Masters 1000 de Rome : Novak Djokovic, un retour sous haute surveillance avant le grand test parisien
Absent du circuit depuis début mars, le Serbe retrouve la compétition. À 38 ans, Nole entame une course contre la montre pour retrouver son niveau et viser un 25e titre en Grand Chelem à Roland-Garros.

- Publié le 06-05-2026 à 13h38

Le silence a duré huit semaines. Une éternité à l'échelle d'un circuit qui ne s'arrête quasiment jamais. Depuis sa défaite précoce à Indian Wells, en huitième de finale contre Jack Draper, Novak Djokovic avait disparu des radars : forfait à Miami, absent à Monte-Carlo, impasse sur Madrid. Un calendrier allégé, officiellement pour soigner une épaule droite fragilisée, officieusement parce qu'à 38 ans, chaque kilomètre compte désormais double.
Cette semaine sur le Masters 1000 de Rome, le Serbe remet donc le moteur en marche. Pas dans l'anonymat d'un tournoi secondaire, mais dans l'un de ses jardins préférés. Six fois vainqueur au Foro Italico, le Serbe connaît mieux que personne la valeur de ce rendez-vous : sur terre battue, c'est ici que se fabriquent les certitudes avant Paris.
Retrouver plus que des victoires
Le vrai enjeu de ce rendez-vous n'est pas comptable. Rome servira surtout de test grandeur nature. Après deux mois sans match officiel, l'ancien numéro un mondial doit retrouver ce qu'aucun entraînement ne reproduit totalement : le rythme, la tension, les automatismes de compétition.
On le sait, son tennis repose sur une précision chirurgicale, sur des déplacements réglés au millimètre, sur cette capacité unique à étouffer l'adversaire dans la durée et la régularité. Or ce type de mécanique réclame des heures de combat. Djokovic arrive donc avec un déficit évident de repères, mais toujours avec une expérience folle, au moment où la concurrence, elle, a accéléré.
Pendant son absence, Jannik Sinner a consolidé son statut de patron du circuit. Plus explosif, plus dominateur, l'Italien a installé une forme de continuité que Djokovic doit aujourd'hui reconstruire. Le rapport de force a changé : pour la première fois depuis longtemps, le chasseur n'est plus forcément en position de force. Et cela même s'il a battu l'Italien en demi-finale du dernier Australian Open. Preuve qu'il est toujours capable de se sublimer.
Roland-Garros comme obsession
Avec Djokovic, les tournois classiques ne racontent jamais toute l'histoire. Depuis plusieurs saisons, il a cessé de courir après tout. Son calendrier, son corps et son énergie sont orientés vers une seule obsession : les Grands Chelems.

Roland-Garros apparaît cette année comme une cible majeure. Parce qu'un 25e trophée en Majeur repousserait encore la frontière de l'histoire. Parce que la hiérarchie sur terre battue reste mouvante, qu'Alcaraz sera absent et que Sinner devra digérer toute la pression du grand favori. Et surtout parce qu'à ce stade de sa carrière, chaque occasion pèse davantage.
Rome dira donc moins s'il peut gagner immédiatement que s'il est capable de redevenir dangereux. Un Djokovic encore en rodage reste surveillé. Un Djokovic relancé redevient un problème pour tout le monde. À Paris, c'est précisément cette menace qu'il veut réinstaller.