Il tue son père à la masse
- Publié le 09-01-2008 à 20h35

Alain a ensuite mis au point un scénario sordide pour faire croire à une disparition et un suicide
HERSTAL S'il n'est pas établi qu'Alain Granelli, un Herstalien de 27 ans, a prémédité son geste, il est par contre acquis que le jeune homme a fait preuve d'imagination et de cynisme pour tenter de faire croire à la disparition et au suicide de son père.
Comme on le lira ci-dessous, une fois confondu, ses aveux donnent froid dans le dos.
Tout commence, en fait, dimanche soir, lorsque Granelli se présente à la police de Herstal pour signaler la disparition de son papa, Renato Granelli, 67 ans, domicilié avec lui au 22 du boulevard Zénobe Gramme. Le fils se montre inquiet. C'est que, depuis la mort de sa femme - et donc la maman d'Alain -, Renato est dépressif. Ainsi, dimanche matin, le fils a vu son père sur le trottoir. Le temps de dire ouf et le sexagénaire avait disparu.
Mais deux éléments sont rapidement venus titiller la curiosité des policiers herstaliens. D'abord, les déclarations d'un ami de Renato, affirmant que si le papa était déprimé, il n'était pas suicidaire. D'ailleurs, les deux amis avaient récemment projeté de faire un voyage ensemble.
Ensuite, un autre témoin a fait part aux enquêteurs du fait qu'Alain avait détapissé une partie du living, et ce, sans raison.
Interrogé sur ce détapissage et sur l'endroit où il avait mis le papier arraché, Alain s'est montré évasif, expliquant finalement avoir jeté le papier peint dans le canal Albert.
Une version qui a provoqué une perquisition au domicile familial. C'est là que les experts ont retrouvé d'infimes traces de sang frais et lavé...
Privé de liberté, lundi vers 14 h, Alain a été interrogé toute la nuit de lundi à mardi. Il a craqué vers 6 h du matin, admettant l'indicible. Dimanche vers 9 h 30, il a tué son père à coups de masse et de couteau.
Pourquoi ? L'homme se montre très nébuleux. Il explique que, dimanche matin, il s'est levé vers 9 h 30 après avoir passé une bonne partie de la nuit dans le centre-ville liégeois.
À son réveil, son père lui aurait, une nouvelle fois, fait part de son désarroi depuis la mort de son épouse et de sa lassitude de vivre ainsi que de son envie de rejoindre sa femme dans l'au-delà. Alain aurait alors été pris d'une pulsion. Il a empoigné une masse et l'a fracassée plusieurs fois sur la tête de son père.
Reste que si les deux hommes s'aimaient, Renato en aura eu assez des problèmes de jeu d'Alain et aurait, récemment, fait part à des amis de son intention de ne plus éponger les dettes de son fils.
© La Dernière Heure 2008
"Pour ne pas qu'il souffre"
HERSTAL Ainsi donc, si l'on en croit Alain, ce fils indigne a agi sur une pulsion. Mais une fois la machine lancée , le jeune homme n'a pas perdu son sang-froid, loin de là. En effet, après avoir frappé son père une première fois avec une masse rangée dans le living pour couper du bois, Alain a immédiatement donné plusieurs autres coups.
"Je me suis rendu compte que le premier coup était probablement mortel, mais j'avais peur qu'il se réveille. Je voulais éviter qu'il se réveille et qu'il souffre." Alain est alors allé chercher un couteau dans la cuisine et a frappé son père au thorax. Les coups étaient tellement violents qu'il a cassé la lame et a dû se résoudre à prendre un second couteau !
"J'ai ensuite pris le corps de mon père et je l'ai recouvert d'une couette blanche. Je ne voulais pas voir son visage. À ce moment, j'ai voulu me rendre à la police. Puis, je me suis rendu compte que j'allais tout perdre."
C'est là qu'Alain a imaginé le scénario de la disparition suicidaire. Il a d'abord décroché les rideaux maculés de sang. Il les a emportés au lavoir pour les laver. Il a d'ailleurs utilisé deux machines pour aller plus vite.
Il a ensuite pensé à faire disparaître le corps. Pour ce faire, il a pris contact avec un copain qui vendait une vieille Opel. Il l'a achetée pour 110 € et est revenu chez lui avec. Il a mis la voiture dans le garage et y a descendu son père. Mais voilà, Renato était un solide gaillard qu'Alain n'a pas su porter. Pour mettre le corps dans la voiture, il a alors démonté les quatre roues du véhicule pour le faire descendre de quelques dizaines de centimètres, puis s'est servi d'un palan pour faire monter le corps de Renato jusqu'au coffre et de l'y faire glisser.
Il a enfin placé dans le même coffre tous les essuies utilisés pour nettoyer le sang dans le salon, le papier peint maculé, les couteaux et la masse. Ensuite, il est allé conduire le véhicule dans un des deux box qu'il louait à proximité. C'est là que le corps de Renato a été retrouvé.
