Onkelinx : "Reynders était au courant"
- Publié le 10-03-2009 à 13h00

Commission "séparation des pouvoirs". Son chef de cabinet a confirmé que le chef de cabinet de Didier Reynders semblait connaître l'orientation de l'avis du substitut d'Haeyer
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BRUXELLES Le chef de cabinet de la vice-première ministre Laurette Onkelinx confirme que le 6 novembre dernier, le chef de cabinet du ministre des Finances Didier Reynders semblait connaître l'orientation que prenait l'avis que s'apprêtait à énoncer le substitut d'Haeyer dans le dossier Fortis.
Olivier Henin, chef de cabinet de M. Reynders, a nié vendredi devant la Commission d'enquête parlementaire avoir eu connaissance, au préalable, du contenu de cet avis, des propos répétés lundi par le ministre des Finances qui a assuré que son chef de cabinet disposait de son entière confiance.
Il est possible que les avocats de l'Etat et de la SFPI aient eu des impressions d'audience à la suite des questions posées par le substitut et qu'ils les aient transmises à Olivier Henin, a précisé lundi M. Reynders.
L'ancien Premier ministre Yves Leterme, s'appuyant sur ce que lui a fait savoir le 17 décembre son ex-chef de cabinet Hans, a affirmé que "la portée générale" de l'avis semblait connue de M. Henin, à la suite d'un contact qu'il avait eu avec l'avocat de l'Etat belge le 6 novembre avant l'énoncé du substitut. Cela figure dans une lettre rendue publique à la Chambre le 17 décembre par l'ex-Premier ministre, et dont il a confirmé la teneur lundi en Commission d'enquête.
A l'instar de M. Leterme, Mme Onkelinx a précisé n'avoir pas été "débriefée" le 6 novembre à l'issue de la réunion entre chefs de cabinet.
Mais, sur foi des dires de son chef de cabinet, Olivier Vanderijst, qu'elle a interrogé "récemment" vu que l'affaire fait débat, la vice-Première a abondé dans le même sens que M. Leterme mardi.
Devant la Commission, elle a lu ce que M. Vanderijst lui a communiqué, à savoir que le 6 novembre, M. Henin est revenu en réunion (des chefs de cabinet), "énervé", évoquant auprès de M. D'Hondt (chef de cabinet d'Yves Leterme), des "indications" selon lesquelles l'avis "allait poser problème".
Devant la Commission, l'ex-ministre Vandeurzen avait répercuté les propos de son chef de cabinet Eddy Peeters évoquant l'état "agité" et le comportement "particulièrement inquiet" de M. Henin à l'issue du contact avec l'avocat de l'Etat.
L'ancien vice-Premier ministre Patrick Dewael n'a pas, lui non plus, reçu de compte-rendu de la part de son chef de cabinet le 6 novembre. Il ne l'a pas non plus interrogé sur ces faits par la suite. "Il faut lui demander de venir dans cette Commission. Ce n'est plus mon chef de cabinet depuis fin décembre. Je ne fais plus partie du gouvernement", a indiqué le président de la Chambre. Mme Onkelinx a également indiqué que son chef de cabinet était "à disposition" de la Commission. L'opposition en a pris bonne note.
Le député Pierre-Yves Jeholet (MR) est intervenu pour souligner qu'au sein de la Commission d'enquête, on "parle beaucoup de cette réunion" qui a eu lieu le 6 novembre entre chefs de cabinet (une réunion à l'ordre du jour classique, destinée à préparer le Conseil des ministres, Ndlr), sur base de témoignages rendus "a posteriori". L'opposition, dont les députés Jean-Marc Nollet, chef de groupe Ecolo, et Renaat Landuyt (sp.a), s'intéressent de près à ce qui a pu s'y dire.
M. Dewael n'a pas jugé utile d'interroger son chef de cabinet sur ce point. "J'organisais toujours un débriefing pour les dossiers politiques importants. Si ce point (le contenu de l'avis du substitut D'Haeyer, NdlR) avait été évoqué et qu'il avait eu des conséquences importantes, je suppose que mon chef de cabinet m'en aurait parlé", a indiqué l'ancien vice-Premier ministre Open Vld. "J'imagine que si votre chef de cabinet avait entendu parler du contenu de l'avis, la probabilité qu'il vous en aurait parlé eût été grande", s'est interrogé M. Jeholet. "Probablement", a rétorqué M. Dewael.
A l'issue des informations obtenues le 6 novembre à l'occasion d'une réunion des chefs de cabinet sur l'avis du substitut, le chef de cabinet du Premier ministre a demandé à l'un de ses conseillers de contacter le Parquet.
© La Dernière Heure 2009
