Les chefs de cabinet ne confirment pas le témoignage d'Olivier Henin
- Publié le 10-03-2009 à 17h00

Personne n'a cependant affirmé ouvertement que le chef de cabinet de Didier Reynders connaissait le contenu de l'avis que devait rendre le substitut D'Haeyer
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BRUXELLES L'audition mardi, par la Commission d'enquête parlementaire sur la séparation des pouvoirs, de quatre chefs de cabinet des vice-premiers ministres VLD, PS, CD&V et cdH en poste en 2008 a confirmé qu'Olivier Henin, le chef de cabinet de Didier Reynders, était particulièrement "inquiet" le 6 novembre après avoir reçu un appel de l'avocat de l'Etat relatif à l'avis qu'allait rendre l'après-midi le substitut D'Haeyer dans l'affaire Fortis.
Trois chefs de cabinet - ceux de Jo Vandeurzen, Laurette Onkelinx et Joëlle Milquet - ont indiqué que M. Henin a évoqué le fait que l'avis allait susciter des "problèmes" voire des "conséquences négatives" pour l'Etat.
Ils ont confirmé des propos tenus par Hans D'Hondt, l'ex-chef de cabinet du Premier ministre Yves Leterme. Celui-ci avait indiqué que selon M. Henin, la teneur de l'avis serait négative, ce qui a été repris dans une lettre de M. Leterme.
Personne n'a cependant affirmé ouvertement que le chef de cabinet de Didier Reynders connaissait le contenu de l'avis que devait rendre le substitut D'Haeyer.
M. Henin avait indiqué devant la Commission avoir simplement signalé à ses collègues qu'une audience serait organisée l'après-midi du 6 novembre pour prendre connaissance de l'avis du substitut et que les vice-premiers ministres devaient se préparer aux conséquences de l'avis, qu'il soit positif ou négatif, de sorte qu'ils ne soient pas "bouche bée" devant les médias.
Les autres chefs de cabinet ne s'en souviennent pas, Bernadette Lambrechts, qui officiait chez Mme Milquet, rappelant par ailleurs que la convocation de l'audience était elle déjà connue.
Mardi, les chefs de cabinet qui étaient autour de la table le 6 novembre avec M. Henin ont tous indiqué que ce dernier était "très inquiet" à l'issue de son appel téléphonique qui a entraîné des apartés et des contacts.
Plusieurs députés de la Commission d'enquête avaient demandé des confrontations entre chefs de cabinet, vu les propos contradictoires tenus par MM. D'Hondt et Henin.
"Je propose le retrait de ma demande", a indiqué à l'issue des auditions de mardi le chef de groupe Ecolo, Jean-Marc Nollet. "Les choses sont claires". Selon lui, "Didier Reynders et son chef de cabinet sont isolés". Selon
l'opposition flamande, M. Henin a même "menti".
Au sein de la majorité, le cdH et le PS se sont également fait une opinion à l'issue des auditions. "Quand dans une réunion, il y en a neuf qui disent la même chose et un qui dit autre chose, on peut s'imaginer où se trouve la vérité", a indiqué Christian Brotcorne, chef de groupe cdH, à la suite de l'audition des vice-premiers ministres et de leurs chefs de cabinet.
M. Henin avait indiqué avoir eu comme seul souci, une fois la convocation de l'audience connue, que le gouvernement puisse se préparer le 6 novembre à la perspective d'un avis positif ou négatif.
Aucun chef de cabinet ne se souvient qu'il ait évoqué cela. "Comment a-t-il pu tenir des propos aussi risibles devant nous, les confirmant même", a indiqué Karine Lalieux (PS), soulignant que la convocation de l'audience était connue. Cela ne pouvait donc avoir motivé l'appel.
Selon la députée, il y a dans ce point relatif à l'avis, "des propos identiques tenus par cinq chefs de cabinet, le VLD étant plus flou; ils confirment ce qu'avait dit Hans D'Hondt". Cela démontre d'après elle, "l'importance du coup de fil" qu'a reçu M. Henin. Mme Lalieux retient cependant des propos de la chef de cabinet de Mme Milquet "qu'elle ne dispose pas de la preuve matérielle" qu'il connaissait le contenu de l'avis.
Selon le MR, les chefs de cabinet auditionnés mardi n'ont évoqué que des "indications" ou des "probabilités" quant à l'orientation de l'avis. "Rien d'autre. C'est la preuve que M. Henin ne connaissait pas le contenu de l'avis, comme il l'a affirmé", a indiqué Pierre-Yves Jeholet, pourfendant ceux qui veulent faire de l'enquête une "Commission politique".
Il importe à présent d'entendre Christian Van Buggenhout, l'avocat de l'Etat, a ajouté le député, pour "voir si oui ou non, lui connaissait l'avis". Ce dernier est convoqué pour mercredi mais à ce stade, l'Ordre des avocats a fait savoir que ses membres se doivent de respecter le secret professionnel au nom de la déontologie.
La Commission d'enquête a également requis le dossier de procédure Fortis en usant de ses pouvoirs de juge d'instruction.
© La Dernière Heure 2009
