Roland-Garros – L'incroyable business des consultants TV : "On parle de 200 000 euros pour John McEnroe à l'US Open"
On est bien loin de la fourchette de 300 à 500 euros quotidienne payée par la RTBF.

- Publié le 07-06-2025 à 10h02
- Mis à jour le 07-06-2025 à 10h03

Quand votre accréditation de presse vous permet de rentrer dans tous les lieux réservés aux médias à Roland-Garros et que vous êtes passionné de tennis, il faut parfois se contenir pour ne pas se lancer dans une chasse aux selfies. Le professionnalisme passe avant tout ! En croisant Mats Wilander dans un couloir, Lindsay Davenport au restaurant ou John McEnroe dans les escaliers, un simple bonjour est de mise.
Mais la question qu'on peut aussi se poser, c'est pourquoi il y a autant de stars dans les travées des Internationaux de France ? La réponse est simple : les anciens rois et reines de la petite balle jaune ont troqué leur raquette pour un micro en devenant consultants pour les diffuseurs du Grand Chelem parisien. Leur passé glorieux leur permettant d'apporter des éclairages très précis.
Bien évidemment tout cela a un prix. Et il peut être très important selon le palmarès et l'aura du consultant. Par contre, il est compliqué de connaître les montants exacts des négociations car tout le monde veut conserver le caractère confidentiel de la chose. C'est du côté de la RTBF qu'il aura été le plus facile d'obtenir les sommes mises sur la table par la télévision publique où les frères Rochus, Philippe Dehaes, Michel Bouhoulle, Didier Jacquet et Ysaline Bonaventure auront œuvré cette année.
"Un consultant à la RTBF peut toucher entre 300 et 500 euros par jour, nous explique-t-on. Cela dépend de l'expérience et des preuves qui ont déjà été faites ou pas. À cette somme, il faut ajouter le logement, le transport et une indemnité journalière utilisée pour se nourrir. Je sais que certaines chaînes travaillent aussi au match et pas à la journée."
Ces montants payés par la RTBF correspondent plus ou moins à ce que Voo débourse quand un consultant est invité, par exemple, pour travailler en cabine sur un Masters 1 000. Le défraiement tourne autour de 350 euros le match et peut aller jusqu'à 500 euros si la rencontre commentée se dispute la nuit. Ce tarif était également de mise du côté de RTL-TVi : 500 euros la journée.
Une fois qu'on passe sur des chaînes étrangères au pouvoir financier plus important et aux consultants aux palmarès bien mieux fournis, les sommes déboursées atteignent des plafonds bien plus élevés. Cette année, du côté de France Télévisions, le diffuseur historique du tournoi installé à la terrasse du troisième étage du Philippe Chatrier, on retrouvait aux analyses et commentaires Guy Forget, Alizé Cornet, Justine Henin, Michaël Llodra et Patrick Mouratoglou. Du côté de Prime Video qui a mis la main sur les sessions de soirée depuis plusieurs années, les experts se nommaient Marion Bartoli, Tatiana Golovin, Fabrice Santoro, Jo-Wilfried Tsonga et Lucas Pouille.
Un ancien vainqueur de Grand Chelem peut négocier jusqu'à 60 000 euros.
Mais l'artillerie lourde, on la retrouvait du côté de Warner Bros Discovery qui a acquis les droits de diffusion de Roland aux États-Unis pour une période de 10 ans, de 2025 à 2034, pour un montant total estimé à 650 millions de dollars. Ce contrat marquant une augmentation significative par rapport à l'accord précédent avec NBC et Tennis Channel, qui versaient entre 25 et 30 millions de dollars par an. Entre le nouveau plateau installé sur le site du tournoi à côté de la place de Mousquetaires et les studios, toute l'histoire du tennis des 50 dernières années sera passée derrière le micro : John McEnroe, Andre Agassi, Lindsay Davenport, Mats Wilander, Jim Courier, Chris Evert, Caroline Wozniacki, Boris Becker et Venus Williams.
"Un ancien vainqueur de Grand Chelem avec un beau nom peut négocier son cachet jusqu'à 60 000 euros pour un tournoi, nous explique le manager d'un consultant. Pour les autres, c'est en dessous ou bien en dessous. Sur des one-shot, certaines grandes stars demandent 10 000 euros par jour. Tout est une question de négociations, de palmarès et des moyens financiers du diffuseur. Je pense que John McEnroe est le mieux payé. Mais pas ici à Paris. C'est quand il commente l'US Open. On évoque 200 000 euros pour tout le Grand Chelem. Les consultants sont mieux payés aux États-Unis car il y a une très grosse audience. Les Américains fonctionnent à l'événementiel. Et l'US Open est un des grands rendez-vous de la saison sportive. Cela dépasse le cadre du tennis."