Adieu à la gendarmerie: deux siècles d'histoire
- Publié le 29-12-2000 à 08h00

La gendarmerie existait déjà avant l'indépendance
BRUXELLES Le 1er janvier 2001, l'existence légale de la gendarmerie cessera officiellement. Comme les autres services de police, la maréchaussée se fondra dans la nouvelle police unifiée, répartie en deux niveaux: la police fédérale et la police locale.
Concrètement, les citoyens ne verront vraiment la différence qu'au fil des mois. Le remplacement des noms, des sigles, des uniformes ne se fera que très progressivement.
Service de police le plus puissant du Royaume, en hommes et en matériel, la gendarmerie est également forte d'une histoire et de traditions vieilles de plus de 200 ans. A l'aube de la disparition symbolique de la gendarmerie, nous vous proposons une petite rétrospective, surtout au travers des images des uniformes successifs. Une rétrospective réalisée avec l'aide du Centre d'histoire et de traditions de la gendarmerie.
L'histoire de notre gendarmerie commence avant celle de la Belgique indépendante. En 1795, nos régions sont annexées par la France. Un nouveau système administratif et judiciaire prévoit la mise en place d'une gendarmerie. Elle est créée en 1796 et compte 200 brigades.
En 1814, les provinces belges passent aux mains des Hollandais. Le prince Guillaume d'Orange approuve l'organisation d'une nouvelle maréchaussée (il refuse la dénomination gendarmerie).
La révolution éclate en 1830. La gendarmerie nationale belge naît immédiatement. Le gouvernement provisoire approuve un arrêté sur la première organisation de cette gendarmerie nationale.
En 1914, les troupes allemandes entrent en Belgique. Les gendarmes oeuvrent dans le renseignement, la mobilisation, les réquisitions, la garde du grand quartier général,...
Dans l'entre-deux-guerres, la période des années trente est marquée par de nombreuses grèves et manifestations. La gendarmerie renforce ses unités mobiles.
Durant la Seconde guerre, la gendarmerie, privée de son caractère militaire, se consacre à ses tâches de police administrative et judiciaire. Des gendarmes offrent leur aide à la population en général et aux résistants en particulier, ce qui fait réagir les Allemands. Un grand nombre de gendarmes se voient relevés de leur fonction. Une majorité passent dans la Résistance.
En 1957, une loi fondamentale confirme les missions de la gendarmerie et son caractère militaire.
Les trois décennies qui suivent sont marquées par une augmentation spectaculaire des phénomènes criminels graves. Les services sont organisés et créés au sein de la gendarmerie pour y faire face.
En 1991, les accords de la Pentecôte instaurent la démilitarisation de la gendarmerie. Dix ans plus tard, elle fusionne avec les autres services de police.
Deux siècles d'uniforme
Le musée de la gendarmerie deviendra celui de la nouvelle police
BRUXELLES Entre deux volutes de fumée de cigare, le lieutenant-colonel Denis parlerait durant des heures de la gendarmerie, un corps qu'il a intégré en 1958. Il est le plus ancien gendarme encore en service. Et deux siècles d'histoire de la maréchaussée sont évoqués dans le musée dont le colonel est conservateur. Le Centre d'histoire et de traditions de la gendarmerie est situé avenue de la Force Aérienne à Etterbeek. Il présente au public une collection complète de tenues, mais aussi des documents historiques, des photos, de l'armement, des véhicules (miniatures ou grandeur nature, un hélico Alouette II arrivera même bientôt). Le Centre accueille 20.000 visiteurs par an. A terme, il devrait devenir le musée national des services de police et se doubler d'un centre d'études historiques.
Pour la DH, le conservateur a sélectionné une dizaine d'uniformes qui retracent l'histoire des gendarmes, de 1796 à nos jours.
"L'uniforme était, au siècle passé, comme d'ailleurs auparavant, de grande importance; il devait être coloré, en imposer et... inspirer la crainte. Après les périodes française et hollandaise, le premier uniforme officiel de la gendarmerie nationale belge est déterminé par l'arrêté royal du 15 avril 1832. Cet uniforme a très peu évolué au siècle passé´, explique le colonel."Dans les années 1870, la tunique remplace l'habit. C'est à peine si, vers les années 1890, le képi est autorisé en remplacement du bonnet à poil... Des changements interviennent en 1920. Une tenue nouvelle, mieux adaptée à l'époque, est adoptée, mais les éléments traditionnels restent: les couleurs, la grenade, les aiguillettes... Notre uniforme reste très traditionnel jusqu'en 1969. Ensuite, notre tenue devient plus moderne: une casquette remplace le beau képi belge d'autrefois; le col est ouvert; la chemise et la cravate apparaissent. Les unités spéciales adaptent leur propre uniforme.´
