Germain Gigounon réagit à la fin de carrière de David Goffin : "Le tennis belge perd un très grand monsieur"
De l'internat de Mons au box, Germain Gigounon a connu David Goffin sous toutes ses facettes. Il en garde l'image d'un bosseur discret, mais ambitieux.
- Publié le 20-10-2026 à 06h38

De novembre 2020 à avril 2024, soit trois saisons et demie : c'est la durée de la collaboration entre David Goffin et Germain Gigounon. Mais leur histoire commune remonte à bien avant. "On a seulement un an d'écart donc on a évolué ensemble dans les catégories de jeunes, où on a partagé la même chambre à l'internat de Mons, puis chez les professionnels. Après quoi, il a pris une autre trajectoire", sourit le Binchois.
Ami, supporter, partenaire d'entraînement puis coach, Gigounon a enfilé bon nombre de costumes. "C'est un gros bosseur, il n'y a pas de doute là-dessus. Il ne se plaignait jamais, il pouvait enquiller les heures sans rien dire. Et ce qui était impressionnant, c'est qu'il ne craquait jamais, tant physiquement que tennistiquement."
L'ancien 185e mondial le souligne : Goffin n'a jamais crié haut et fort ses objectifs, y compris dans la presse. Ce qui ne l'empêchait pas de travailler dur en coulisses. "Il était ambitieux dans sa manière d'investir et de s'entourer. Il a eu la maturité et l'intelligence de le faire assez tôt, ce qui est parfois un défaut dans la culture belge."
Les critiques à chaque défaite
Les performances n'ont pourtant pas masqué les critiques. "Les réseaux sociaux sont un enfer, et ce n'est pas que pour lui. Prenons l'exemple de Romelu Lukaku. C'est le meilleur buteur de l'histoire des Diables, mais il prend cher à la première occasion manquée. N'oublions pas non plus que David a succédé à Justine Henin et Kim Clijsters. Les gens attendaient peut-être qu'il remporte des levées du Grand Chelem. Mais il y avait quatre monstres qui raflaient tout."
Son tempérament lui a sans doute joué des tours. "C'est vrai qu'il n'était pas le plus expressif, les gens voulaient peut-être plus de rébellion, d'émotion. Mais je reste persuadé que c'est son calme et sa maîtrise qui lui ont permis de signer cette carrière. David avait besoin de quiétude, même dans son entourage. Il ne voulait pas d'un box où les gens se lèvent à chaque point, même si on était là pour le soutenir, évidemment."
Une inspiration pour les jeunes
Comme Thierry Van Cleemput (voir par ailleurs), Gigounon pointe la finale de Coupe Davis 2017 comme un moment marquant. "Il y avait quelque chose de spécial qui émanait de lui. Il jouait clairement au niveau du top 3 mondial à ce moment-là. Je me rappelle qu'il était arrivé tardivement de Londres, où il avait disputé le Masters. C'était une autre surface, d'autres balles. On avait tapé une heure et demie sur le central mais après vingt minutes, il savait déjà que ça allait bien se passer."
Vingt-neuf succès pour six défaites en simple : en Coupe Davis, les chiffres de Goffin sont colossaux. "Franchement, le tennis belge perd un très grand monsieur. Il en a inspiré quelques-uns et je pense qu'il a fait du bien à la génération de joueurs actuels. À ses 15 ans, il n'était pas prédestiné à rentrer dans le top 10 mondial, mais il a montré que c'était possible. L'esprit Coupe Davis qu'il avait créé avec Steve Darcis est similaire à la dynamique actuelle."