"On a frôlé la cata comme en 2005"
- Publié le 28-04-2008 à 07h25

Mené à la marque jusqu'à la 80e, Anderlecht a connu six minutes folles
ANDERLECHT Qu'est-ce qu'Anderlecht a eu chaud, face à cet imprévisible Saint-Trond qui, en décembre déjà, lui avait joué un vilain tour (4-3 au Staaienveld). Cette fois, les Canaris - condamnés mathématiquement à la D2 après leur défaite à Bruxelles - ont mené jusqu'à la... 80e minute, avant que Frutos (trois fois) et Boussoufa ne les massacrent , surtout sur des centres de Legear.
Mais avant cela, le spectacle était pénible à voir. Pas de vitesse dans le jeu, pas de mouvement, ni de créativité ou de combativité : l'équipe ne semblait pas vouloir la deuxième place et la qualification pour les tours préliminaires de la Ligue des Champions. "J'ai songé au scénario d'Ostende ( NdlR : le 12 février 2005) qui, en tant que lanterne rouge, était venu créer la surprise au Parc Astrid : 0-1. Ce même score face à Saint-Trond aurait été une catastrophe en plein sprint final, avant la visite de Bruges. Finalement, le 4-1 est exagéré. Beaucoup de Canaris étaient fatigués."
Vanden Stock : "Le tifo du kop m'a fait chaud au coeur"
Le manager d'Anderlecht avait de bons arguments pour expliquer le jour sans des siens. "De un : on a reçu un petit coup sur la tête au Standard. On pensait faire la différence à Sclessin, mais c'est l'inverse qui s'est produit. De deux : Saint-Trond était quasi sûr de descendre en D2, et tout le monde parlait déjà du grand match face au Club Brugeois. Et de trois, huit joueurs étaient sous la menace d'une suspension contre Bruges. Avant le match, on leur a transmis le message comme quoi ils devaient faire attention de ne pas écoper d'une bête carte jaune. Dans leur subconscient, cela a peut-être joué. Ils n'ont pas mis le pied comme d'habitude."
Finalement, les supporters ont connu une belle soirée. Non seulement grâce aux neuf folles minutes mais aussi grâce à l'impressionnant adieu à Constant Vanden Stock. Une gerbe de fleur sur sa chaise vide, un grand tifo dans le kop, une salve d'applaudissements et un "Merci Constant " émouvant : Roger Vanden Stock en avait les larmes aux yeux et, accompagné par les joueurs, il est allé remercier les supporters sur le terrain, après le match. "C'est extraordinaire ce qu'a fait le kop , précisait Roger Vanden Stock. Ce tifo était exceptionnel. J'étais obligé de les remercier sur le terrain. On fait des tifos sur n'importe quoi, mais celui-ci était fabuleux. Et ce très long applaudissement ! J'en avais chaud au coeur."
Le match, par contre, lui, a moins plu. "À la 75e minute, je me demandais comment on s'en sortirait. On a joué 75 mauvaises minutes, mais on a gagné."
© La Dernière Heure 2008
Une main et un hors-jeu : Saint-Trond se sent lésé
Saint-Trond rejoint donc la D2 : ce n'est guère une surprise. Même un nul n'aurait pas suffi aux Trudonnaires. Mais comme souvent cette saison, ils se sont sentis lésés. "À des moments cruciaux, l'arbitre Pots a sifflé contre nous" , fulminait l'entraîneur Dennis Van Wijk.
Van Wijk : "N'y avait-il pas un penalty de Juhasz sur Chimedza ?" La faute aurait été légère mais en effet, le Hongrois n'a pas touché pas le ballon.
Van Wijk : "La première carte jaune de Peeters est exagérée." Notre opinion : pour une faute pareille, un arbitre peut donner la jaune.
Van Wijk : "Il y avait une faute de main de Frutos sur le 1-1." En effet, il y a une caméra qui montre clairement que Frutos contrôle le ballon de la main. Mais ce n'était pas évident à voir, et personne n'a protesté.
Van Wijk n'en a pas parlé, mais sur le deuxième but de Frutos, il est clairement hors-jeu.
Et le 2-1 survient également après un geste bizarre du juge de touche Jozef Carmeliet. Quand Legear récupère (correctement) le ballon, l'homme lève le drapeau. Là-dessus, le défenseur Giel Deferm arrête sa course, mais l'arbitre ne siffle pas, et Boussoufa marque.
