Dans sa chronique, Dominique Monami, médaillée olympique, revient sur les Jeux d'hiver : "Ne pas se comparer aux Pays-Bas"
La Liégeoise espère que le grand public s'intéressera aussi aux belles histoires des Jeux paralympiques.

- Publié le 25-02-2026 à 14h11

Je me suis rendue en Italie pour assister aux Jeux olympiques. Je trouve qu'il y a quand même deux dynamiques très différentes entre ceux d'été et d'hiver. À Paris, en 2024, on sentait une atmosphère particulière autour de l'événement. Ici, à Milan, tu n'avais pas cette ambiance JO. Cela s'explique peut-être par le fait que les épreuves se disputaient sur plusieurs sites.
Au niveau des athlètes, je voudrais souligner que pour eux, comme pour les sportifs qui participeront aux Jeux paralympiques, se retrouver dans une telle compétition représente une apothéose, une consécration. C'est l'événement sportif possédant le plus grand impact. Si on regarde les performances sportives, au-delà des médailles, ce qui me plaît le plus, ce sont les histoires. Les belles ou les plus compliquées comme celle de Lindsey Vonn.
En ce qui concerne les Belges, c'est vrai que notre pays est arrivé avec une grande délégation. Mais ce n'est pas d'office une garantie pour décrocher plus de médailles. N'oublions pas que la Belgique n'est pas une nation de sports d'hiver. Parce qu'on n'a pas les infrastructures et on a peu de moyens. On doit donc faire preuve de créativité. On travaille surtout avec des exceptions, avec des athlètes qui tirent leur épingle du jeu dans des conditions pas toujours optimales. On ne peut pas se comparer aux Pays-Bas qui ont mis en place une véritable politique sportive autour du patinage, par exemple. Sans les infrastructures et sans des sportifs de référence qui inspirent les jeunes générations, c'est difficile de travailler à la base et donc d'augmenter les chances de créer des champions. Je trouve que les Belges présents à Milan-Cortina méritent tout notre respect. On ne trouve pas dans notre pays des montagnes, de la neige et des patinoires comme on trouve des terrains de foot ou des courts de tennis. Souvent, nos représentants s'expatrient pour trouver de bonnes conditions d'entraînement.
Enfin, n'oublions pas les Jeux paralympiques qui se profilent. Le dépassement de soi est présent chez les athlètes valides et tout autant chez ceux en situation de handicap. La dimension humaine est encore plus spéciale. Les personnes accidentées de la vie, par exemple, et qui, grâce au handisport, retrouvent un sens à leur vie, reprennent confiance, arrivent à faire des performances extraordinaires, c'est merveilleux. Je suis dans le mouvement depuis presque 20 ans et j'ai vu des sportifs, de tous les niveaux, développer toute une série de compétences, comme la persévérance, la motivation, la volonté. Des compétences utiles dans une carrière sportive et dans un travail.
