On a trouvé l'Américain capable de briller sur la terre battue européenne : "En gardant mon style, pas en restant six mètres derrière la ligne de fond"
En s'imposant à Munich, Ben Shelton a effacé une performance qui appartenait depuis 2002 à Andre Agassi.

- Publié le 21-04-2026 à 14h08

Il existe bien évidemment des exceptions. Mais d'une manière générale, les joueurs américains, éduqués sur dur, ne sont pas des grands fans de la terre battue, surtout l'européenne. Et ceux qui apprécient cette surface, si particulière, n'y brillent pas toujours. En remportant l'ATP 500 de Munich face à Flavio Cobolli (6-2, 7-5), Ben Shelton a prouvé que son jeu puissant mais plus varié au fil des mois pouvait s'acclimater à l'ocre tout en effaçant des tablettes une légende du sport US. En effet, il fallait remonter à la victoire d'Andre Agassi à Rome en… 2002 pour trouver la trace d'un joueur américain s'imposant sur un tournoi européen, sur terre, d'un niveau égal ou supérieur à un ATP 500.
"J'ai de grandes ambitions pour la terre, a expliqué le joueur de 23 ans qui reste sur un huitième de finale à Roland où il s'était incliné face à Alcaraz. C'est une surface sur laquelle je veux progresser. Elle devient peu à peu l'une de mes surfaces préférées."

De plus, le natif d'Atlanta est le premier Américain depuis 2009 à remporter trois titres ATP 500 (Tokyo en 2023, Dallas et Munich cette année), et seulement le cinquième Américain à s'imposer sur terre battue hors des États-Unis depuis le début du siècle. Le joueur de 23 ans rejoint ainsi André Agassi, Andy Roddick, Sam Querrey et Sebastian Korda. Le fils de l'ancien joueur Bryan Shelton, qui est aussi son coach, possède de nombreuses armes pour briller sur terre. Une surface où il est encore en apprentissage puisque son premier tournoi pro sur l'ocre européenne date seulement d'avril 2023 à Estoril.
J'ai de grandes ambitions sur l'ocre..."
Gaucher avec un service puissant, il a développé un engagement plus travaillé où grâce à un énorme kick (NdlR : service lifté avec une forte composante latérale), il peut fortement décaler ses adversaires sur leur revers du côté impair pour ensuite les agresser. Et grâce à un bon physique développé pendant ses années de joueur de foot US, l'ancien étudiant de l'université de Floride est capable de tenir l'échange. Mais pas question pour lui de dénaturer son jeu…
"J'arrive à me convaincre que je n'ai pas à adopter le style de jeu classique sur terre en restant six mètres derrière la ligne de fond et en envoyant des lifts, mais que je peux être efficace sur cette surface, tout en gardant mon propre style."
L'avenir nous dira s'il a raison…