ATP Finals – Toujours aussi populaire en Italie, Jannik Sinner a réussi son entrée en lice : "Il a la meilleure combinaison service-retour"
Tombeur de Félix Auger-Aliassime, l'Italien a reçu plusieurs bains de foule malgré sa future absence avec son pays à la Coupe Davis.
- Publié le 11-11-2025 à 21h49

Trois semaines après avoir provoqué un séisme en Italie après avoir annoncé qu'il ne prendrait pas part au Final 8 de la Coupe Davis, chez lui à Bologne, Jannik Sinner a parfaitement entamé son Masters de fin de saison.
L'Italien, qui est repassé numéro 2 mondial derrière Carlos Alcaraz en ce début de semaine, a dominé Félix Auger-Aliassime : 7-5, 6-1 en 1 h 38 de jeu. Auteur d'une bonne entame de match, le Canadien a été freiné par un pépin au mollet gauche dans la seconde manche. Ce qui ne l'a pas poussé à se retrancher derrière son physique. Que du contraire.
"Il est difficile à battre, peu importe l'endroit, mais surtout ici, a reconnu le huitième mondial. Il a démarré de manière incroyable et ne s'est jamais relâché. Du premier au dernier point, il a été exceptionnel. C'est le joueur le plus difficile à battre ici."
Et de poursuivre : "Parmi tous les joueurs que j'ai affrontés, Sinner possède sans doute la meilleure combinaison service-retour. Je n'ai jamais eu l'occasion d'affronter Federer à son apogée, mais Jannik sert 80 % de premières et remet absolument tout. Ses quatre premiers services frôlent les lignes ; je crois qu'il a atteint près de 80 % de premières (NdlR : 78 % précisément) dans le premier set."
De son côté, Jannik Sinner, qui a pu constater par plusieurs bains de foule reçus que sa popularité dans la Botte était intacte, se disait satisfait d'avoir réussi ses débuts.
"C'était un match très difficile jusqu'à 6-5, a-t-il déclaré. J'ai eu quelques occasions de faire le break. Il a très bien servi, je n'ai raté qu'un retour, mais ça peut arriver. Il a joué un tennis très agressif, donc je suis heureux d'avoir surmonté ce test exigeant aujourd'hui. Évidemment, gagner le premier match est très important dans ce format et cette compétition. Je suis vraiment content."
Djokovic est un peu plus complet que Sinner.
Dans une interview parue lundi dans la Gazzetta dello Sport, Toni Nadal a comparé le jeu du natif de San Candido à celui de Novak Djokovic.
"Je pense que Djokovic est un peu plus complet, entame l'oncle de Rafa. Sinner a plus de vitesse dans ses frappes, Nole un peu plus de toucher. Ils ont en commun d'imposer toujours un rythme élevé et d'avoir un contrôle de balle exceptionnel, avec des déplacements de très haut niveau. Jannik joue avec un schéma très défini : il impose dès le début un tempo très rapide, difficile à suivre pour quiconque."
Il a ensuite donné ses favoris : "Alcaraz et Sinner, évidemment. Sur les derniers tournois, Jannik a joué à un niveau exceptionnel, et je pense qu'à Turin, il partira légèrement devant Carlos, qui semble un peu moins à l'aise sur cette surface si rapide. Ce sera assurément un grand duel, à ne pas manquer."
Alcaraz bousculé mais résilient
Tombeur d'Alex de Minaur (ATP 7) lundi, le n°1 mondial a poursuivi son parcours sans-faute en écartant Taylor Fritz (ATP 6) ce mercredi : 6-7 (2/7), 7-5, 6-3 en 2 h 50 de jeu.
Dans une Inalpi Arena de Turin et ses 12 000 sièges, l'Espagnol a su inverser la dynamique du match grâce à sa résilience. "C'était très serré, j'ai eu plus de mal que lui dans le premier set, a-t-il reconnu. Je ne servais pas bien, et il était assez à l'aise du fond du court, un peu partout…"

Il a expliqué avoir eu de mauvaises sensations dans la première manche. "J'ai ressenti un grand soulagement après la victoire, compte tenu de tout ce que j'ai traversé pendant le match. Je ne sentais pas la balle aussi bien que lors du premier tour, mais je suis très heureux d'avoir trouvé le moyen de revenir et d'exploiter ses faiblesses."
Un succès qui qualifie le Murcien pour les demi-finales du Masters, et qui fait de lui le plus jeune joueur de l'histoire à battre un membre du top 10 à cinquante reprises. Selon le spécialiste des statistiques Jeu, Set et Maths, à 22 ans et 195 jours, il devance Rafael Nadal (22 ans et 278 jours) et Pete Sampras (23 ans et 100 jours).
S'il s'impose jeudi face à Lorenzo Musetti (ATP 9), Alcaraz sera assuré d'entamer la saison prochaine sur le trône mondial.
"J'essaierai de ne pas trop y penser, a souri Alcaraz. Ce sera un match très important pour moi. J'essaierai de ne pas laisser les nerfs me jouer un mauvais tour. Je veux me concentrer sur mes objectifs, et sur le fait de me sentir beaucoup mieux que ce mardi."