Fortis: "À aucun moment nous n'avons su..."
- Publié le 10-03-2009 à 07h15

Hommage appuyé de Didier Reynders au travail de son chef de cabinet
PDF: la lettre du juge Blondeel (en Néerlandais)
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BRUXELLES Il y a des mots qui ne sont pas anodins. Ceux prononcés ce lundi après-midi, de façon répétée et très appuyée, par Didier Reynders (MR) devant la commission d'enquête sur la séparation des pouvoirs ont moins résonné comme un simple témoignage que comme une indubitable volonté de remettre certaines pendules - politiques et médiatiques - à l'heure.
Les mots en question du vice - Premier ministre en charge des Finances visaient le travail de son chef de cabinet, Olivier Henin, suspecté par quelques-uns d'approximations depuis son audition de vendredi.
Se disant "particulièrement heureux d'être entendu" , Reynders a ainsi aussitôt reconnu "beaucoup plus douloureux de devoir faire face à des rumeurs" sur sa "probité comme sur celle" de ses "collaborateurs" qui "travaillent à" ses côtés et "ne comptent pas leurs heures" . Et pour ceux qui n'auraient pas encore bien compris, Olivier Henin, il le "félicite d'avo ir assumé ses responsabilités dans la gestion du dossier Fortis et informé ses collègues de ce qu'il savait".
Pour le reste ? Rien, ou presque. L'un des deux moments phares de la journée de lundi aura fait pschiiiiit , les commissaires ne parvenant jamais à faire dévier Didier Reynders de sa trajectoire ni à le coincer sur ses propos.
Car le discours du Liégeois est limpide et répété à de multiples reprises : "À aucun moment nous n'avons exercé de pression sur la magistrature. Et à aucun moment nous n'avons été au courant avant l'heure du contenu d'avis ou d'arrêts à rendre. Mon chef de cabinet n'a exercé aucune pression sur des magistrats. J'ai été surpris de voir qu'on tente de mêler des pressions et de simples contacts..."
Titillé par les commissaires, il n'en démordra pas. Le fameux 6 novembre, jour où Olivier Henin a informé ses collègues du fait que l'avis du ministère public allait être rendu l'après - midi, il ne connaissait pas la teneur de cet avis. Pour rappel, c'est dans ce dernier qu'un juge allait pour la première fois estimer que la reprise de Fortis devait passer par une assemblée générale des actionnaires.
Que l'attitude inquiète de M. Henin "peut alors avoir laissé penser qu'il connaissait l'avis, c'est possible. Mais il ne le connaissait pas !".
© La Dernière Heure 2009
