.
Malgré son retard à l'allumage, Thorben nourrit toujours l'espoir de faire décoller sa carrière. Le 4 mars prochain, il s'envolera d'ailleurs pour l'Égypte afin de poursuivre son chemin à l'occasion d'un 15 000 dollars à Charm el-Cheikh. "Je devrai franchir les qualifications en simple mais je serai peut-être dans le tableau principal du double, où je possède cinq petits points ATP."
Son rêve ? "Jouer ici, à Dubaï, ou à l'European Open d'Anvers (NdlR : sur lequel il est aussi sparring-partner)."
Mais cette fois, en tant que professionnel.